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 Homerun ! [PV Harleen Quinzel]

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MessageSujet: Homerun ! [PV Harleen Quinzel]   Mer 20 Déc - 0:24



Starling city sentait comme Gotham, lorsque l'on s'y promenait de nuit, et sur les toits : un mélange humide et lugubre de modernité, de relents de pots d'échappement, et de goudron mouillé que de braves lampadaires coloraient d'un orange maussade. Là où cette métropole californienne se distinguait de ma ville natale, c'était par son absence d'architecture un peu passée de mode. Parmi les hauts buildings aux milliards de fenêtres qui se dressaient dans le centre-ville, aucun ne devait avoir plus de cinquante ans, ce qui tranchait avec mon décor coutumier. J'observais la voisine de Central city d'un œil curieux, tout en défiant nonchalamment la gravité, longeant d'un pas souple le rebord d'un sommet d'immeuble. Même alors que ça n'importait pas encore, mes pas ne faisaient aucun bruit, malgré mes semelles humides : les chats progressaient toujours à pas de velours...

J'avais fait plus vite que prévu, pour rallier le quartier où résidait Lawler (un gros coup de chance : le premier accès aux toits que j'avais cherché s'était avéré accessible et non surveillé. Bingo, Selina !). Je m'étais changée, équipée, et avais rejoint la nuit sans délai, pour ne pas être vue à cette étape cruciale du plan. Désormais dans la sécurité du plein air, je pouvais ralentir le rythme. De toute façon, si j'infiltrais trop vite le penthouse où se tenait la réception, la diversion provoquée par Harley arriverait trop tard. De plus... Personne ne me voyait, actuellement. Aucune caméra ne donnait sur ce toit, il n'y avait pas le moindre témoin gênant à l'horizon pour me voir dans mon intimité, alors je me permis un petit plaisir coupable : un bref instant nostalgique. Protégée des sévices du vent frais et de la bruine par ma combinaison noire intégrale, le visage à demi masqué par le rideau de mes cheveux, je relevai mes lunettes, et plongeai mentalement dans mes souvenirs. Plus précisément, je retournai à une époque douce dans laquelle je travaillais encore avec les gens biens. Dans le lot de mes anciens partenaires, bien sûr, revenait surtout celui qui me rassurait même si je lui disais détester ça, et avec qui je me sentais... Utile. Appréciée. En résumée, une femme meilleure. Évidemment, ma mémoire m'amena au triple galop vers des souvenirs qui faisaient remonter le goût de Bruce dans ma bouche ; un signal amer qui me rappela que la récréation se terminait là. En papillonnant des paupières, je revins à la réalité, à cet instant présent où moi, Catwoman, me tenais accroupie au bord d'un immeuble de six étages. Les hurlements suraigus d'une sirène de police m'aidèrent à chasser les brumes du passé, et un petit sursaut d'orgueil me réchauffa le cœur : cette fois-ci, j'étais parvenue à éviter que mes yeux ne deviennent humides !

Un peu fière de moi, je remis aussitôt mes lunettes en place, pour que la nuit retrouve le spectre vert que je lui connaissais, et expirai à fond... Concentration, ma belle ; la nuit promettait d'être riche en actions, et de mettre tous tes réflexes à l'épreuve. Je me sentis frissonner d'impatience, tout en me relevant pour commencer à progresser vers ma destination. Au bout de deux bonds, j'avais laissé Bruce au fond de mes pensées ; après le troisième coup de fouet pour me balancer au-dessus du vide, il ne restait plus que l'adrénaline dans mes veines, et aucune amertume sur ma langue. Rien de tel pour me remonter le moral que de penser à la perspective d'un larcin tout en délicatesse chez un innocent manager sportif. J'adorais tourner mes pensées vers ce qui m'attendait, surtout lorsque mon futur proche se dirigeait chez une cible facile, sans super-pouvoirs ni connexions avec le monde du crime. À bien y réfléchir, ça devait bien faire des mois que je ne m'en étais pas prise à quelqu'un d'aussi inoffensif que Chase Lawler – un nom que plus personne à Starling n'ignorait, puisque monsieur avait tout récemment fait parler de lui en devenait le manager financier officiel des
Rockets, l'équipe locale de Baseball. D'ailleurs, on devait à cet événement la petite soirée privée que Chase organisait cette nuit dans son très luxueux appartement à deux étages du centre-ville (une fête durant laquelle il prévoyait de se livrer à toutes sortes d'excès, comme je l'avais appris en espionnant ses conversations au cours des cinq derniers jours).

