Partagez | 
 

 Pertes et profits [Maggie Marzena]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Mar 24 Jan - 15:11



Il s'agissait... D'une sphère.
Une
petite sphère (elle aurait tenu dans ma main, si j'avais osé la saisir), couverte de symboles luisants jaune doré (espérons-le, non-radioactifs). De l'extérieur, elle semblait composée de roche (noire et mate comme du charbon, la roche, mais d'aspect plus solide) et elle bourdonnait comme seul un artefact malsain pouvait vrombir.
J'étais bien avancée...

La traversée d'une couche de sous-pression fit faire un soubresaut à notre jet privé (et me tira de mes réflexions inutiles – avec un petit glapissement surpris que je nierais avoir eu, si vous en parlez à qui que ce soit). Songeuse, je rangeais discrètement cette orbe lumineuse, en portant mon regard vers le hublot à ma gauche. Un fond de limonade termina sa course dans mon palais, alors que je m'efforçais de reconnaître la région. Peine perdue ! Sous l'avion privé de mon employeur filait un décor qui m'était totalement étranger ; impossible d'estimer dans combien de temps j'arriverai à l'aéroport d'Hambourg, et personne ne m'avait répondue, lorsque j'avais poliment demandé combien de temps prendrait le vol. Pourtant, je les avais entendus discuter : les autres passagers du jet parlaient aussi bien Anglais que moi (sauf peut-être le pilote, éventuellement lituanien). Mais mes deux anges gardiens étaient eux, sans l'ombre d'un doute, des compatriotes.

On m'avait laissée seule à l'arrière de l'appareil avec le coffret que j'étais supposée dérober (chez un vieux collectionneur de Trakai – au sud de la Lituanie, si, comme moi, vous l'ignoriez), m'invitant à me servir au mini-bar réfrigéré et à me divertir avec la tablette riche d'une centaine de films à regarder (les écouteurs étaient fournis). Les messieurs qui travaillaient pour le type convoitant le coffret s'étaient absentés (le temps, je suppose, d'aller fouiller mes affaires stockées à l'avant de l'appareil, pour s'assurer que je ne ramenais avec moi rien de plus que ce que j'étais censée prendre ; sans doute aussi pour appeler leur boss, et lui annoncer notre retour victorieux). Moi, en tenue civile (confortable, sobre et pratique : bottes en cuir souple, pantalon brun peu salissant, chemisier noir et veste bleue), j'avais essayé les six fauteuils à ma disposition, distraitement regardé le début de quatre films puis tenté (sans succès) de m'endormir pour compenser le décalage horaire, tandis que le mystérieux coffret me faisait de l'œil, innocemment posé à portée de vue.
Lorsque le rideau de séparation bruissa enfin, je ne pris même pas la peine de détourner mes yeux du hublot.


C'est bon, je peux recevoir le reste ? Demandais-je, pour découvrir que le type s'était également changé, depuis son absence.

La plaisanterie fine qui m'était venue à l'esprit s'évanouit à l'aperçu de ce trentenaire, recouvert d'une combinaison bleu nuit. Deux paires d'ailes synthétiques dépassaient de son dos, et ça et là, des ornements insectoïdes dorés égaillaient un costume plutôt sinistre. Un casque, qu'il ne portait pas, devait compléter son déguisement de... Libellule ?


Le virement vient d'être validé. M'apprit-il de sa voix de basse (ils avaient tous les deux une voix grave de criminel ; l'autre – châtain – ayant également le visage bizarrement figé. Je le supposais encore bloqué aux toilettes).

Excellent. Je pris le temps de m'étirer un peu, avant d'enchaîner d'un ton léger : Dites-moi... Quel genre de presse-papier peut bien justifier qu'on recrute une cambrioleuse de Gotham pour un payement astronomique ?

Le contrat puait les embrouilles à des kilomètres, mais le nombre de zéros affichés avait su dissiper mes craintes. Et Holly ne devait pas se douter qu'en ce moment, niveau boulot, c'était la disette. Je payais cher le contre-coup de mon refus de travailler pour le Joker (et mes manigances à Central City).

... Vous avez ouvert le coffret. Déduisit Insect-man avec une expression neutre qui pouvait dissimuler une colère noire, ou une indifférence complète. Je luis souris malicieusement.

J'étais curieuse... Et vous aviez tant insisté pour que je n'essaie pas de l'ouvrir... Vous m'avez pratiquement poussé au crime ! Me défendis-je, tranquillement installée dans mon fauteuil inclinable de luxe.

En toute sincérité, je suspectais que la sphère soit un objet d'une puissance infinie, type « relique permettant de conquérir le monde » si on savait comment l'activer. Ma question visait surtout à savoir ce qu'ils comptaient faire de moi.


Bon, je suppose que de toute manière... Relativisa mon interlocuteur blond, en haussant des épaules. Ce "presse-papier", comme vous dites, Mlle Kyle, est une Orbe d'Appel... Un objet qui permet, lorsqu'on l'active de manière idoine, de convoquer un être spécifique, provenant de la dimension de notre choix. M'expliqua-t-il fièrement.

Ouf ! Ces types avaient perdu d'avance. Tant mieux.
Rien n'alertait plus les super-héros qu'un groupe/groupuscule voulant faire venir sur Terre je-ne-sais-quel dieu très ancien de la dimension Z. Ce genre de psychopathes perdaient à chaque fois, parce que les justiciers de tous bords faisaient constamment front commun, lorsque l'on parlait d'une apocalypse imminente. Voilà qui était rassurant ! La Terre continuerait de tourner, les méchants finiraient derrière les barreaux, et moi, dans l'histoire, j'aurais fait le plein de liquidité. Restait l'autre point...

Avec les criminels, on pouvait rarement s'attendre à ce que les questions obtiennent des réponses (la peur d'être dénoncé),
sauf lorsqu'il était prévu de supprimer tout témoin/intermédiaire gênant. Là, nul besoin de faire des mystères. Mon employeur avait donc chargé ses deux sbires de me tuer, à un moment ou à un autre. Et comme je venais de passer un certain temps à fouiller l'avion, je pouvais affirmer qu'une absence surprenante de parachutes dans le jet soufflait la piste de l'accident survenu en plein vol à mes oreilles. Machin avait une combinaison pourvues d'ailes (qui n'étaient sûrement pas que décoratives) et son collègue devait soit avoir lui aussi un moyen de propulsion, soit bénéficier (avec le pilote ?) des seuls parachutes disponibles.


Je vois... Et donc, là, vous avez enfilé votre plus beau costume rituel, pour célébrer le grand retour de la Mouche Sacrée sur notre plan d'existence ? Me moquais-je en feignant l'admiration, surtout parce que dans cinq secondes, il allait falloir que je me faufile au-travers de ce type pour rejoindre l'avant de l'avion et dérober un parachute avant qu'on ne m'abandonne seule dans un appareil voué à s'écraser.

Or, un adversaire provoqué réagissait moins vite qu'un ennemi aux aguets. On notera que ça marche aussi pour l'adversaire qui croit être en pleine discussion, parce qu'à ce moment-là, deux bras puissants me ceinturèrent par derrière. Machin numéro deux s'était débrouillé pour se faufiler dans mon dos (téléportation ? Invisibilité ?) et me soulevait à présent (je me débattis, pourtant !) pour m'emmener de force jusqu'à la porte d'accès (que le blond ouvrit en grand, tout sourire).


Nous survolons actuellement la réserve naturelle de Cedynia. S'époumona le sbire en costume, pour couvrir les hurlements du vent et des moteurs. Trois cents kilomètres carrés de forêts polonaises... Combien de temps croyez-vous que les autorités locales mettront à repérer votre cadavre, dans cet endroit ?

En tout cas, rien ne permettrait de relier ma mort avec son employeur ; ça, c'était certain. J'avais les entrailles trop nouées pour répliquer quelque-chose de spirituel ou de piquant à ce salopard, et de toute façon, les bras qui me maintenaient m'écrasaient les poumons. Ce fut un miracle que je ne me mette pas à hurler comme une adolescente, lorsqu'on me propulsa dans les airs, à gesticuler et balloter tandis que la gravité me tirait par le nombril vers le sol, si dur et si lointain. Je perdis de précieuses secondes à agiter les membres, mes cheveux (détachés lors de mes ruades) s'agitant follement pour se tendre à la verticale, pointes vers le haut. Le jet demeura de brefs instants dans mon champ de vision, avant de rétrécir et de filer plein Ouest, me laissant descendre vers la grande nappe de verdure qui grossissait en contrebas.
Il était temps de passer au plan U (comme URGENT).

Ne me demandez pas comment je réussis à extraire l'orbe de ma veste (oui, j'avais senti venir mon élimination - j'en connais deux qui feraient une drôle de tronche, en trouvant le coffret vide). L'adrénaline aidant, je sentis tous mes neurones se dédier à la seule tâche qui importait : réussir à activer ce truc, dans l'espoir fou qu'il me sauve la vie. Mon champ de vision se ferma sur la sphère, mes doigts engourdis par le froid devinrent ultra-sensibles, et je me mis à tâtonner, appuyer, agiter l'objet, marmonnant des prières sourdes. Le sol se rapprochait beaucoup trop vite. Soudain, sans avertissement, l'orbe d'appel émit une impulsion chaude, et tous les symboles qui courraient à sa surface s'éteignirent. J'entendis le son d'un claquement de fouet, puis une femme se matérialisa à côté de moi – autrement dit : tombant à pleine vitesse vers le sol, sans rien pour stopper sa chute mortelle.


FAITES QUELQUE-CHOSE ! NOUS ALLONS MOURIR !

Bon, oui, là, je commençais à sonner comme une collégienne paniquée.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Mar 24 Jan - 19:57

C’était une journée parfaitement normale, passée à consulter l’un de mes nombreux guides touristiques. Parce que oui, j’adore voyager, découvrir, explorer, ce genre de choses. Je suis une grande curieuse, qu’est-ce que j’y peux. Alors du coup, après avoir passé un certain temps loin des États-Unis (parce qu’une certaine personne que je ne nommerais pas était aux prises avec divers impératifs personnels), je me suis dit que ce serait bien de visiter les pays d’Europe impliqués dans la Seconde Guerre Mondiale. La faute à quoi? Stupides films américains. Je n’aurais pas dû regarder (encore) il faut sauver le soldat Ryan. Aujourd’hui, la Pologne, pays qui a disparu des cartes et qui y est réapparu par la suite. Donc, architecture, histoire, art, gastronomie… Quand vous pouvez vous téléporter, vous sauvez énormément en billets d’avion.

À bien y penser, en nourriture, en logement et même en argent. Je veux m’acheter quelque chose? Je conjure la bonne somme et c’est réglé. Les lois de la conservation? Des trucs de la Troisième Dimension oui! Nous, habitants de la Cinquième Dimension nous moquons bien de ce genre de choses. Écoutez-moi rire. Ha ha ha! Oh bien sûr, je m’arrange pour ne pas abuser. Il ne faut pas pousser le bouchon trop loin non plus. Je prends ce dont j’ai besoin et puis c’est pas mal tout, en fait. Là par exemple, je suis dans un petit café. Je mange bien mais je ne tombe pas dans les excès non plus. C’est bien de relaxer de temps en temps. Farceuse comme je suis, je reste rarement en place, je suis toujours à fureter et à chercher qui fera les vrais de ma prochaine blague. Jamais rien de méchant, je peux vous l’assurer. Si c’est trop noir comme humour, ce n’est plus drôle.

Je déguste cette spécialité locale de pâtisserie quand je sens comme un mouvement dans la trame dimensionnelle, comme un appel. Bah oui, quand vous voyagez dans le temps, l’espace, les dimensions, tout ça (Je manipule la réalité. ALLO!), vous finissez par détecter ce genre de choses. Accessoirement, comment échapper à sa mère quand vous faites votre crise d’adolescence et que contrairement aux mères normales, elle peut vous courir après sur plusieurs dimensions pour vous forcer à faire le ménage de votre chambre. Je tourne mon attention vers ce signal et je me rends compte que c’est comme une sorte de balise. Vous pouvez contacter des êtres d’autres plans avec ça. Sympathique gadget quand même. Et ça dit quoi quand on écoute? « FAITES QUELQUE-CHOSE ! NOUS ALLONS MOURIR ! » Ah d'accord, elle peut voir l'équivalent d'une projection astrale de son côté. Oula… Ok, ça me permet aussi de voir… OH!

Quelqu’un est en train de tomber en chute libre de très haut, qui plus est. Pas cool. Où est Superman quand on en a besoin? Quoi qu’attends voir… Je vais pouvoir faire une farce du tonnerre! J’engloutis le reste de ma pâtisserie, je me dirige vers les toilettes, y entre, change mon apparence au grand complet et je me téléporte près de cette femme en détresse. J’arrive dans un halo de flammes avec une musique épique et tout avant de la prendre dans mes bras comme une princesse et de la déposer délicatement au sol. Jouons! Jouons! Je sens que je vais m’amuser comme une folle! Vous voulez une super héroïne? Allez voir Wonder Woman. Moi? Je suis juste une squatteuse dimensionnelle alors chut. Je n’ai aucune obligation de sauver qui ou quoi que ce soit. Maintenant, observez bien cette performance digne d’un oscar. Vous allez voir, ça vaut la peine.




Mejishen, génie de la quatrième dimension. Cool la transformation, non?


« Qui es-tu, mortelle, toi qui a invoqué Mejishen, génie de la quatrième dimension? Pour l’heure je dois t’appeler maitresse car selon les lois des génies, tu as droit à trois vœux. Deux vœux, en fait. Tu as dit faites quelque chose. Je t’ai sauvé la vie. J’ai fait quelque chose. Si je puis me permettre, ô maitresse, vous semblez bien pâle. Êtes-vous sûre d’avoir suffisamment bien mangé et dormi récemment? »

Vous voyez? Digne d’un oscar!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Jeu 26 Jan - 16:52



Une seconde. Implorais-je d'une voix plus que blanche à ma sauveuse (dont le nom m'avait totalement échappée).

Un pas sur le plancher des vaches. Puis deux. Un bourdonnement souvent associé aux évanouissements assourdissait tout les sons alentours. Mes jambes menaçaient de flancher, aussi m'appuyais-je (à titre préventif) à un arbre, le temps de reprendre mon souffle, mes esprits, et mon self-control.

Tu n'es pas morte, Selina. Tu n'es
pas morte. Alors souffle, respire, et surtout, surtout, ne commence pas à chialer comme une gosse. Les larmes qui me montèrent aux yeux étaient juste dues à un petit lâchage de mes nerfs, très éprouvés par ce best jump imposé. Autrement dit, elles n'avaient pas de raison d'être – surtout que je n'avais pas vraiment le temps de me rouler en boule ni de sangloter sur mon expérience de mort imminente (ça, ce serait pour mes futures nuits de terreurs nocturnes, une fois que toute cette histoire sera derrière moi et que j'aurai retrouvé Gotham).
Le
break demandé à ma bienfaitrice aida mon cerveau à digérer la succession d'événements qui m'étaient brutalement arrivés. Progressivement, je modifiais mon appui sur le tronc, pivotant pour m'y adosser, avant de me laisser glisser au sol, avec un dossier végétal (un peu rugueux) où appuyer mon crâne. Une petite nausée commençait à me chercher dans le creux de l'estomac, mais ça, c'était plus que gérable ; mon corps était trempé d'une sueur de terreur qui allait me jouer de sales tours, vue la température ambiante (la preuve : je tremblais déjà !) ; au final, je venais d'apprendre que même les accros à l'adrénaline de ma trempe pouvaient ressentir un frisson qui ne soit pas purement jouissif (il suffisait de tomber de suffisamment haut, avec aucune garantie d'en ressortir vivant – y compris grâce à l'intervention d'un justicier).

Mon regard marron remonta vers la créature humanoïde qui s'était adressée à moi (et qui ne paraissait pas souffrir du froid, en dépit d'une tenue légère de chez légère). Son apparition dans les airs avait été précédée de flammes (et d'une musique ? À moins que, de soulagement, mon imagination n'ait ajouté du son à ce que me montraient mes yeux...), lesquelles semblaient également lui tenir lieu de chevelure. Quand bien même son allure demeurait très majoritairement semblable à une femme occidentale, elle avait une peau bleue - telle la voûte céleste une belle nuit d'été – et des ornements corporels étincelants, pareils aux étoiles (sauf ses iris, qui m'évoquaient deux minuscules feux de camp). J'avais en tête ce qu'elle m'avait raconté en me déposant au sol, et maintenant que je me pensais capable de maîtriser mes cordes vocales (et que mes oreilles s'étaient débouchées), mon formidable intellect se remit en route (tel un ordinateur qui aurait subi un redémarrage).


Si je te demande de me répéter ton nom, est-ce que ça gâche un de mes vœux ? M'enquis-je (d'une voix encore pas mal blanche – sans doute autant que mon teint) avec un ton aussi proche de la légèreté que possible.

Impossible de savoir si c'était elle, que mon ex-employeur prévoyait de faire venir sur Terre ; en tout cas, elle m'avait promise trois souhaits, le genre de chose que n'importe quel criminel mégalomane tuerait pour avoir (et elle ressemblait suffisamment à la représentation du génie d'Aladdin pour que je la crois). Mon sauvetage exécuté, l'être extra-dimensionnel attendait poliment ma nouvelle consigne. Or, j'avais justement des ennemis à mes trousses : pourquoi ne pas sauter sur l'occasion ?


Ok... Mejishen ? Je souhaite que l'homme qui m'a engagée pour voler l'Orbe d'Appel meurt sur-le-champs (et douloureusement, si possible), de même que ses deux sbires. Si tu factures un vœu par meurtre, alors élimine juste l'employeur ; ça devrait dissuader ses sous-fifres de m'approcher à nouveau. Grondais-je.

La petite sphère se trouvait toujours dans ma main droite. En fait, j'agrippais cette boule froide avec une ferveur quasi-religieuse, depuis qu'elle m'avait – indirectement – sauvée la vie. Toute trace des symboles lumineux en était absent, ce qui m'amena à considérer que l'utilisation d'un artefact de ce genre devait être limitée. Ne pouvait-on y avoir recours qu'une fois par jour ? Ou qu'une fois par an ? Tous les sept mille ans ? Pire, fallait-il accomplir un rituel pour le "recharger" ? Ma cervelle se creusait déjà à imaginer toutes les applications possibles d'une telle orbe, si je parvenais à en percer le fonctionnement... Trois souhaits à chaque activation, multiplié par le nombre d'activations... Le produit de cette opération promettait monts et merveilles !

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Jeu 26 Jan - 20:08

« Du calme chère maitresse, du calme. Laissez Mejishen vous aider avec vos vœux. Vous êtes manifestement encore en état de choc pour dire de telles choses sans réfléchir. Premièrement, je ne tue ni ne blesse car les lois des génies ne nous le permettent pas. Et puis du reste, vous n’avez pas l’allure d’une tueuse. Deuxièmement, comment voulez-vous prendre une décision éclairée dans ces conditions? »

Amusons-nous un peu. Après tout, c’est un de mes passe-temps favoris, non?  Amusons-nous un peu, disais-je et tentons de voir ce que nous pourrions faire pour épater la galerie d’une part et instaurer un meilleur climat d’autre part. Il est absolument hors de question que je tue qui que ce soit. Ce n’est même pas négociable. N’insistez pas : c’est non. Déjà, cette pauvre femme est toute tremblante. Un peu de chaleur lui fera le plus grand bien. Faisons apparaitre de nulle part une tente des plus confortables. En cas d’intempéries, elle sera bien protégée et le luxe des lieux, car c’est une tente tirée des mille et une nuits, dans ces riches oasis du désert, devrait aider à se mettre à l’aise. Plus elle se sentira bien, moins elle a de chance de penser à des actions radicales. Si, si. C’est qui l’experte? Vous ou moi? Alors chut! Laissez-moi faire en paix. J’insiste!

Alors donc, il faut que je lui fasse croire que je suis vraiment comme le génie de la lampe. Une bonne farce se fait souvent sur la durée. Prolonger l’effet, vous voyez, capitaliser sur les réactions de l’autre, tout ça. D’un claquement de doigts, puisque nous sommes maintenant protégés des éléments et dans un décor tiré d’un conte, la voilà habillée exactement comme la princesse Jasmine dans Aladin. Oh quoi, c’était trop tentant! Je vous l’ai dit, je suis une farceuse. Et j’aime beaucoup la culture populaire des humains ainsi que la plupart de leurs contes. Donc voilà quoi. Et puis avouons-le : elle n’est pas vilaine au regard, ma nouvelle « maitresse ». Non, non, je ne flirte pas, je ne fais rien de moralement répréhensible. Enfin. Sur ce point. Oh bon sang cet air ahuri… Je dois déployer des trésors de force mentale pour ne pas éclater de rire!


« Quelque chose ne va pas, maitresse? Pourtant vous portez ce qui se fait de plus à la mode là d’où je suis originaire. Élégant, confortable et évidemment, reflétant l’opulence et un statut social élevé. Vous avez faim, soif, peut-être? Tant qu’à discuter de vos deux vœux restants, autant se mettre à l’aise. De ce que j’ai compris, vous en voulez à votre employeur. Vous voulez en parler? Je suis toute ouïe. »

Bah quoi? D’autant que je sache, si je veux la dissuader de faire quelque chose de stupide, il va bien falloir commencer quelque part! Parler aide à se libérer l’esprit et si elle a besoin de pleurer un bon coup contre mon épaule bah… Qu’elle pleure. Moi, personnellement, je suis en chute libre, j’ai des dizaines d’options pour m’en sortir. Elle? C’est encore étonnant qu’elle tienne debout et que le choc nerveux ne soit pas plus important. Robuste, ma « maitresse ». Je me demande bien ce qui peut avoir justifié qu’on essaie de la tuer. Car je suppose que c’est ce qui est arrivé. Parce que si c’est à cause de l’orbe… Comment dire… Oui, n’importe qui pouvant voyager dans les dimensions pourrait répondre à l’appel mais encore faut-il le vouloir… C’est comme faire sonner le téléphone d’une cabine téléphonique : qui va répondre?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Sam 28 Jan - 13:59



Mon expression se figea d'incrédulité, lorsque la créature m'annonça ne pas pouvoir prendre de vie. Certes, ça aussi, Aladdin l'indiquait – mais c'était un dessin animé, normal qu'on n'y parle ni de meurtres, ni de cadavres ressucités. Dans la réalité, on aurait pu s'attendre à ce que ce type de limite n'ait pas de raison d'être, non ? Ou bien c'était la fatigue et la crainte des représailles, qui me faisaient envisager les solutions radicales d'emblée ? En tout cas, mon soulagement d'être définitivement débarrasssée d'un employeur extrêmement vindicatif s'envola à tire d'ailes, pour troquer sa place à une anxiété fébrile. Mes nausées et mes vertiges rappliquèrent en quatrième vitesse (côté teint, mon visage devait virer au blanc verdâtre), deux signes indicatifs très explicites de mon état physique lamentable. J'étais proche de la rupture, uniquement tenue en éveil par la nécessité impérieuse de ne pas m'effondrer. S'évanouir, ici et maintenant ? Aux pieds d'une entitée dont je ne connaissais rien des intentions, et dotée de pouvoirs a priori redoutables ? N'oublions pas non plus les types qui cherchaient à m'éliminer, et qui viendraient tôt ou tard finir le travail (avant de récupérer l'orbe sur mon cadavre). Lorsque, à Gotham, je me mettais quelqu'un à dos, c'était généralement un type dont je connaissais l'influence, la psychologie ou les ressources. Actuellement, j'ignorais complètement si mes poursuivants pouvaient me localiser, et à quelle vitesse. Idem pour leurs noms, leurs motivations, et l'étendue de leurs ressources.

Bon sang ! Dans quelle
merde m'étais-je fourrée ? J'avais l'air maligne, tiens, à me croire toujours capable de me sortir de n'importe quel pétrin...

Mon examen (plutôt pessimiste) de ma propre situation s'en trouvait là, lorsqu'une tente se matérialisa soudainemnt autour de moi.. Sans me consulter (est-ce que ça comptait tout de même pour un vœu ?), Mejishen m'avait fournie un abri (spacieux et cosy)... Et troqué ma tenue contre un mauvais déguisement de danseuse du ventre (attention je j'appréciais nettement moins, surtout si ça me coûtait mon dernier souhait). La génie aurait été une simple femme, je me serais jetée sur elle pour la cogner (d'ordinaire, je ne suis déjà pas du genre patiente ; là, mes nerfs étaient franchement à vif) ; sauf que cette humanoïde bleue se serait prémunie de mes coups sans efforts, si je m'étais emportée. D'autant que, des vœux (s'il m'en restait) qu'elle pouvait m'offrir, dépendait à présent ma survie. J'en restais donc à l'expression éberluée, ce qui parut l'amuser, vue l'étincelle polissonne qui apparut dans ses iris luminescentes.