Les basses assourdissantes d'une sono poussée à plein volume m'auraient indiquée où se tenait la fête aussi clairement qu'une gigantesque flèche rouge pointée sur l'immeuble, mais mon étude approfondie de ce vol avait également impliqué la sélection du meilleur parcours d'entrée. Savoir que les deux derniers étages d'un immeuble en comptant huit hébergeaient un butin rarissime était une chose, mais s'être préalablement renseignée pour découvrir que l'étage du duplex comptait deux pièces inoccupées avec fenêtres sans système de surveillance en était une autre. J'avais fait cette très utile découverte en empruntant le téléphone de Chase, avant de le lui restituer gentiment pendant que ce dernier faisait la queue (les trentenaires dynamiques avaient de très prévisibles habitudes, comme d'aller tous les matins patienter pour déguster un cappuccino "authentique"). De cette même consultation de son téléphone, j'avais aussi découvert que, dans la longue liste des excès prévus pour la soirée, M. Lawler incluait le recours à une professionnelle du divertissement, et qu'une agence privée lui réservait cinq employés pour assurer la sécurité de la fête. Autant de vigiles que de doigts dans une main pour quadriller un penthouse, ça restait gérable, si l'habitation ne comptait personne d'autre. Avec des invités en pagaille comme paramètre supplémentaire, ça devenait tout de suite moins facile de s'introduire sans être vue – même pour moi, sans même parler de se glisser dans la chambre d'un manager pour en repartir avec du butin. Les vigiles effectuaient certes des rondes régulières (donc prévisibles), mais les fêtards, eux, se comportaient toujours de manière beaucoup trop anarchique. Les lieux clos où se tenaient des fêtes s'approchaient beaucoup d'un scénario de cauchemar, pour les cambrioleurs. Et pourtant, je me tenais là, prête à découper un passage dans la vitre de l'étage de ce penthouse, pour entrer par la fenêtre du bureau – l'une des pièces où je risquais le moins de tomber nez-à-nez avec quelqu'un.


Ça va être l'heure... Murmurais-je d'une voix feutrée.

Pour que ce vol réussisse, j'avais besoin d'une personne supplémentaire. Quelqu'un capable de distraire une foule de fêtards, afin de veiller à ce que personne ne monte à l'étage du penthouse pendant plusieurs minutes – invités ou vigiles – et d'improviser efficacement. J'avais contacté Harley précisément parce qu'elle répondait à mes critères : elle savait se montrer incroyablement distrayante pour n'importe quel type de public, pouvait s'adapter en cas d'imprévus, et au besoin, jouait redoutablement bien des poings ainsi que de la batte (c'était le scénario que je comptais éviter, mais dont je devais tenir compte). En plus, Harley Quinn figurait dans la très courte listes des gens en qui j'avais relativement confiance, qui ne me coûtaient pas trop cher à engager, et qui étaient susceptibles d'accepter de m'accompagner jusqu'à Starling city pour commettre un crime. Nous avions convenu qu'elle intercepterait "l'animation féminine" engagée par Lawler pour ensuite se présenter comme telle à la réception privée. Son arrivée dans le penthouse signait d'ailleurs mon top départ pour entrer par la fenêtre du bureau. À partir de ce moment, Harley avait reçu carte blanche de ma part pour veiller à ce que tous les yeux, toute l'attention, ne s'intéressent qu'à elle. Elle pouvait chanter des cantiques, entamer une danse du ventre avec un boa à fourrure pour seul vêtement, faire un spectacle de magie ou droguer le punch ; l'essentiel était de discrètement occuper tout le monde, le temps qu'un petit chaton vienne puis reparte avec ce qui l'intéressait. Je lui avais demandé de tenir aussi longtemps que possible sans éveiller les soupçons, mais en insistant bien sur la nécessité vitale de dissuader les vigiles de partir vadrouiller à l'étage pendant que j'y serais.

Disons qu'à choisir, j'avais clairement indiqué que je préférais qu'elle en vienne aux mains, quitte à devoir se faire expulser du penthouse, si ça pouvait dissuader la sécurité de remonter trop tôt à l'étage.