La bonne nouvelle que je retirais de l'intervention suivante de Mejishen était que mes deux vœux demeuraient intacts. Pour m'aider à y voir plus clair, je fis le raisonnement suivant : pourquoi, alors, se livrait-elle à des actions gratuites tantôt bienveillantes, et parfois plutôt agaçantes ? Cherchait-elle à me faire gaspiller mes vœux ? Elle se trouvait dans l'obligation de m'en exaucer trois, mais pouvait sans mal user de ses capacités pour me pourrir la vie, me forçant à utiliser un vœu pour contrer chaque crasse qu'elle se plairait à me faire... La méthode pouvait sembler un peu sournoise et mesquine, mais peut-être que dans sa position, j'en aurais fait de même. Ou alors, l'explication était plus triviale : Mejishen s'ennuyait, et avait pris l'habitude de se distraire comme elle le pouvait (le génie d'Aladdin avait aussi ce petit défaut, de mémoire).
Tout ça ne m'avançait à rien, et même si mon corps mourrait d'envie d'écouter les paroles de la créature aux cheveux de feu (me reposer... Manger... Me laver dans de l'eau chaude...), je courrais contre la montre. Fermer les paupières, rester sur place, c'était faciliter le travail de mes poursuivants ; or, Mejishen avait la fibre pacifique. En cas de confrontation, je ne pouvais pas compter sur elle pour riposter. Fatiguée par le débit de paroles de ma sauveuse, je finis néanmoins par lui adresser un mot à mon tour, en dédaignant tous les coussins qui attendaient que je m'asseois sur eux.


D'abord Mejishen : s'il-te-plait, ne m'appelle plus "maîtresse", ça me rappelle mes années dominatrice. Appelle-moi plutôt Selina. C'est mon prénom, il sert à ça. L'implorais-je avec un pauvre sourire (mes lèvres ne pouvaient pas faire mieux). Et ensuite... Je comprends tout à fait que pour toi, la situation puisse paraître fun ou divertissante. Après tout, quand j'aurais épuisé ma réserve de souhaits, rien ne te retiendra plus ici, non ? Tu repartiras là d'où tu viens, à reprendre tranquillement le cours de ton existence. Mais moi je n'ai pas ce luxe. Quand tu seras partie, j'aurai toujours des criminels déterminés à me tuer au cul, et zéro pouvoir magique pour les tenir à distance. Donc désolée si je ne satisfais pas ta curiosité pour les histoires des autres, mais je n'ai vraiment pas le temps de te raconter mes péripéties. Ce qui m'occupe, c'est l'ici et maintenant.

Mon ton manquait cruellement d'autorité, mais les idées avaient été exposées. En tournant en rond, je me mis à réfléchir de toutes mes (maigres) forces mentales, en marmonnant à mi-voix des pistes intéressantes (tout ça  décoiffée, avec mon regard fatigué, un teint de craie, et dans mon costume de princesse Jasmine... Heureusement qu'il n'y avait aucun témoin de cette scène). Je commençais à regretter profondément de ne pas m'être accordée une petite sieste dans l'avion ; mon cerveau déphasé et à bout de souffle peinait à me suggérer la moindre idée cohérente. J'avais l'imagination au bout du rouleau et le moral dans les chaussettes (enfin, dans les babouches). Tout ce qui me venait à l'esprit, c'était que je ne pouvais même pas nommer à Mejishen de cible, eut-elle voulu procéder à un homicide. Or, la génie ne me paraissait pas omnisciente (ou prétendait ne pas l'être ?) ; mon vœu de tuer "ceux qui me poursuivaient" n'aurait pas pu être exaucé, de toute manière...

Ils savent que je vis à Gotham... Souhaiter être téléportée là-bas ne résoudrait rien. Partir à pied non plus... Et si je souhaitais être immortelle ? Non, non, ça ne marchera pas... Pensais-je à voix haute.

Le temps jouait contre moi. Le Temps. Je m'immobilisais soudain, surexcitée, suite à une brutale illumination. De liesse, je fis claquer mes doigts.


Mejishen... Tu peux stopper le Temps ?

Un vœu pour l'arrêter, et un autre pour lui redonner cours ; ainsi, je pourrais trouver une solution à mon problème (et accessoirement cambrioler tout un tas d'endroits sans me faire prendre). Selina ma belle, tu es une génie !

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Dim 29 Jan - 1:43

« Vos années de dominatrice? Il faudra m’en faire le récit, maitresse… Pardon. Selina. Voilà ma curiosité piquée, en tout cas. Et je me permets de vous corriger sur un point. Vous êtes entré dans une tente, non? Qui vous dit que cette tente est sur Terre? Ou même que quelqu’un peut la voir. Vous pensez en personne de la Troisième Dimension. Vos lois ne sont pas mes lois. Simple précision. »

Elle s’inquiète. Je m’amuse. Et éventuellement, elle va s’amuser aussi. Le but ce n’est pas de la mettre en danger. Le but c’est de comprendre ce qui se passe pour pouvoir l’aider au mieux. Comment puis-je y arriver avec uniquement des informations fragmentaires? Oui, je pourrais lire directement dans sa tête. Mais est-ce que ce serait… Comment dire… Intéressant? Je ne veux pas sombrer forcément dans la facilité. Quand on dispose de mes pouvoirs, la pire chose qui peut vous arriver, c’est de vous ennuyer. Je ne peux insister suffisamment sur ce point. Pourquoi, demandez-vous? Parce que dans ce cas vous allez vouloir tenter de nouvelles choses, regarder le monde d’un point de vue purement égoïste et vous allez invariablement finir comme le méchant ou la méchante de l’histoire. Ce que vous n’êtes pas forcément par-dessus le marché.

Enfin bon. Je voudrais faire plus ample connaissance avec cette Selina, ex dominatrice et à qui j’ai évité de finir sa vie en crêpe. Je pourrais naturellement subtilement lui proposer un souhait qui irait dans ce sens mais elle me prend de vitesse. Si je peux stopper le temps? Oui et non. Je manipule la réalité, c’est vrai. Mais je ne peux pas stopper le temps partout en même temps. En fait, personne ne le peut. Avec énormément de concentration, la Terre, je ne dis pas. Et encore. BEAUCOUP de concentration. Dans le genre beaucoup de chez beaucoup avec une portion de beaucoup supplémentaire. Un continent, je gère, un pays, pas de problème, une ville… Trop facile là par contre. Je peux modifier la réalité comme je l’entends mais tout effet permanent a un coup. Dans la théorie, je pourrais stopper le temps, permettre à Selina de s’amuser comme une folle…

Et tout remettre en place comme si rien ne s’était passé. Si c’est temporaire, bonjour la quasi omnipotence. Je devine cependant qu’elle préfèrerait une solution plus permanente mais là, non. Il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. Que cherche-t-elle à faire au juste? Elle ne comprend pas que nous sommes dans une bulle dimensionnelle? Quiconque la pourchasse ne peut entrer ici à moins d’appartenir à la Cinquième Dimension et encore, je sais parfaitement défendre mon territoire, merci! Bon allez Maggie, comment tu vas faire pour la calmer et lui faire réaliser qu’elle est hors de danger? Parler ne semble pas fonctionner plus qu’il ne le faut alors je place entre ses mains un verre en cristal rempli d’un thé à la menthe très fragrant. Ne rigolez pas, ça inspire au calme. Je la regarde avec bienveillance. Essayons différemment.


« Selina? Ça va aller. Ici, personne ne peut t’atteindre. Tu es dans une bulle dimensionnelle. Hors du temps. Hors de l’espace. Alors s’il te plait, calmes toi. Si tu dois pleurer, pleures. Vomir? Pas super élégant mais le stress, tout ça. Perdre connaissance? Fais-toi plaisir. Là, tu paniques. C’est normal. Tu crois encore ta vie en danger. Mais je t’assure que tu n’as rien à craindre. Tu as vécu un fort choc, non?

Prends le temps de relaxer. Essaies, au moins. Ce n’est pas facile, je suppose, mais je suis patiente. Tu as encore deux vœux. Tu ne voudrais pas les gaspiller sur un coup de tête. Si tu préfères un environnement plus familier, fais le moi savoir. Je te jure de ne pas le compter comme un vœu. Tu es ma maitresse pour encore deux souhaits. Autant apprendre à mieux se connaitre, tu ne crois pas? J’aime penser que je suis une personne, non une machine à vœux. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Jeu 2 Fév - 15:46



Les réponses de Mejishen me donnaient le tournis. Ses insinuations sur mon emplacement hors du temps et de l'espace tridimensionnel... Achevèrent de me coller une migraine de tous les diables. La physique quantique, c'était très très loin de mes domaines de compétence, même lorsque j'étais fraîche, reposée et au calme. Or, actuellement, mon état physique se résumait à du délabrement avancé. L'Orbe d'Appel roula sur le sol de la tente ; je l'avais lâchée pour me passer les mains sur le visage et soupirer de lassitude, avant d'aller m'asseoir sur un coussin, le regard vitreux. Ma pauvre cervelle n'en pouvait plus, et refusait d'ingurgiter une information supplémentaire. Impossible pour moi de réfléchir aux implications qu'avaient ma cachette sur mes chances de survie. J'étais arrivée à saturation, question moral (ce qui devait bien se voir à ma tête, parce que la créature bleue m'offrit une tasse fumante de liquide chaud – du thé à la menthe ? Ou un truc extra-dimensionnel n'ayant rien à voir, mais présentant le même aspect et la même odeur ?). Machinalement, je bus une longue gorgée du breuvage (qui avait également le goût du thé à la menthe), mon regard de zombie capté par Mejishen, qui 1) venait de passer du vouvoiement au tutoiement et 2) se montrait d'une étonnante sollicitude, pour une génie (mais c'était ma première génie. Ils étaient peut-être tous gentils, et moi pleine de préjugés inspirés par Walt Disney).

Un nouveau soupir s'échappa de mes lèvres. Basculant vers l'arrière, la pauvre loque humaine que j'étais en ce moment s'affala lourdement dans un tas de coussin (après avoir déposé le verre là où je ne risquais pas de la renverser – c'était du bon thé), le champ de vision à présent uniquement occupé par la voûte en tentures de ma cachette hors du Temps et de l'Espace.


Oh, bon sang... Lâcha mon timbre fatigué et un peu enroué. Je ne te vois pas comme une machine à vœux, Mejishen... M'excusais-je (plus ou moins) en repliant un coude pour me cacher les yeux d'un bras couvert d'étoffe turquoise (et qui sentait le jasmin). Mais je ne te vois pas non plus comme mon amie. Terminais-je sans réfléchir à la dureté de mes propos (oui, je ne prenais pas de gants ; vu ce que je venais de vivre, j'estimais avoir des circonstances atténuantes pour mon manque de savoir-vivre).

Écoute... Je te connais depuis littéralement cinq minutes. Et si tu savais combien de fois des connasses ont joué les bonnes copines avec moi pour me la faire à l'envers ensuite... Hommes ou femmes, d'ailleurs ; j'ai perdu la naïveté de croire qu'on pouvait spontanément se montrer gentil avec moi pour de vrai. Repris-je, en déballant mon sac d'un ton plat qui allait de paire avec mon expression neutre. Si tu es véritablement la chic fille que tu sembles être, alors je peux t'assurer que je me ferai pardonner. Mais ça, il va falloir me laisser le temps de m'en assurer. Péniblement, je fis couler d'un air navré mon regard marron vers mon interlocutrice, qui, la tête en bas, ressemblait autant à une chandelle allumée qu'auparavant.

Par contre, il gèlera en Enfer le jour où tu me verras lâcher une larme, ma grande. Zut ! Maggie m'avait refilée le virus de jurer comme une religieuse... Enfin, j'espèrais que ma petite affirmation bravache avait allégé l'atmosphère dans la tente.

On était loin d'une première partie de One man Show, et mon intonation aurait pu souligner plus explicitement ma plaisanterie de femme faussement stoïque, mais j'étais contente d'avoir encore l'énergie de jouer un peu à la maligne. Mollement, ma main s'empara du verre, que je vidais d'une traite, avant de demander pâteusement :


Il n'était pas drogué, au moins, ton... Truc ? M'inquiétais-je tardivement, en constatant que je me sentais tout-à-tour extrêmement fatiguée, puis aussitôt après en état d'alerte (le légendaire état de « trop fatiguée pour dormir » dont Bruce me rebattait si souvent les oreilles). Parce qu'il faudra plus que ça, pour m’assommer. Blaguais-je à nouveau (avec un sourire, parce que personne me voyant actuellement ne m'aurait crue).

Mes paupières ne cessaient de papillonner, je dodelinais de la tête, et les mots sortaient de ma bouche comme une purée de syllabes mal séparées. Au fond de moi, je savais qu'une sieste me ferait le plus grand bien. Mais dès que je fermais les paupières, je m'imaginais me réveiller en sursaut, face aux deux types de l'avion (Insect Man en premier, avec un horrible masque sur la tête) juste avant qu'ils ne m'explosent le crâne d'une balle. Au final, allongée dans mes coussins avec mon déguisement de Jasmine, je ressemblais à une gamine de dix ans le soir d'une fête costumée, qui refusait d'aller au lit alors qu'elle était manifestement l'heure pour moi de me coucher.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Jeu 2 Fév - 19:22

« Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je vais rester au tutoiement. Donc, Selina, je comprends ta méfiance et elle est parfaitement légitime. Simplement, et peut-être que ça va te surprendre, je ne te veux vraiment aucun mal. Penses-y. Je suis une génie. Je m’ennuie donc facilement. Tu es la première personne à me faire sortir de mon coin perdu depuis… Une éternité. Tu comprends? »

Je ne dis pas que ça va la convaincre mais… Je ne peux pas faire grand-chose de plus. Elle est fatiguée, à bout de force et penser n’est plus trop dans ses options. Il faudrait qu’elle dorme mais elle ne veut pas le faire. Ça aussi c’est compréhensible. Elle a été passablement traumatisée après tout. C’est donc à moi de m’assurer que… Comment dire… Le retour sur terre se passe bien. Je peux le faire, ça. La plonger dans un sommeil réparateur et paisible. C’est plutôt simple, en fait. Maintenant, est-ce qu’elle va m’en vouloir si je le fais… Ça je ne saurais le dire. Peut-être. Ou peut-être pas. Si c’était de moi dont il était question, je serais reconnaissante. Je serais reconnaissante car très franchement, si je ne peux trouver le sommeil par moi-même, une aide bénéfique serait alors la bienvenue. En fait je suppose que tout va se jouer sur le réveil. Pourquoi?

Selina m’a donné suffisamment d’éléments pour que je cerne un peu mieux qui elle est. Elle n’a pas eu la vie facile, déjà en partant et ce facteur fait en sorte qu’elle se méfie de tout et de tout le monde, dans une certaine mesure. Elle s’attend à être trahie. Elle s’attend à ce que les choses se passent mal. Si je peux lui éviter ça, je le ferai. De bon cœur, même, précisons-le. Il est temps de lui faire connaitre quelque chose de nouveau et de réconfortant. Je suppose que je devrais le lui mentionner même si je vais le faire quand même. Dormir lui fera le plus grand bien et peut-être qu’une fois reposée, elle sera moins… Comment dire… Incisive? Parce que franchement, elle n’est pas des plus agréables, là. Espérons une amélioration de la situation avec un dodo bien réparateur. Et puis bon, elle est déjà couchée sur les coussins, ce n’était pas comme si…


« De toute façon, il n’est pas question de moi. Je suis la génie, j’exauce les vœux. C’est moi qui suit au bas de la chaine hiérarchique. C’est toi qui est au somment. C’est de toi dont il faut prendre soin. Un peu de sommeil te fera le plus grand bien et je vais t’en offrir une dose réparatrice et 100% sans cauchemar. Paisible, paisible, paisible. Ne me remercies pas, c’est tout naturel. À dans quelques heures! »

Non, je n’ai pas drogué le thé et je ne me donnerai pas la peine de répondre à de telles accusations. Mais un claquement de doigts plus tard, si tout a fonctionné comme prévu, elle est en train de dormir du sommeil du juste. Et je l’espère d’ailleurs car elle en a besoin. Et comme elle a laissé tomber son orbe, je l’ai naturellement ramassé et mise dans un coffre pour garder la chose en sûreté. Les petits détails. Tout est dans les petits détails. On ne le précisera jamais assez. Même ce personnage complètement improvisé que je joue fait appel à ce principe. Je suis d’ailleurs plutôt fière du résultat. Pauvre humaine, pauvre mortelle. Aux prises avec des problèmes bien plus gros qu’elle. Qui ou quoi son employeur voulait faire venir ici? Parce qu’il faut réaliser une chose. Il y a de véritables monstres de l’autre côté du miroir…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Mar 7 Fév - 17:33



Impossible pour moi de dire à partir de quand je m'étais assoupie. En revanche, je sentis intuitivement avoir dormi longtemps ; le réveil avait ce brumeux parfum de retour tardif à la réalité. Et j'avais l'estomac bien creux, aussi (autre indice, plus terre-à-terre, de la longueur de mon sommeil). J'ouvris timidement les yeux pour découvrir un décor étranger, tout droit sorti des mille et une nuit. Ensuite, le contact étrange d'étoffes turquoises sur ma peau m'apprit quelle tenue saugrenue je portais en ce moment. Puis, tout me revint par flashs désordonnés. La créature bleue d'une autre dimension. Les vœux. Ma chute de l'avion. L'Orbe. La vieille maison à Trakai. Le thé à la menthe.
Ma tête retomba lourdement sur les oreillers. J'eus soudainement envie de rester allongée là, parce que me relever impliquait de devoir réintégrer cette espèce de torrent déchaîné qu'était devenue ma vie. Dire que les événements des dernières vingt-quatre heures ressemblaient à un rêve fantasque constituait un très bel exemple d'euphémisme. Malheureusement, les songes se terminaient au réveil ; ouvrir les yeux et retrouver les choses telles que je les avais laissées m'ôtait la possibilité d'enterrer mes souvenirs de génie bleue et de mort frôlée sous la rassurante bannière des cauchemars.
Mon estomac gargouilla de façon particulièrement audible ; de gêne, mes mains firent mine de vouloir étouffer ce son caverneux (trop tard ! Mon statut d'affamée avait été établi).


Heu... Si c'est offert par la maison, je prendrais bien quelque-chose, pour le petit déjeuner... Demandais-je timidement à l'autre occupante de la tente (dont le nom m'échappait...), d'une voix encore ensommeillée, en me redressant sur mes coudes.

Si ma mémoire ne parvenait pas à me restituer tous les détails d'avant mon somme, je restais consciente d'une chose : sans cette étrange faiseuse de miracles, mon existence ne vaudrait pas un clou. À charge pour moi donc de ne pas trop la braquer, si je voulais continuer à bénéficier de sa gentillesse et de sa compassion (et de sa tente hors du Temps et de l'Espace, quoi que cela implique). D'un mouvement prudent de la main, je sentis que mes cheveux ressemblaient actuellement à un amas informe et pas très esthétique (chose à laquelle je remédierai
après avoir solutionné mon problème le plus urgent), puis me passai la langue sur les lèvres (qui n'étaient pas trop sèches. Merci le thé à la menthe !). Un raclement de gorge plus tard, je pris la parole, en marchant sur des œufs.


Hum... Au fait... Pour mon sauvetage... Merci. Fis-je, car il ne me semblait pas le lui avoir dit.

Effet bonus inattendu de mon remerciement : le nom de la génie (Mejishen) me revint en mémoire, grâce à la ressemblance phonique entre "merci" et "Mejishen". Courageusement (enfin, surtout parce que je me voyais mal continuer à lui parler en restant bien confortablement vautrée dans mes coussins telle un pacha), je me mis debout, en veillant à ménager mes muscles.


Je n'ai pas dû te laisser une très bonne première impression, ma pauvre Mejishen. Ma grimace eut autant à voir avec les courbatures aux quadriceps qu'avec la honte que j'éprouvais. Je me mets à ta place : une inconnue te somme de venir lui sauver la peau, t'embarque - sans te demander la permission, bien sûr - dans une situation nauséabonde, et se paie même le luxe de ne pas se montrer reconnaissante ! Résumais-je, sans langue de bois, avant de venir me poster face à elle, pour lui tendre la main.

Est-ce qu'on pourrait repartir à zéro ? S'il-te-plait ? Là, j'ai juste l'impression de mériter que tu me laisses mourir dans un volcan... Ma prière s'accompagna d'un regard aussi suppliant que celui d'un chaton désireux de ne pas se faire gronder après une grosse bêtise. Selina Kyle, aussi connue sous le nom de Catwoman. Ravie d'avoir "composé ton numéro" au moment de ma chute, et pas celui d'un rejeton infernal qui ne demanderait qu'à pouvoir me manger toute crue. Plaisantais-je (un peu mieux qu'hier), en réussissant à me retenir de foncer sur le petit déjeuner avant d'en avoir terminé avec ces présentations en bonne et due forme.
Hélas, parler de manger incita mon estomac à se rappeler à mon bon souvenir...


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Mar 7 Fév - 19:19

« Oh tu sais, ce n’est pas grand-chose. Si tu savais le nombre de personnes qui font juste abuser, abuser, et encore abuser. Et que je te souhaite ceci et cela et après barres toi, tu ne sers plus à rien! On s’y fait à la longue mais ce n’est pas forcément agréable pour autant. C’est le lot des génies je suppose. J’apprécie, énormément même mais je ne t’en veux pas pour… On va dire si peu. »

Le sommeil fait des miracles on dirait. La voilà bien plus agréable. Remarquez que je peux comprendre que le stress a été assez intense pour elle. Mourir est quelque chose qui en terrifie plus d’un et je suppose qu’inconsciemment ou non, c’est pareil pour elle. Je n’ai pas de raison valable de vraiment être fâchée contre elle. Oui, je peux être atrocement rancunière mais pas dans la présente situation. Je lui souris avec compréhension et compassion. Mon personnage n’existe peut-être pas réellement mais ce que je lui dis est réel. En tant qu’habitante de la Cinquième Dimension, je peux, en théorie, exaucer des vœux comme les génies. Combien de fois aies-je pensé avoir des amis qui en vérité n’ont fait qu’abuser de moi? J’ai perdu le compte il y a longtemps. Alors me faire passer pour une génie a deux avantages très intéressants pour moi.

Numéro un, des abus considérablement moindre. Trois vœux, point final. Ensuite, personne ne croira réellement quelqu’un qui va dire qu’un génie l’a aidé. C’est bien trop gros pour être vrai. Accessoirement, numéro trois, ça me permet d’en apprendre plus sur les gens si jamais je décidais de les rencontrer à nouveau en tant que moi, Maggie. Selina Kyle. Catwoman. Une petite recherche mentale m’en révèle plutôt pas mal à son sujet, essentiellement par des articles de journaux. Pas la personne la plus recommandable qui soit, apparemment. En même temps, je viens d’une famille dont le père est un ennemi de Superman et potentiellement de la Justice League au grand complet alors qui suis-je pour critiquer, hein? Et puis bon, une fois reposée, elle a l’air plutôt sympa cette jeune femme! Ne jugeons pas le livre à sa couverture et attendons de voir avec grand intérêt.


« À entendre ton estomac, tu as faim. On va arranger ça. Je vais te préparer un bon petit déjeuner et ça te permettra de reprendre des forces. Le sommeil, c’est bon pour la tête, la nourriture, c’est bon pour le corps! Et le cœur aussi, des fois. Rien ne vaut une bonne soupe poulet et nouilles quand on et malade. Comme je ne sais pas ce que tu aimes et que lire dans la tête c’est impoli, je vais improviser! »

Je fais ensuite apparaitre une multitude de plats divers et variés allant des fruits aux crêpes en passant par le bacon et le jambon. Il y a de quoi nourrir une armée mais de la bouffe conjurée ne se gaspille pas. Jamais voyons. Ça nourrit et quand on n’en a plus besoin on la fait disparaitre. J’espère qu’elle va aimer le mal que je me donne surtout qu’en théorie, ça devrait compter comme un vœu. Je ne le fais pas parce que je suis sympathique et que Mejishen l’est tout autant. L’essentiel c’est de s’amuser et c’est ce que je fais. Tant que c’est encore le cas… Bah je suppose que je peux bien faire quelques « cadeaux » à Selina. Je ne sais pas si elle va juste profiter ou apprécier. On verra en temps et lieu. Un peu de surprise dans la vie ne fait très certainement pas de tort! Vous pensez vraiment que ce serait « fun » de vivre, sinon? Allons donc!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Jeu 9 Fév - 22:21



On avait beau devoir s'y attendre, il y avait des petites phrases qui, lâchées sur un ton de conversation, provoquaient immanquablement une réaction de stupeur. Je savais que Mejishen pouvait réaliser les vœux, qu'elle était investie de pouvoirs pharamineux défiant l'imagination ; pourtant, en l'entendant mentionner sa capacité à lire dans les pensées, je me figeai, involontairement.


Lire dans mes pensées. Elle pouvait faire ça ?