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MessageSujet: Re: Homerun ! [PV Harleen Quinzel]   Sam 10 Fév - 18:56

HARLEY
&
SELINA
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Tes talons raisonnent sur l’asphalte alors que ton index joue nonchalamment avec l’une de tes couettes. Tu dandines dans les ruelles sombres de Starling City, un chewing-gum à la bouche, une imposante batte à l’épaule, une arme à la ceinture. Tu chantonnes une comptine pour enfant, avançant au milieu des trafiquants de drogue et des prostitués des bas quartiers, avant de remonter dans les beaux quartiers. Ta tenue, provocante et colorée, finie par attirer les regards choqués des badauds des quartiers huppés, habillés dans des couleurs sobres, dans des vêtements chics. Tu leur souries. Tu leur adresses de délicieux clin d’œil. Tu laisses éclater une énorme bulle rose devant le visage choqué d’une vieille dame et de son caniche qui aboie à ton encontre, avant que la vieille femme, outragée, ne l’entraine sur un autre trottoir. Tu ries à t’en déployer la gorge, leur adressant un petit coucou et de doux baisers de tes lèvres rouges, alors qu'ils s'éloignent. Vieille chouette coincée.

 
Tes pensées s’évadent vers un ailleurs. Vers lui. Tu cherches à combler le vide, acceptant chaque contrat qu’on te glisse sous le nez. Pour oublier ta solitude. Pour oublier le vide. Pour l’oublier. Lui. Ton esprit divague. Tout est bon pour occuper tes pensées. Chaque contrat. Chaque braquage. Chaque goutte de sang versée qui viendrait caresser la rosée de tes lèvres. Le doux petit chaton t’avait arraché à Gotham. T’avait emporté loin de lui. Maudit chat. Tu devrais probablement lui en être reconnaissante. Starling City était un nouveau terrain de jeu. Un jouet tout neuf que tu pourrais t’amuser à détruire sans la moindre inquiétude. Parce que la chauve-souris ne viendrait pas t’emmerder jusqu’ici. Peut-être devrais-tu être reconnaissance au chat de gouttière qui, présentement devait sauter d’immeuble en immeuble. Tu n’en savais trop rien. Le visage de ton poussin te hantait, déchirait ce qu’il te restait de raison. Le souvenir de son rire déchirait tes entrailles. Tu n’avais pas eu de nouvelles de lui depuis trop longtemps. Des semaines durant. La folie te guettait, si tant est que tu puisses sombrer davantage. Cette simple idée t’arrache un rire, rire hilare qui attire vers toi les regards des badauds, choqués. Pauvres petits bourgeois, coincés dans leur ennuyeuse routine de moralisateurs bien-pensants. Tu leur exploserais bien la tronche à coup de batte bien placés à tous ces coincés, histoire de faire tomber le balai qui s’était logés dans leurs arrière-trains recouverts de tissus hors de prix. Oui, mais tu n’avais pas le temps pour ça. Pas le temps pour ce genre d’amusement. Le timing était serré. Le chaton en latex avait tout chronométré, dans le moindre détail, ne laissant aucune place à l’amusement ou à la folie. Saleté de chat…

Tes talons raisonnent sur l’asphalte alors que tes pas te conduisent jusqu’à la demeure que tu cherchais. Pile à l’heure. La porte s’ouvre sur une élégante silhouette vêtue de noir. Alors, instantanément, tu sais que c’est elle. En trottinant, tu t’avances vers la propriété dans l’obscurité. Ta batte dans autour de toi, alors que le vent fait tournoyer tes longues mèches blondes autour de ton visage. Elle s’immobilise en te voyant fondre sur elle. Trop tard. Ta batte a déjà rencontré l’arrête de son nez. Un hurlement s’arrache à ses lèvres pulpeuses alors qu’un rire espiègle s’arrache aux tiennent. L’espace d’une seconde, le sang giclant sur ta peau de porcelaine, tu as oublié le joker. Alors, sans réfléchir, tu frappes à nouveau. Encore et encore. Jusqu’à ce que, inerte sur le sol humide, elle ait cessé de hurler. Alors, passant ta batte sur ton épaule, tu te penches vers elle pour saisir sa pochette couverte de strass. Lentement, tes doigts s’y glissent. Tu sifflotes joyeusement, laissant ton popotin se dandiner à gauche, puis à droite, se déhanchant sur une musique que toi seule peut entendre. Tes doigts au vernis écaillé se saisissent de la carte d’identité de la jeune femme. Tu ne sais pas pourquoi tu prends la peine de vérifier son identité, mais tu l’as fait, et c’est avec un sourire victorieux que tu jettes nonchalamment sa carte sur son visage défiguré, à la façon du joker. Tu te saisis des quelques billets qui se trouvaient dans le portefeuille, billet que tu glisses dans ton décolleté, puis tu fais volte-face. Une soirée mondaine t’attendait, quelques blocs plus loin.  