Pour une femme comme moi, chérissant ses secrets et l'intimité de ses pensées, l'angoisse était paralysante. Savoir que la génie était en capacité de lire mes pensées suffit à faire renaître de vieilles craintes personnelles. Aussitôt, ma paranoïa repartit au triple galop : qu'est-ce qui m'assurait que Mejishen n'avait pas déjà visité ma psyché, fouillé dans les recoins de mon bulbe exposé à sa lecture ? Comment aurais-je pu me rendre compte d'une intrusion mentale ? Y avait-il seulement des signes, comme un mal de tête, ou une sensation d'étourdissement ? Rien ne lui interdisait de m'assurer ne pas lire mes pensées, et de me mentir (moi, c'est ce que j'aurais fait). Le stress, la sensation de perdre pied, m'agrippa les entrailles, tandis que je me forçais à avancer vers les victuailles, le regard sans doute un peu vitreux. Ma première bouchée de pancake eut un goût de carton et avaler s'avéra compliqué. J'avais la bouche aussi sèche que le désert de Gobi, et un début de sueurs froides qui me montaient sur la nuque. Je prolongeais ma mastication silencieuse pour laisser le temps à mon cerveau de se remettre du choc psychologique (je ne devais pas trop avoir l'air d'une femme affamée qui se jetait sur sa nourriture... Et pourtant, quelques secondes plus tôt, je me serais joyeusement remplie la panse sans prendre la peine de mâcher !). Difficilement, je me forçais à avaler ma bouchée insipide, qui descendit de mauvaise grâce vers mon estomac.


C'est délicieux ! Tu improvises vraiment bien. Merci infiniment, Mejishen ! Articulais-je en souriant un peu trop franchement à l'intéressée, alors que mes papilles gustatives demeuraient silencieuses.

Mon reste de pancake mourut noyé sous le sirop d'érable (un sort peu enviable, il fallait l'admettre), principalement parce que je réfléchissais encore à cette histoire de lecture des pensées en versant le sirop. Toutes proportions gardées, j'étais dos au mur. Quoi que je fasse, Mejishen pourrait lire mes pensées, c'était un fait absolu. Me rendre malade à cette idée n'y changerait rien, et prendre conscience de cela m'aida à passer outre (la vie à Gotham vous incitait à adopter cette philosophie du désintérêt pour les choses sur lesquelles votre influence ne pouvait rien). Par un mécanisme psychologique dont j'ignorais tout, à mesure que ma paranoïa reflua, les aliments se remirent à avoir du goût, et je pris enfin conscience du bonheur qu'était ce petit déjeuner pour mon estomac. Graduellement, je me mis à augmenter la cadence, parce que tout ce qui se trouvait exposé sous mon nez me faisait envie.


Dis-moi, Mejishen... Est-ce que les génies doivent manger ? Ma question survint entre deux bouchées (de bacon puis de banane, respectivement), parce que je me sentais un peu coupable de mastiquer à belles dents sous le nez de Mejishen.

Une partie de moi craignait aussi qu'un génie ne puisse pas se nourrir sans l'aval de son maître (Aladdin ne mentionnait rien, à ce sujet), ce qui aurait rendu mon attitude suprêmement insultante pour la pauvre créature extra-dimensionnelle. Hypothèse alternative : les habitants de la quatrième dimension ne pouvaient pas manger d'aliments en trois dimensions (une histoire de toxicité ?) et inversement.
De ce que je savais, ma colocataire de tente n'avait pas d'attachement particulier aux règles de savoir-vivre ; que je lui parle la bouche pleine ne risquait pas de la gêner.


Résumons : des types pour qui j'ai volé un Orbe d'Appel veulent à présent me tuer (parce que j'en sais trop, et parce que ça fait des économies). Je sais qu'ils sont au moins trois : deux gros bras aux capacités inconnues, et mon commanditaire. Évidemment, pas un ne m'a donnée son nom ; même le type que j'avais contacté pour accepter le contrat usait d'un alias (pas très inspiré, en plus). Je pars de zéro pour savoir contre qui je lutte. Pareil pour leurs motivations : que comptaient-ils faire de l'Orbe ? Sans doute s'en servir, mais pour faire venir qui ? Pensais-je à voix haute, dans une forme restreinte de brainstorming (parce que nous n'étions que deux, pour faire tempêter nos cerveaux).

Une fois de plus, mon irremplaçable cerveau fit tardivement un lien logique, et la crêpe garnie d'abricots que je m'apprêtais à enfourner dans ma bouche tomba à terre.


L'orbe ! Où est-elle ? M'inquiétais-je, en me redressant brusquement.

Je me souvenais l'avoir lâchée à un moment, mais sans la trouver nulle part du regard dans la tente. Pourtant, mon verre vide se trouvait encore là, lui...



_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Ven 10 Fév - 4:11

Je ne suis pas idiote, je vois bien que quelque chose la trouble. Les gens pensent souvent qu’ils sont super doués pour dissimuler ce qu’ils pensent. Ceci dit, même si je ne suis pas experte en lecture du langage corporel, je sais quand quelqu’un n’apprécie pas ma cuisine pour de vrai. Elle a fait semblant d’aimer parce que quelque chose (quoi, je ne sais pas) la dérange. Et je compte bien découvrir de quoi il s’agit. Enfin. Dans la mesure du possible. Ce serait impoli de trop insister, de toute façon. En tout cas elle se ressaisit vite. Je n’aimerais pas jouer au poker contre elle. Quelqu’un qui rebondit comme ça serait un adversaire redoutable. Elle me demande si j’ai besoin de manger. Oui. Non. C’est compliqué. Je peux survivre sans rien manger que vous consommeriez comme repas. Ceci dit, je suis une grande gourmande donc…

« Oui nous pouvons manger. La plupart d’entre nous préfèrent subsister sur des nourritures jugées plus nobles. Les pensées, les émotions, ce genre de choses. Moi? Rien ne vaut le chocolat, cette invention divine des humains. Mille fois béni soit l’inventeur du chocolat au lait. La plupart des génies sont affreusement snobs et malveillants. Moi? Je suis une grande farceuse et une grande curieuse. »

Je lui dis ça comme si de rien n’était, comme si dire « je pourrais me nourrir de tes trucs les plus intimes et les plus secrets » était parfaitement normal. Ceci dit, une telle désinvolture indique que je me fous complètement de ça et que je ne le ferais certainement pas. Elle n’a pas à s’en faire et ça se sent dans ma voix. Cette jeune femme est dotée d’un redoutable intellect : elle sait jauger et juger d’un coup d’œil. Si elle n’a pas encore compris que je suis globalement inoffensive, je vois mal comment faire. Je l’écoute parler avec attention par la suite et quand elle commence à paniquer pour l’ordre, j’étire paresseusement le bras pour désigner le coffre dans lequel je l’ai mis, avec une nonchalance frôlant l’effronterie. Du calme Selina. Du calme.

« Le machin? Il est dans le coffre là-bas. Faut pas s’en faire. Je suis une professionnelle. Ça n’en a pas l’air, considérant votre réaction mais je suis une génie adulte, majeure et responsable. Merci pour le vote de confiance. C’est parce que ma tenue est ultra légère et que je suis sympathique que vous me prenez pour une amatrice? Pas besoin d’avoir l’air bête et froid pour être une pro, vous savez? Je serais presque vexée.

Je plaisante, Selina. Je plaisante. Enfin. À moitié. Je ne suis pas vraiment fâchée. Piquée dans mon orgueil… Oui. Je veux dire, quand même... Mais rien d’irréparable. Ne vous aies-je pas dit que vous étiez en sécurité ici? Je sais que la confiance se gagne mais quand même. Et parlant de confiance… Je veux toujours savoir c’est quoi cette histoire de dominatrice que vous avez mentionné précédemment… Maitresse Selina! »


J’éclate d’un rire joyeux et je la regarde avec espièglerie. Je ne lui en veux pas. Pourquoi lui en voudrais-je, au juste? Je comprends sa prudence. Sa méfiance. Mais là… Les choses amusantes vont commencer. Parce qu’une fois rassasiée et comme elle est bien reposée, je n’ai plus aucune raison de la ménager. Je suis une farceuse. C’est dans ma nature. Et là, je veux dire… J’ai une occasion en or de m’amuser avec une femme que je suppose être haute en couleur. Autant en profiter, voilà ce que je dis. Parce que sérieusement, la vie, il faut mordre dedans à pleines dents! Sinon elle est fade, sans goût et ne vaut pas la peine de… De… Bah d’être vécue, voilà tout! Alors on sourit, on se motive à l’effort et je vous garantis que dans une heure, deux maximum, elle aura de quoi raconter à ses descendants pour des générations. L’expérience Maggie, mesdames et messieurs!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Sam 18 Fév - 22:12



Il me faut bien le petit laïus de Mejishen et son rire de dédramatisation pour réaliser à quel point ma panique était injustifiée. Tandis que l’expansive génie fait mine de s'insurger de mon manque de confiance, je retrouve progressivement mes facultés de raisonnement. Au lieu de me jeter sur le coffre qu'elle me désigne, je reste sur place, à me demander ce que j'aurais de toute manière pu faire d'un artéfact dont j'ignorais le fonctionnement. À la revente, en revanche, un Orbre d'Appel devait rapporter une somme diablement belle... Mais mon intuition de voleuse me soufflait que les justiciers n'approuveraient pas la transaction. Si ce n'était pas Batman lui-même qui venait me gronder, ce serait son homologue en gestion des infractions inter-dimensionnelles (docteur... Quelque-chose. Très porté sur les couleurs criardes et désuètes ; pas le genre à se laisser piéger par ma personnalité féline).

Hummm... La curiosité serait un vilain défaut que nous avons en commun, alors ? Lançais-je à Mejishen, en me rapprochant d'elle à pas légers pour planter mon regard (couleur chocolat au lait, un vrai coup de chance pour moi) dans le sien.

Autant te prévenir tout de suite : mon passé amuserait certainement plus un génie snob ou malveillant qu'une gentille farceuse... La prévins-je en adoptant un air désolé, reprenant à mon compte ses propres termes. J'ignore ce qu'il en est dans ta dimension, mais dans la mienne, tout le monde ne court pas après les anecdotes remplies de coups de fouet, de cuir moulant et de lamentations d'hommes mis au supplice... Or, si je dois te raconte mon passé de dom', il faudra en passer par là.

Oui, je faisais exprès d'en dire peu, mais suffisamment pour titiller sa curiosité (en jouant sur le côté "sujet réservé à un public averti"). Mejishen était une génie faiseuse de vœux, qui jusqu'alors m'avait semblée détachée de toute contrainte. Pour la première fois depuis notre rencontre, j'étais en possession d'une chose qu'elle désirait et ne pouvait acquérir en claquant des doigts... J'aurais été idiote de ne pas en profiter pour au moins la faire saliver un peu (et je voulais vérifier si, soumise à la tentation, elle pouvait réellement résister à l'envie de lire mes pensées). Mon attitude manquait certes un peu de maturité, mais j'avais encore le changement de tenue en travers de la gorge (et je ne prétendais pas être une gentille fille).

Bien que rassasiée, je continuais de piocher ça et là quelques fruits pour les porter un à un lentement à ma bouche, par gourmandise (et aussi un peu pour jouer sur le caractère sulfureux de notre sujet de discussion, ne le cachons pas).


Puisque nous sommes entre professionnelles coutumières des tenues faites pour alimenter l'imagination, je ne tournerais pas autour du pot : à l'époque où la puberté avait fait son œuvre, la jeune femme vivant dans le rue que j'étais compris que l'activité la plus rentable dans ma situation commençait par "prosti" et finissait par "tution". J'avais relaté cette histoire suffisamment de fois pour pouvoir en parler comme d'une balade au parc. Dans ce milieu, il existe tout un tas de sous-catégorie, certaines mieux payées que d'autres. Jouer les dominatrices, ça rapportait souvent plus, et ça impliquait de passer moins de temps allongée ; seulement attention ! Le fouet ne fait pas la dom'. Précisais-je à mon auditrice d'un ton doct, en levant un index d'avertissement, avant de réduire toujours plus la distance nous séparant. Je pouvais désormais parler tout doucement et être entendue par Mejishen, m'exprimer d'un timbre feutré qui cadrait tout à fait avec mon sujet d'exposé. Ceux qui engagent une dominatrice veulent qu'on leur promette exactement ce qu'ils ont en tête, sans qu'ils aient à le dire ; ils n'aiment pas qu'on leur cède trop facilement, mais détestent également que leur plaisir n'arrive jamais. Pour ce genre d'exercice, il faut savoir jauger l'autre, sentir quand on peut prolonger son attente, ou au contraire quand il est temps de lui donner pleine et entière satisfaction. Décrivis-je, suave comme un lin de soie se promenant sur l'échine de mon interlocutrice.

Exactement. Comme. Maintenant. Égrainais-je du bout des lèvres, avant de sourire pour signaler à la génie que ma confession s'arrêterait là pour le moment.

Est-ce que je pourrais récupérer mes vêtements, maintenant, Mejishen ? Ou est-ce que tu attends une petite danse du ventre avant de me rendre une apparence décente ?

Sans transitions, je ramenais notre échange à un sujet qui m'intéressait plus, tout en tendant volontairement une immense perche à la créature aux cheveux de feu. Si Mejishen se montrait intéressée par une prestation de ma part, alors je disposerais d'une monnaie d'échange contre elle (dépendre exclusivement de la bonne volonté d'autrui me mettait invariablement mal-à-l'aise ; traumatisme gothamite).