Tes talons raisonnent sur l’asphalte alors que tu marches d’une démarche élégante et assurée, le visage recouvert d’épaisses gouttes de sang. Le petit minet avait tout préparé. Tout chronométré. Tu devais être dans les appartements de sa cible à une heure précise ou le chaton risquait d'hérisser le poil. Avant d’entrer dans l’immeuble, tu scrutes ton reflet dans une vitrine. Lentement, tu laisses ta main venir caresser ta peau de nacre pour en essuyer le sang. Tu l’étales sur tes joues plus que tu ne l’ôtes. Qu’importe. Tes mains glissent jusqu’à tes couettes, que tu réajustes, avant de venir glisser tes doigts dans le creux de ton décolleté, d’où tu sors un tube de rouge à lèvres couleur carmin. D’une main agile, tu viens appliquer le gel crémeux sur ta bouche, débordant plus que de raison. Bientôt, le tube a retrouvé sa place entre tes seins, et ton index manucuré appuie sur la sonnette du penthouse indiqué par le chaton.  

Il ne faut pas longtemps avant qu’un majordome ne t’ouvre dans un costume trois pièces de pingouin, hors de prix. « Salut mon mignon, c’est la strip-teaseuse pour la soirée ! » Tu lui adresses un clin d’œil mutin avant de laisser ta langue venir caresser ta lèvre supérieure d’un air provocateur. L’homme semble outré, voire choqué, pourtant, il te laisse entrer quand tu énonces l’identité de la jeune femme dont le corps git dans une rue, quelques blocs plus au sud. Tu souries en entrant, ta main encore couverte de sang venant caresser son torse d’un geste nonchalant. « Hello mes petits coquinous… » Tu lâches d’une voix enjôleuse en entrant dans la pièce, attirant à toi tous les regards.
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MessageSujet: Re: Homerun ! [PV Harleen Quinzel]   Lun 12 Fév - 18:14



Mon poignet opéra une rotation en demi-cercle à la seconde où j'entendis la sonnette résonner. Mon chrono venait de se déclencher : pas question de gaspiller la moindre minute. Le cylindre découpé fut jeté dans le vide (aucun risque qu'on puisse le remarquer depuis l'intérieur, et je ne aurai pas l'usage après mon départ) puis mon bras serpenta par cette ouverture pour accéder à la poignée. Une jambe après l'autre, je me coulais en souplesse par l’entrebâillement avant de refermer délicatement la fenêtre, le regard déjà pris par l'examen du bureau où je venais de poser les talons. Le trou dans la vitre se remarquait assez, mais uniquement si quelqu'un prenait la peine d'ouvrir en grand la porte de la pièce (les agents de sécurité présents se contenteraient sans doute de constater l'absence de lumière allumée, voire jetteraient un bref coup d’œil en ouvrant à peine la porte avant de s'en aller). De toute façon, je prévoyais de ne pas rester assez longtemps pour croiser quiconque, notamment en comptant sur Harley pour mettre le grappin sur le moindre gêneur.

De toute manière, ma chance allait peut-être frapper à nouveau ! Si Chase Lawler était vraiment un amour, il aura laissé traîné sa clef USB bien en évidence, avec marqué dessus «
Informations compromettantes sur Hannibal Bates ». Ma bonne étoile avait déjà brillé en début de soirée en me portant vers une cachette rapide d'accès pour me changer, pourquoi s'arrêterait-elle en si bon chemin ? Sans faire le moindre bruit (aucun bruit audible. Et je rappelle que les basses de la sono de l'étage inférieur du penthouse aidaient beaucoup), je me mis à fureter, soulevant et poussant, ouvrant chaque tiroir et compartiment pour les remettre à leur place (par habitude plus que par nécessité). Ma plongée dans l'intimité professionnelle de Lawler me rappela pourquoi je détestais les comptables et leurs bilans financiers truffés de catégories et de sous-catégories, mais rien en vue ressemblant de près ou de loin à une clé. Pas de panique : je ne comptais pas réellement trouver dès le premier coup ce que j'étais venue chercher ici, et il me restait encore du temps pour pousser plus avant mon exploration. En plus, je ne commettais pas de cambriolages que pour gagner ma vie : il s'agissait surtout de côtoyer le stress de très près, tel un partenaire de danse durant un tango endiablé. Et en parlant d'augmenter mon rythme cardiaque...

… La porte du bureau s'ouvrit sans prévenir, m'obligeant à tourbillonner sur la moquette afin d'arriver derrière la porte, hors de vue de l'encadrement d'où un patrouilleur effectua son bref examen. Sa visite me parut s'éterniser, au point que je me mis à redouter qu'il n'ait noté un détail (un tiroir entrouvert, une pile de papiers déplacés, le trou dans la vitre, ou encore mon reflet visible sur la fenêtre) et je ne pus m'autoriser à respirer. Les poumons en feu, je ne parvenais pas à entendre mon cœur battre de plus en plus fort sous cette musique assourdissante, mais j'avais presque le sentiment que la seule chaleur émanant de mon corps pouvait être détectée par l'homme installé de l'autre côté de la porte. Une de mes mains s'empara de la poignée de mon fouet, rangé autour de mes hanches, lorsqu'il devint de plus en plus évident que le garde ne s'en irait pas avant d'avoir tiré son impression au clair. J'inspirai pour redonner de l'oxygène à mes muscles, en vue de la confrontation à venir, et la porte se referma doucement, mimant presque le mouvement de mon diaphragme à mon expiration de soulagement. Je n'avais pas été repérée, en fin de compte (sauf si le type de la sécurité m'avait remarquée, mais qu'il avait préféré aller chercher du renfort pour neutraliser une cambrioleuse seule...). Encore un peu secouée par cette brusque bouffée d'adrénaline, je laissai le patrouilleur redescendre pour ramener le nombre d'employés de sécurité présents à l'étage inférieur revenir à cinq, avant de prudemment sortir la tête de la pièce où je me trouvais. La pénombre de l'étage m'apparut aveuglante, avec mes lunettes, et je fis en sorte de conserver mon champs de vision orienté vers l'obscurité pendant que je faisais un tour d'horizon, les oreilles occupée à écouter comment Harley s'en sortait, avec son public. La salle d'eau et la buanderie ne m'apparaissant pas comme des pistes très intéressantes, je fis de la chambre mon nouveau lieu de fouilles, bien consciente que je ne devais pas m'y éterniser (il s'agissait de la pièce la plus proche de l'escalier menant au rez-de-chaussée, et également d'une pièce équipée d'un lit double. Lors d'une soirée d'orgie, on pouvait être sûre que tôt ou tard, cette chambre accueillerait au moins un occupant).

Ne sachant pas si Lawler était le genre d'homme à cacher des documents incriminants dans son tiroir à caleçons, je fis en sorte d'éliminer les autres cachettes disponibles avant d'en venir à celle-ci. Je considérais cependant peu probable qu'il ait réellement caché l'objet : d'après mon employeur (et le Requin obtenait rarement de fausses informations), Bates avait payé l'intégralité de la somme demandée pour tenir les photos loin de la presse (ce même argent qui avait fait du maître-chanteur le nouveau manager des
Rockets). La clef USB avait rempli son office, et Lawler devait la remettre dès demain à son "client". Les deux hommes pensaient être les seuls à savoir ce qu'il y avait sur la clef, ce qui rendait les risques apparents que quelqu'un vole spécifiquement cet objet pile la nuit précédent son transfert à un nouveau propriétaire virtuellement inexistants. Aucun mafieux n'aurait rêvé meilleur contexte pour orchestrer le vol de ces documents que cette soirée, et Warren White ne s'y était pas trompé en engageant la meilleure voleuse sur le marché.


Oh. Laissais-je doucement échapper, en découvrant le contenu d'un petit sachet « habillement » dissimulé dans le double-fond d'une table de chevet.