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Dim 19 Fév - 0:10

Elle est vraiment marrante! Je suis trop contente d’être venue tiens. Je ne suis pas déçue de la balade. Et puis bon quelques confidences poivrées c’est au minimum intéressant bien que pas forcément ma tasse de thé. Je suis majeure et vaccinée mais les trucs trop… Terre à terre ou un brin déprimant ont tendance à susciter chez moi une légère répulsion. Je veux m’amuser. Je veux profiter de la vie. Je veux que les autres s’amusent et profitent de la vie avec moi. Les années ne sont rien pour moi. Il n’en est pas de même pour les humains que je côtoie sur une base plus ou moins régulière. Eux, ils ont une « date d’expiration ». Et c’est je pense le tragique de la chose. Quoi qu’on veuille y faire, c’est ainsi. Tout simplement. Il y a des choses avec lesquelles on ne joue pas. Jamais au grand jamais. Mais je m’égare, je m’égare encore…

Je sais ce qu’elle fait. Elle joue le jeu de la tentatrice. Je suis curieuse. À l’excès, parfois. Et il y a une part de séduction aussi, que ce soit volontaire ou non. Elle est dangereuse, cette femme. Extrêmement dangereuse. Elle sait manipuler les gens et si je n’étais pas moi, je parierais qu’elle aurait réussi à se récolter un vœu de plus. Ceci dit, elle ne connait que ce qu’elle voit et ne sait pas qui je suis ni mon parcours. Quand vous vivez dans la Cinquième Dimension, la tentation bah… C’est votre voisine de palier, en fait! Ah mais je vous jure que quand vous disposez pratiquement de l’omnipotence, c’est difficile de ne pas succomber! Et comme je suis la fille de mon père et que mon père est parmi les plus puissants d’entre nous… Il faudra plus que ça pour vraiment me faire craquer. Ma curiosité est définitivement titillée et je serais tentée de réagir de façon déraisonnée.

TRÈS tentée, même. Je suis très joueuse, j’aime les farces et à temps perdu les jeux de l’esprit. Et Selina est une adversaire de taille là-dessus. Félicitations à elle d’ailleurs. Mais je ne dois pas céder. Je dois laisser l’impression que j’hésite par contre et donc mon visage montre ce qu’il doit montrer, surtout à cette proposition de danse. Je veux dire, Selina est loin d’être laide, c’est une criminelle endurcie et une femme fatale par-dessus le marché. Le spectacle promettrait donc d’être fort intéressant… Mais je lui rends des vêtements plus normaux. Spécifiquement, elle est habillée en chemise et tailleur, comme une PDG d’entreprise. Le décor aussi change, d’ailleurs, ressemblant plus à un penthouse qu’à une scène des mille et une nuits. Bah quoi : ça ferait vraiment tache, sinon et j’aime quand les choses s’harmonisent. C’est mon côté artistique qui ressort, ça.


« Vous savez ce qu’on dit par rapport à la tentation, pas vrai? Je vais donc poliment décliner l’offre avant de faire un pacte avec le diable, ô diabolique manipulatrice que vous êtes. Ceci dit, la vraie question c’est qu’est-ce que moi je peux faire pour vous? Il vous reste deux vœux et un artefact de grande puissance à gérer. Reste à déterminer lequel demande le plus d’efforts : l’orbe ou moi, la farceuse? »

Si elle doit avoir une impression, c’est qu’elle est capable de faire des gains si elle y met l’effort. Moi je ne la juge pas et un jeu est un jeu. Si elle veut obtenir quelque chose ou avoir plus que ce que le contrat précise, c’est à elle d’user de la ruse, de son intellect, de son talent voire de son charme pour se jouer de la génie. Qui plus est, j’ajoute que techniquement, génie sympathique ou non, personne ne donne autant « pour rien ». Elle peut donc déduire que comme elle est la première personne que je vois depuis une éternité, je ne compte pas retourner à la solitude de sitôt. Sinon pourquoi ne pas lui mettre la pression pour faire des vœux? Voyons voir l’approche de Selina. Ce qu’elle veut avoir, en définitive, ce qu’elle va souhaiter et comme elle va jouer ses cartes. Je résisterai à la tentation : pas de lecture mentale. Où serait le plaisir de jouer sinon?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Mar 21 Fév - 15:14



Ma réaction se décomposa en deux temps, lorsque je vis mes vêtements muer pour prendre une nouvelle forme. D'abord, il y eu le soulagement. J'étais satisfaite d'avoir acquis gain de cause auprès de la génie, et de retrouver une allure plus familière. Naïvement, je soupirai de soulagement.
Mais Mejishen, bien sûr, ne se contenta pas de me rendre mon pantalon, mes bottes et mon haut : non, à la place, j'eus droit à la parfaite panoplie de directrice des ressources humaines. Une tenue certes plus facile à assumer que mon ancien déguisement de princesse d'Agrabah, mais nettement plus contraignante en terme de liberté de mouvements. J'étais une bondissante féline cambrioleuse, fallait-il le rappeler ; j'adorais lancer mes jambes en l'air, me plier et me courber à loisir, enchaîner les cabrioles et les roulades défiant les articulations ; désormais prisonnière d'un tailleur (gracieusement offert par Mejishen), je ne pouvais m'aventurer à la moindre excentricité de ce genre. Que vouliez-vous faire, quand une modeste roue risquait de fendre votre tailleur ? (peut-être était-ce ce que la génie espérait, cette fripouille ? Me voir déchirer l'étoffe dissimulant mon bassin après un grand écart spontané, ce qui me laisserait avec la moitié inférieure du corps aussi découverte que sa paire de jambes bleues ? De ce que j'avais pu voir, ça cadrait très bien avec sa personnalité débordante de malice un poil portée sur la ridiculisation).
Emportée par mes tentatives maladroites de profilage, je fus une simple spectatrice du changement de décor, qui lui, constitua une réelle amélioration. Hé oui ! Je demeurais une éternelle citadine : les intérieurs de ville me confortaient infiniment plus que la plus spacieuse tente orientale (quant à savoir si Mejshen avait simplement modifié l'apparence de notre petit coin en-dehors du Temps et de l'Espace, ou nous avait juste téléportées chez quelqu'un... Impossible à deviner). En éternelle fouineuse, je me mis à fureter un peu dans mon nouveau cadre, écoutant avec un air faussement déçu la professionnelle adulte et responsable passer son tour, pour ce qui était d'une danse privée. Mon regard provocateur, surtout, exprima l'inusable formule " Dommage... Tu ne sais pas ce que tu rates... " (quand bien même je me réjouissais intérieurement de ne pas avoir eu à me déhancher au rythme d'une musique lancinante).


Oh... On en revient aux vœux, alors ? Regrettais-je avec une parodie de moue chagrine (je commençais sérieusement à me prendre au jeu des allégations alléchantes). Tu es déjà lassée de mes confidences, Mejishen ? Et moi qui comptais te parler de mes 10 anecdotes les plus croustillantes... Ronronnais-je, incapable de m'arrêter sur ma lancer.

Petite inclinaison asymétrique des épaules, furtifs battement de cils : je me mis dans le rôle de la séduisante secrétaire flirtant avec son interlocutrice, retournant à mon timbre de voix feutré.


... La sixième t'aurait forcément prise au dépourvu. Racolais-je joyeusement, les mains occupées à remettre de l'ordre dans mes cheveux, en haussant les sourcils pour souligner ma certitude (après tout, elle venait de me dépeindre comme une "diabolique manipulatrice" sans que ça ait l'air de l'intimider véritablement ; pourquoi se priver ?).

Disons que j'avançais des pièces sur un espèce d'échiquier invisible dressé entre Mejishen et moi. Si elle mordait à mes promesses sulfureuses d'histoires croustillantes, je tiendrais une carotte pour amener cette grande curieuse de génie à m'exaucer quelques vœux "bonus". Pour l'heure, j'allais surtout la laisser mijoter, la faire un peu languir, tout en réfléchissant à voix haute (face à quelqu'un capable de lire vos pensées, réfléchir ouvertement ou en interne me paraissait revenir au même).


Je constate que tu me presses à énoncer mes derniers souhaits, Mejishen... Mais que se passerait-il si je conservais un vœu non-exaucé ? Ça te forcerait à rester dans mes parages en continu, non ? Ou jusqu'à ce que j'invoque mon dernier souhait ? Tu n'es quand même pas du genre à mettre une date de péremption sur tes vœux, écrite en tous petits caractères pour que personne n'arrive à les lire ? Demandais-je (avec un ton peut-être légèrement accusateur... Et le regard qui allait avec).

Entendre l'Orbe revenir sur le tapis ramena également dans mes pensées mes problèmes courants, à savoir : la menace de mort pesant sur ma petite personne. Or, si j'avais réussi à l'oublier quelques moments, mon angoisse revenait à vitesse grand V, retournant jouer avec mes nerfs. Sans vouloir me dédouaner de quoi que ce soit, il n'était pas impossible que mon ton moins suave ait été dû à ces glaçantes idées noires, revenues me tourmenter, alors que j'étais pourtant dans la réconfortante atmosphère posée d'un intérieur américain moderne. Si seulement ce soulagement né d'un bref oubli avait pu être permanent...

Oh ! Mais attendez... Nouvelle illumination !


Mejishen, je viens de trouver mon deuxième souhait ! M'exclamais-je, radieuse d'avoir – semblait-il – trouvé une solution viable à mes soucis. Plutôt que de lâcher mon vœu tout de suite, je pris néanmoins le temps d'en vérifier la faisabilité. Heu... Alors attends ; mettons que je te demande d'effacer la mémoire des gens qui me poursuivent, pour qu'ils oublient m'avoir envoyée récupérer l'Orbe d'Appel. Ça fonctionnerait ? Voulus-je savoir, les yeux à nouveau pétillants d'espoir.

Si l'idée était applicable, je n'aurais plus qu'à taire mon troisième vœu, et à moi la compagnie constante d'une génie de la quatrième dimension ! Génie qui, je le savais, pouvait se laisser aller à m'offrir des cadeaux gratuits (ne serait-ce que de la nourriture ou des tenues), et je comptais bien en profiter un maximum. Certes ça signifiait devoir "supporter" Mejishen au quotidien ; mais j'étais confiante dans mes capacités à m'habituer à ses plaisanteries (et il ne fallait pas perdre de vue les avantages que me procureraient la cohabitation).

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Mar 21 Fév - 22:24

Mais c’est qu’elle est redoutable! Je voudrais tellement jouer mais là, je risquerais de me brûler. Maudite sois-tu, curiosité! Tant de questions, tant de manœuvres que je voudrais essayer… Mais je ne peux pas! Je ne peux pas car si je le fais, qui dit que je vais sortir gagnante? Et pire encore : Selina sait comment manipuler les gens. Elle sait comment faire danser son monde. Elle a joué de malchance avec trois psychopathes en puissance, d’accord, mais moi je ne suis pas une psychopathe, beaucoup plus proche des humains que je voudrais l’admettre et comme ma vie en générale, c’est compliqué, sa nature aguichante et séductrice a un effet sur moi. Mais je dois résister bon sang sinon je vais me retrouver transformée en une usine à vœux pour le compte de la voleuse. Et ça je refuse. Enfin pas moi. Mejishen. Mais je ne peux pas me révéler moi!

Merveilleusement bien joué Selina. Vraiment cette humaine m’étonne. Un esprit si délicieusement malicieux… Et dire que sans moi, tout ce talent, toute cette maitrise et ce génie seraient une bouillie sanguinolente sur le sol moussu d’une forêt. Absolument inacceptable. Nous devons tout faire pour protéger le talent. Oui mais Selina est une criminelle! Et alors? Je suis qui moi, pour la juger? Ah oui. La fille d’un des ennemis de Superman, j’avais oublié. Je suis tellement bien placée pour parler! Ceci dit… D’accord mademoiselle la vilaine. Tu veux jouer cette carte? La génie bleue fort peu vêtue va jouer en retour et on va voir qui des deux va l’emporter. Je l’écoute, je la regarde, j’endure, je me fais violence pour ne pas me jeter à pieds joints dans le piège évident qu’elle me tend… Et ma vengeance sera terrible. Hum? Mais non, pas dans ce sens là! Rho  la la!