Le
Vertigo avait acquis une sale réputation à Gotham, principalement à cause des victimes qu'il avait causées à Starling city. Depuis les premiers scandales d'overdose, il s'était écoulé du temps (cet hallucinogène très prisé de la haute société ayant été retiré des rues lorsque son effet délétère avait été mis à jour). J'avais semble-t-il sous les yeux une version "remaniée" de cette drogue, vendue avec la promesse de fournir un grisant sentiment de tête qui tourne (sans la nausée accompagnant normalement cette désorientation)  : de petites gélules de la taille d'un grain de riz, ornées d'une spirale noire. Lawler s'était fait embobiner par un dealer de Starling, ce qui fit s'envoler mes derniers remords le concernant : j'allais mettre un corbeau stupide dans de sales draps, mais il l'aurait bien cherché. Acheter du Vertigo pour le seul plaisir de prendre la drogue des gens riches (et qui restait potentiellement mortelle, quoi que puisse en dire les vendeurs de rue et les trafiquants), c'était un aveu flagrant de stupidité. Sauf que ce n'était toujours pas ce que je cherchais. Tic tac, Selina.

Mes petits doigts agiles finirent néanmoins par tomber sur une petite tirelire métallique, le genre qu'on offrait aux enfants pour qu'ils y glissent leurs premiers dollars. Sauf que par la mince ouverture, je vis dans ce réceptacle un objet rectangulaire qui me tira un ronronnement satisfait. D'une main, je fis tourner la tirelire, pour mettre face à moi le dernier obstacle entre la clef USB et moi : un minuscule cadenas, que j'aurais pu arracher en tirant dessus. Ma griffe chatouilla le garant de la fermeture de la tirelire.


Tu es trop adorable pour que je te brutalise, toi... Lui murmurais-je, en décidant de crocheter ce bébé cadenas.

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MessageSujet: Re: Homerun ! [PV Harleen Quinzel]   Hier à 14:36

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Les pointes de tes talons griffent le parquet ciré. Les regards des plus riches parties de la ville glissent sur toi. Certains avec envie. D’autres avec dédain ou dégout. Mais, tu n’en laisses aucun indifférent. Tes lèvres rouges et pulpeuses dessinent un sourire aguicheur alors que tu avances, avec souplesse, au milieu des silhouettes vêtues de couleurs sobres. Quelle tristesse. On se serait presque cru à une veillée mortuaire. Tes doigts manucurés au vernis largement écaillé s’agrippent à la cravate d’un homme que tu devines influent, par ce regard qu’il te jette, ce regard que tu ne connais que trop. Tes doigts agrippés au nœud de cravate, tu laisses ton corps onduler au son de la musique, tu déhanchant contre lui, sans pour autant pouvoir lui arracher la moindre réaction. Alors, ton sourire se meut en un rire amusé alors que tes doigts viennent empoigner ses joues rosées. Tes ongles s’agrippent à sa peau alors que ton visage s’approche du siens. « T’as pas reçu le mémo, mon lapin ?! T’es pas là pour tirer la tronche, mais pour passer du bon temps ! » Tes doigts arrachent de son épiderme alors que tu t’écartes de lui pour virevolter dans la pièce, attirant à toi toute l’attention des invités. Ton corps se déhanche avec justesse sur la musique qui s’échappe de la sono, dans des mouvements dignes des plus grandes danseuses. Tes longues mèches blondes ornées de bleu et de rose dansent autour de ton visage alors que ton corps de gymnaste esquisse les mouvements que te dicte la musique. Petite poupée désarticulée, prise de passion pour une musique aux sonorités électro. Petite ballerine qui virevolte avant de percuter un corps, avec élégance. Tu tombes dans ces bras, te plaques contre ce torse. Ton souries, aguicheuse, avant de faire volte-face pour plaquer ton dos contre son torse, et effectuer ce déhanché dont toi seule a le secret. Lentement. Sensuellement. Gracieusement. Tous les regards glissent sur toi, sur ce corps qui ne t’appartient pas. Sur ce corps tant de fois brisés sous les coups d’un homme que tu as tant aimé. Petite poupée de chiffon dont l’esprit s’évade, dont le corps est désarticulé, agité par des démons sur lesquels tu n’as plus d’emprise. Tu fais ce pourquoi tu es payée. La seule chose pour laquelle tu sois douée. Tu fais ce qu’il faut pour oublier. Pour oublier cet homme qui t’a utilisée, rejetée. Abandonnée. Comme un jouet cassé dont on a plus la moindre utilité. Tes paupières se referment alors que tu continues à te déhancher. Tes genoux se plient. Tes jambes se courbent. Tes omoplates dansent contre le bas ventre de cet homme dont tu n’as pas pris la peine de regarder le visage. Une silhouette parmi tant d’autre. Une ombre perdue dans la foule. Il n’est pas lui. Il n’a pas de valeur. Lui. Tes pensées reviennent vers lui. Tu as beau essayer, t’évertuer à l’oublier. Rien n’y fait. C’est son rire que tu entends sur la musique. Ce sont ses mains que tu imagines se poser sur tes épaules en cet instant précis. C’est son visage qui se dessine devant tes yeux clos. Tu es sienne. Sa poupée. Son jouet. Et ses mains qui descendent sur ta peau, tu aimerais tant que ce soit les siennes. Mais, il n’en est rien, et tu le sais. Alors, tes yeux s’ouvrent, et tes doigts se posent sur ces doigts qui ne sont pas les siens. Et tu rêves de les briser. Oh oui, comme tu aimerais les briser. Ces petits os fragiles recouvert de chair potelée. Alors, lentement, tes doigts se referment sur les siens, tandis que ton regard enjôleur se voile d’une folie brulante. Tu sens la rage danser en toi. Tu la sens remonter de ton bas ventre, jusque ton cœur, pour le briser d’avantage. Briser. Comme tu briseras ces doigts sur ta peau… Tu te redresses, lentement, conservant cette emprise sur cette main qui caresse ta peau nue. Tu entends déjà le bruit du craquement. Tu entends déjà ce cri de douleur, qui te délecte par anticipation. Ta tête qui se cale contre sa nuque, ta tempe qui vient prendre attache contre son menton alors que ton corps continue de se déhancher, comme possédé.

 
Alors tu la vois, cette silhouette qui redescend les escaliers pour venir s’approcher d’une autre. Silhouette toute aussi sombre et imposante. Tu ne tardes pas à les identifier. Ils se ressemblent tous. Les flics. Les agents de sécurité. Le premier fait signe au second de monter les escaliers. L’homme acquiesce d’un simple signe de tète en portant sa main à sa ceinture, pour y caresser ce que tu devines être une arme. Tu laisses échapper un rire léger, puis d’un rapide geste du bassin, tu t’écartes de ta proie, oubliant par la même tes douces envies de lui briser ses doigts baladeurs. Ton corps esquisse une légère pirouette, avant de se courber pour laisser tes paumes caresser le bois franc sur parquet. Tes jambes s’élèvent alors dans les airs pour te laisser esquisser une roue des plus élégantes. Une seule roue, c’est tout ce qu’il t’aura fallu pour arriver aux pieds des escaliers. Tes doigts se posent alors contre le fer forgé de la rambarde alors que ta voie s’élève en direction de l’homme de sécurité. « C’est le spectacle qui te lasse ? Ou t’es pressé de passer à l’étage pour d’autres jeux ? » Il t’adresse un regard dédaigneux avant de reprendre sa progression vers l’étage, suivi par le premier homme. Une décharge de stress parcourt ton corps fluet alors que les deux silhouettes s’éloignent de toi. Ce soir, ce serait ragout de minou… Et tu ne serais pas payée ! Grimace d’insatisfaction. « Sinon, on peut aussi monter tous les trois ! » Ils font mine de ne pas t’entendre, alors que tu leur emboites le pas. Mais, bientôt l’un des deux se retourne pour stopper ta progression, posant, avec force et conviction, ses mains sur tes épaules. Alors, tu lui souries, avant de replier ton genou pour venir cogner avec force son entre-jambe. « Oups ! » Tu laisses échapper avec malice, le tout ponctué d’un rire franc alors que, de ton corps, tu fais balancier, pour faire basculer l’imposante silhouette en bas des marches. Ton regard bleu vient alors rencontrer celui de l’autre homme tandis que l’assemblée toute entière n’a plus d’yeux que pour ta prestation.
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Tout commença par un acte de bêtise humaine

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