Pas une vengeance dans le sens vouloir faire un mal, non, plus dans le genre « moi aussi je peux te faire de petites blagues bien traitre ». Je suis curieuse de voir jusqu’où ce petit jeu va aller. En ce moment, Selina attend une réponse, à savoir si je peux effacer la mémoire de ceux qui cherchent à la tuer. Rien de plus simple ça. Je peux voir dans ses pensées qui ils sont et quand vous pouvez manipuler la réalité, je pourrais faire apparaitre une barre de rechercher géante, taper le nom et faire apparaitre un curseur sur mes « cibles » si cette fantaisie me venait à l’esprit. Sauf qu’évidemment, je ne suis pas une génie paresseuse. Je vais effectivement effacer tout souvenir qu’ils ont de Selina et pas que ça. Du contrat. De l’Orbe, aussi. Et là c’est partir comme les branches d’un arbre, à trouver dans la trame de la réalité qui est connecté à tout ceci.  Voilà, voilà…

Tout est effacé, tout est tout beau, tout propre. Selina est riche du montant de son contrat, la perte dans les finances de son commanditaire expliquée par « des dépenses d’entreprise » et personne d’impliqué dans cette sordide affaire n’a le moindre souvenir de quoi que ce soit. Je leur mettrais Selina sous le nez, ils la reconnaitraient peut-être comme personne mais aucun d’entre eux ne ferait « c’est la greluche qu’on devait butter ». Je suis une professionnelle, ne l’oubliez pas. Et je vous ai parlé de ma petite vengeance… Je souris à Selina et avance vers elle, j’entre dans sa bulle. Réflexe naturel, elle recule et moi j’avance et elle recule puis elle finit par tomber assise dans un fauteuil et elle finit avec moi sur les genoux. La douceur de ma peau, la chaleur de mon corps… Elle peut admirer de beaucoup plus près ô combien je suis peu vêtue et ô combien ma plastique ferait des jalouses, ici et ailleurs. Je me penche, mon souffle chaud contre le côté de son cou puis murmure à son oreille.


« Faites attention maitresse, à jouer avec le feu, on finit par se brûler… Deux vœux d’exaucés, il en reste un. Un conseil. Moi à votre place je ferais attention. Un génie ne peut faire de mal à son maitre tant qu’il est à son service mais il peut lui en faire voir de toutes les couleurs. Plus encore, cette clause n’est plus valable les souhaits accomplis. Raison de plus pour bien traiter son génie, vous ne pensez pas? »

Je rends coup pour coup. Elle veut jouer les séductrices, je fais pareil. Et là en plus je lui ai foutu un sacré doute dans la tête car je viens de lui dire, essentiellement « il n’y a pas de date d’expiration sur les vœux mais je peux te troller au point où tu seras à deux doigts de souhaiter que je disparaisse ». Et puis bon, lire dans ses pensées plus profondes, plus intime, ce serait juste méchant mais ses pensées de surface indiquent qu’elle trouve cette tenue trop contraignante alors pourquoi ne pas lui offrir une tenue plus dans ses cordes? Quelque chose de classe me de super moulant en même temps, pour bien la mettre en valeur et épater la galerie. Le décor change un peu en conséquence. Là ça ne fait plus directrice des ressources humaines, ça « je suis pleine aux as et j’ai le meilleur penthouse de New York ». C’est MA dimension de poche, bon.

« Vous qui aimez les histoires, j’en aurais long aussi à raconter. Pas besoin de lire tes pensées de surface pour voir que tu comptes m’utiliser. Tu sais ce qu’on dit Selina? Il n’y a de meilleures chaines que celles qu’on choisit. Si tu veux tant te servir de moi sans que je ne te pourrisse la vie, qu’as-tu à offrir, au juste? Ça fait deux vœux que j’exauce, deux fois que je te sauve la vie. Et tu sais ce qu’on dit : jamais deux sans trois.

Je dis ça, je dis rien mais imagine que tu es dans les ennuis jusqu’au coup et sans vœux en banque. Ce serait quand même sympa qu’une génie sorte de nulle part, te sauve la mise et reparte. La loyauté ça se gagne, comme le respect ou l’amitié. Alors dis-moi, madame la criminelle et je veux la vérité. C’est quoi tes plans avec moi? Abuser de vœux gratuits parce que je suis sympa au naturel? Fais gaffe. Si tu mens, je le saurai. »


Je ne menace pas. Je joue. Je joue et je m’amuse. Cette humaine est particulièrement intéressante et tant qu’à jouer plus longtemps ce rôle, en faire un personnage sur la durée, je veux savoir dans quoi je m’embarque, si je peux lui faire confiance. Je ne lui dis pas, bien sûr mais j’ai utilisé un petit truc sur elle. Si elle ment, elle va avoir l’impression de mordre dans un citron pourri. Le mensonge, ça a mauvais goût et je vais en faire quelque chose de littéral. La question, Selina, c’est jusqu’où est-ce que tu es prête à manigancer et où tu tires la ligne en te disant que oui, tu peux vraiment me faire confiance et ce que tu voudrais me faire faire en me manipulant, je pourrais tout aussi bien le faire de façon volontaire? Je suis curieuse. Mais ça… Ce n’est pas nouveau. Une chose est bien certaine : on va s’amuser elle et moi. Il lui reste un vœu!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Lun 27 Fév - 14:49



De manière plutôt hallucinante, je sentis la situation m'échapper des mains extrêmement vite. Quoique... Un observateur extérieur et attentif aurait sans douté été nettement moins surpris que moi, tout bêtement parce que moi, je m'étais aveuglément laissée berner par la personnalité agréable de Mejishen. En apprenant qui elle était, tout ce qu'elle pouvait faire, j'avais éprouvé une instinctive (et justifiée) peur, qui s'était progressivement faite bercer par les remarques légères et les gamineries inoffensives de cette créature de la quatrième dimension. Sauf que la jeune femme à la peau bleue sur qui j'essayais mes petits numéros possédait dans son seul index plus de pouvoirs qu'un métahumain de Central city ! Et (plus grave !) je l'avais laissée me persuader qu'elle ne me ferait aucun mal, en me fiant pour ça uniquement sur ses mots.

Je me sentis rapidement très (très très) mal à l'aise, en l'observant m'approcher, son regard incandescent braqué sur moi. J'avais beau faire la séductrice, les femmes, je ne savais que les trouver jolies ; fondamentalement, elles ne m'attiraient pas. Aussi, quand Mejishen se mit à son tour à faire dans le charme, je sentis mes jambes reculer automatiquement... Jusqu'à m'effondrer dans un fauteuil, avant de me découvrir moi-même siège de la génie lorsqu'elle s'installa sur mes genoux (cette très forte proximité ne m'excita pas plus que ça). Métaphoriquement piégée dans ses griffes, je fis de mon mieux pour conserver un air imperturbable (après tout, mon passé professionnel m'avait déjà obligée à pire !). Hélas, la suite me fit l'effet d'une douche glacée, lorsque mine de rien, Mejishen commença à me chuchoter de faire attention, en m'indiquant qu'une génie ne pouvait pas faire de mal à son maître, mais que cette restriction volait en éclat à l'issue des trois vœux. Sous ses dehors onctueux et son aspect envoûtant, elle me menaçait des pires représailles. Chose qui me coupa net la respiration, à mesure que mon imagination s'aventurait à se représenter à quoi les représailles d'une génie pouvait ressembler.

En gros, Mejishen me laissait le choix : soit je souhaitais vite mon dernier vœu sans lui prendre la tête, et elle se retrouverait tranquille ; soit je me décidais à faire la maline, en ne formulant pas mon dernier vœu, et elle s'occuperait de me pourrir la vie sans me faire du mal, pour m'obliger à exprimer son souhait de libération, lequel lui laisserait quartier libre pour se venger sur moi, puisque je ne serai alors plus sa maîtresse. D'un coup, ma précédente situation ne me parut plus si horrible. Mejishen m'apparut soudain comme une panthère : belle, fascinante, et capable de se faire passer pour une créature sans dangers... Jusqu'à ce qu'elle ne découvre les crocs, et sorte les griffes ; alors revenait le prédateur, la bête capable de tuer vite, et bien. Je n'avais plus qu'un souhait à ma disposition, pour me tirer de ce guêpier, et la génie se plaisait à me le rappeler, à sa manière très personnelle. J'eus en parallèle droit à un nouveau changement de tenue, pour une combinaison noire (très similaire à celle que j'utilisais en tant que Catwoman... À la différence qu'elle était en vinyle. Un peu tape-à-l'œil, luisant et bruyant, mais ça restait une belle amélioration par rapport à la jupe et la tenue de danseuse).

Nerveusement, je modifiais un peu ma position dans le fauteuil, tout en écoutant attentivement la requête de Mejishen. Elle était redevenue l'insouciante génie parlant avec légèreté, et dont la personnalité vous incitait immanquablement à baisser la garde ; je venais pourtant d'avoir un vif rappel de sa réelle dangerosité, et pourtant, quelques secondes, je fus tentée de me laisser à nouveau convaincre par ses allures de bonne copine et d'honnête faiseuse de vœux. Puis, tout aussi facilement qu'on battrait des cils, elle voulut savoir ce que je projetais
vraiment de faire d'elle. Question tout sauf innocente, lorsqu'elle venait d'une créature capable de lire les pensées, d'influer sur la réalité, et qui se tenait littéralement à deux centimètre de votre visage. Ma bouche sèche eut du mal à produire le moindre son.


Je ne...

Mon entame se bloqua quelque-part en travers de ma gorge, lorsqu'une contraction nerveuse de mon larynx m'obligea à déglutir. Je me sentais pressée de répondre à Mejishen, et conjointement désireuse de ne pas lui fournir une réponse qui puisse être perçue comme un mensonge (parce qu'alors... Elle risquerait de s'énerver). Trente-six phrases me passèrent par la tête, toutes voulant sortir par ma bouche en même temps. Comme si je ressentais le besoin de réfléchir en déambulant, je m'extirpais de sous cette créature bleue pour commencer à faire les cent pas, le cœur battant très vite. Faute de mieux, je mis mes cartes sur la table.

Oui ! Évidemment que je rêverais d'avoir à disposition une réserve infinie de souhaits ! Lâchais-je, en ayant le sentiment d'énoncer une évidence. Ma vie serait tellement plus facile et agréable, si je t'avais en assurance, Mejishen ! Soupirais-je amèrement, avant de lui lancer un regard démuni. Sauf que je ne vois qu'une chose, qui serait susceptible d'avoir une valeur à tes yeux... Et je me vois mal te la donner. M'excusais-je, d'une petite voix.

Je n'étais pas une voleuse au grand cœur, comme Aladdin ; impossible de me décrire comme un « diamant d'innocence ». Contrairement au héros de l'histoire, je ne me sentais pas capable de souhaiter que Mejishen retrouve sa liberté, qu'elle soit en mesure de rétorquer "même pas en rêve !" à qui lui demanderait le Nil. Et le pire, c'était que quelques minutes plus tôt, j'envisageais encore cette éventualité sérieusement. Mais il ne fallait pas confondre les contes et la réalité. Dans les histoires, libérer un génie constituait la bonne chose à faire, parce que le message moral s'appuyait sur cette décision. Or, je ne vivais pas dans un conte de fées ; que se serait-il passer si une créature extra-dimensionnelle comme Mejishen, capable de tout et de n'importe quoi, visiblement invincible, possiblement omnisciente, s'était retrouvée libre d'aller et de venir à sa guise, dans notre monde ? Je voyais déjà les justiciers inquiets de préserver l'équilibre des pouvoirs se jeter à sa poursuite, et elle, s'amuser à mettre tout sans dessus-dessous... La civilisation humaine se serait faite pulvériser par le chaos général en moins d'une semaine.

J'eus un sourire désabusé, à mesure que je réalisais à quoi allait me servir mon dernier vœu.


Franchement, à part ta liberté... Qu'aurais-je, moi, à t'offrir, que tu ne puisses pas te procurer en un claquement de doigt ?


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Lun 27 Fév - 18:57

« Tu vois Selina, c’est précisément pour cette raison que je t’aime bien. La mise en garde, le ton plus menaçant : pure mise en scène. Je voulais voir ce que tu as dans le ventre et j’ai vu ce que je voulais voir. Tu n’es pas un modèle de vertu mais suis-je ici pour te juger? Non. Seulement pour exaucer tes vœux. Oui. Tes vœux. Pas te forcer à souhaiter ma libération. Ce serait… Malhonnête. »

Mon sourire est franc, ma satisfaction sincère. Elle a du cran, cette humaine, de se tenir droite et sans trop fléchir face à des farces capables de la décimer sur un coup de tête, par pur caprice. J’apprécie cela chez elle. Elle est un roseau, elle plie, mais elle ne casse jamais parce qu’au final, c’est une combattante. J’aime cette forme d’honnêteté « no nonsense » chez elle où elle appelle un chat un chat sans chercher à embellir les choses ou à les recouvrir de miel. On va bien s’entendre, définitivement. Et puis bon, tout ceci est un jeu. Je veux qu’elle s’amuse, pas qu’elle me craigne, ce n’est plus drôle sinon. Ce n’est plus amusant pour personne. Une blague n’est plus une blague quand elle n’inspire plus quelque chose de positif, voilà la réalité des choses. J’ai gaffé un quelque peu, j’ai bien vu qu’elle a eu la trouille. Il ne faut pas voyons! Ce…

Ce n’était pas le but recherché, encore moins l’effet. Je voulais juste la mettre en garde car il existe des forces considérablement plus dangereuses que moi et capables de modifier la réalité à leur guise. Elle n’a rien à craindre de moi. À moins de faire quelque chose de prodigieusement stupide, et je mets l’emphase sur la chose, pourquoi voudrais-je lui faire du mal? Pourquoi souhaiterais-je son malheur? Je n’ai aucune raison logique de le faire. C’est à moi de réparer ma gaffe et je sais exactement comment faire. Je vais lui offrir un vœu gratuit! Évidemment, ce ne sera pas un vrai de vrai vœu gratuit, au sens où je dois quand même avoir l’air de respecter les règles des génies mais disons un vœu sympa qui devrait la ramener à un état autre que celui de la peur. Je ne veux pas utiliser ça pour arriver à mes fins. C’est l’apanage des tyrans et des mauvais méchants.


« Je me rends bien compte que je t’ai fait peur et que je t’ai rendue mal à l’aise et ce n’était nullement mon intention. Pour me faire pardonner, je vais faire quelque chose que je ne devrais pas faire : je vais te donner un vœu gratuit. Un vœu un peu spécial en plus. Tu vas choisir une pierre précieuse et un animal et moi je vais te créer un pendentif pour me faire pardonner. Pas du simili. Du vrai de vrai. »

Pour bien vous situer, le type de bijou que j’ai en tête se détaille au bas mot, en termes de prix, aux environs de 2045$. Pour moi, une broutille. À quoi sert l’argent quand on peut faire apparaitre ce qu’on veut? Ceci dit, offrir un bijou hors de prix à quelqu’un, c’est reconnaitre une valeur à la personne. Personne ne fait un cadeau extravagant juste pour le plaisir de la chose. Ou tout du moins, dans mon cas, sans une intention, sans un geste sincère derrière. Je le redis, je l’aime bien Selina. Elle n’est pas trop méchante et à sa manière elle amène sa part de chaos en ce monde à la recherche de nouveaux défis et de nouveaux larcins. Au moins, d’autant que je sache, elle n’assassine pas les gens et ne cherche pas activement à répandre le mal autour d’elle. C’est déjà beaucoup plus que bien des « super criminels » en ce bas monde, c’est clair.

« Écoutes, je ne veux pas te brusquer ou quoi que ce soit. Je ne veux pas que tu aies la mauvaise impression de moi. Tiens j’ai une idée. Choisis une activité. À défaut de me considérer comme une amie, fais comme si et on ira faire quelque chose ensemble. Si tu veux, on va voler une banque, si ça t’amuses. Le but étant de te ramener en terrain plus connu, face à des choses que tu connais et qui te sont familières. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Mar 7 Mar - 21:24



Ma main (de nouveau gantée) courut le long d'un vase qui faisait partie du nouveau décor de notre petite bulle artificielle, à Mejishen et à moi. J'avais beau savoir que tout ici pouvait s'évaporer en un instant, que ces tableaux, meubles, et œuvres d'arts n'existaient que selon la volonté de la génie, mon instinct de cambrioleuse s'éveilla malgré tout. En dépit du bon sens, j'avais déjà commencé à repérer quels objets valaient le plus, dans mes abords directs. Une partie de moi m'affirma que ce devait être une sorte de routine dont j'usais intuitivement pour me rassurer : ramener mes neurones à des considérations pragmatiques, pour éviter de penser à l'étendue de mes interrogations concernant les réelles motivations de ma bienfaitrice. Régulièrement, mon regard revenait vers cette femme que je ne me sentais plus trop d'approcher ; mon attitude indiquait clairement que j'écoutais tout ce qu'elle me disait, tout en vadrouillant d'un élément du décor à l'autre, dont je savourais l'élégance, le raffinement, la rareté.

Mon premier vrai temps mort dans mes déambulations survient lorsque Mejishen fit mention d'un "vœu gratuit". J'étais occupée à admirer le lustre d'une statuette de jade, et mon pouls fit une légère envolée. Résistant à l'envie de tourner mes yeux vers mon interlocutrice, je fis de mon mieux pour dissimuler la satisfaction qui venait de me traverser... Mais mon attitude dut paraître un peu trop indifférente pour sembler naturelle.
Une étape venait d'être franchie ! Sans trop savoir comment, j'étais parvenue à toucher la corde sensible de Mejishen, celle qui, titillée par mes soins, l'incitait à me faire profiter de quelques largesses géniesques. Forcément, ce premier pas vers une source inépuisable de vœux consistait en un début modeste (à savoir un seul souhait offert, et restreint à un usage très spécifique) ; cependant, maintenant que j'avais senti la faille, il ne me restait plus qu'à l’agrandir. En veillant à ne pas me mettre l'intéressée à dos. Heureusement, mes aptitudes à abuser de la bienveillance d'autrui avaient été éprouvées par trois longues décennies à Gotham.

Au lieu de me montrer réjouie et flattée par le cadeau de Mejishen, je me fendis d'un bref regard en coin, l'invitant tacitement à enchaîner tandis que, en apparence, je réfléchissais au motif et à la gemme qui composeraient mon bijou offert. En pratique, je n'attendais que de pouvoir passer à l'offensive. Apparemment déterminée à me mettre à l'aise, la faiseuse de miracle bleutée embraya sur une nouvelle proposition faite pour véhiculer sa volonté de m'être sympathique : une virée à deux dans l'activité de mon choix (légale ou non). Ma réplique suivit juste après. Croisant les bras sous ma poitrine, je fis pivoter mon corps pour être tournée droit vers Mejishen, à cinq bon (et sécurisants) mètres d'elle.


« Faire comme si ? » Repris-je, dubitative, en haussant un sourcils. Mais bien sûr, ma grande ! Faisons ça ! Mes intonations devinrent progressivement narquoises, et cyniques (l'objectif, c'était de la mettre sur la défensive, alors je ne pris pas de gants dans ma manœuvre). Quelques gesticulations accompagnèrent mes propos. Prétendons donc qu'il te suffit de me donner une babiole pour me faire oublier à quel point tu me mets mal à l'aise ! Et puis disons-nous qu'on est super copines, comme ça, je me sentirais vraiment en confiance avec toi, une génie de la quatrième dimension, à mes côtés ! Allez, au diable les conventions : chantons directement « Hakuna matata » en nous tenant la main !

Sur la fin, il me devenait de plus en plus difficile de savoir où mettre le curseur, sur mon exagération. Si je poussais le bouchon trop loin, Mejishen arrêterait de se sentir simplement coupable, et au lieu de cadeaux pour se faire pardonner, elle s'emporterait à son tour. Je mis donc au placard mon idée d'attraper un vase pour le jeter dans la pièce ; là, on aurait été à la limite d'une pièce de théâtre. Il me parut plus sage d'en rester au rôle de la pauvre voleuse davantage usée qu'agacée par l'optimisme surnaturel de Mejishen (une femme qui venait peut-être d'une dimension où les menteurs n'existaient pas, pour s'attendre autant à ce que je la prenne au mot...). Mains sur les hanches, je poussais un soupir (bruyant) avant de reprendre.

Soit. Tu tiens à ce qu'on fasse un truc ensemble, pour me montrer que tu es une fille sympa,intègre, et avec un signe astrologique parfaitement complémentaire au mien ? Oublie le bijou offert ; si tu souhaites sincèrement te faire pardonner...

Légère pause de mon côté, que je masquais en faisant mine d'aller m'adosser à un pan de mur. Le temps de changer de posture, j'avais tranché : il était encore trop tôt pour tenter de pousser Mejishen à m'offrir plus gros.

... Alors aide-moi à boucler la boucle. Conclus-je, avant de préciser, en levant l'index : Et interdiction de tout résoudre d'un coup de baguette magique !

Grâce à toi (et je t'en remercie), il y a trois types en moins sur Terre qui veulent ma mort, et mon implicaiton dans le vol d'une Orbe d'Appel a été effacée des mémoires. Reste l'impératif de remettre l'orbe là où je l'avais... « Empruntée », parce que sinon, son propriétaire réalisera bien vite son absence. Ce qui finirait certainement par me retomber dessus, d'après la célèbre théorie de l'emmerdement maximal. Voilà donc l'activité que j'ai choisie : retourner à Trakai pour nous infiltrer, l'une comme l'autre, chez quelqu'un, et remettre à sa place l'Orbe d'Appel. Sans tricher : je te veux aussi humaine que possible, pour ce coup. On va faire comme pour une opération habituelle : on se prépare, on établie un plan, et on se lance. Tout ça, dans un délai minimal.
Imposais-je.

Catwoman opérait sans filet ; de là venaient les émotions fortes, la satisfaction et l'excitation de sentir qu'une erreur me coûterait la liberté ou la vie. Si une génie pouvait parer à la moindre éventualité, alors autant la laisser téléporter l'Orbe à sa place ! Je voulais voir ce que savait faire de ses dix doigts cette créature à la peau d'azur, dans la peau d'une simple mortelle ; comment elle réfléchissait, sous la pression, et si elle arriverait à tirer son épingle du jeu (d'accord, je faisais aussi un peu ça pour mettre Mejishen dans une position où, clairement, j'aurais l'avantage de la pratique sur elle).


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Mer 8 Mar - 19:51

Ah… Je vois ce que tu essaies de faire, vilaine, ô vilaine Selina. Bien joué. Très bien joué même. Ceci dit, je vais te donner l’illusion d’accepter. Pourquoi? Parce que je ne suis pas idiote au point de remettre un orbe d’appel en circulation, bon sang! Du coup, je vais jouer la génie qui hésite, qui pèse le pour et le contre, qui ne sait pas trop si elle doit faire ou non, tout ça, tout ça. Ultimement je vais accepter, bien sûr. Mais jamais nous ne ramènerons cet orbe. Ce sera une copie inoffensive et c’est tout. Le vrai article restera sous clé dans une dimension de poche sous mon contrôle. Si ces gens ne se sont pas rendu compte du potentiel énorme de l’orbe, d’autres, comme les anciens commanditaires de Selina, le savent et voudront s’en emparer. C’est inévitable. Je ne compte pas laisser des imbéciles déclencher un cataclysme avec des forces les dépassant.

Maintenant, étudions les conditions fixées par Selina. Il faut se rendre à un endroit appelé Trakai. Sur ce point, se téléporter là-bas ne me semble pas hors des règles du jeu. Une fois là-bas, nous devons infiltrer un bâtiment donc la mission en tant que tel pour y ramener l’orbe. Spécifiquement, la copie que je viens de créer en douce et de substituer car rappelons que l’orbe est dans un coffre donc Selina ne peut pas voir au travers de ce dernier. De ce côté-là, pas de problème non plus. Elle me veut humaine, je suppose d’apparence et de capacités. Ça aussi je peux faire, ce n’est pas un problème. Reste à mettre sur pied un plan solide avant de se téléporter là-bas. Personnellement, je n’ai jamais tenté de voler quoi que ce soit dans le but de « mal faire ». Si je prends quelque chose c’est en général pour faire une farce. Je le remets la farce terminée.


« Je ne comprends pas pourquoi tu veux te casser la tête alors que je pourrais juste… Régler le problème instantanément. Ce serait moins… Dangereux? Risqué? Si on se fait prendre et que tu ne veux pas que j’use de mes pouvoirs, que ferons-nous? Que tu refuses le vœu gratuit, soit. Mais pourquoi te mettre volontairement en danger, ce qui pourrait nécessiter l’usage de ton troisième et dernier vœu? »

Je prends une apparence humaine malgré tout, là n’est pas la question, signe que j’accepte de me prêter au jeu malgré tout. Je suis une grande curieuse, cela a déjà été dit. Mais quelle apparence vas-tu prendre, Maggie? Selina Kyle. C’est Catwoman de Gotham ça! Alors pourquoi ne pas rester sur le même thème en devenant le sosie de Felicia Hardy? Vous savez, Black Cat dans Spiderman! Vous ne lisez pas de comics vous? Quand je lis ces trucs de chez Marvel, ça me fait bien rire avec leurs mutants et compagnie. Comme si notre bon vieux monde réel n’était pas suffisamment bordélique avec ses magiciens, ses guerres secrètes et ses méchants psychopathes. Une chance que c’est de la fiction parce que de ce que je sais, rajouter Galactus à toutes les puissances « cosmiques » qui veulent détruire la Terre… Non merci! Sincèrement!

Je disais donc que je deviens le sosie de Felicia Hardy mais évidemment, il faut que je provoque Selina sur qui des deux sera la plus sexy dans son costume. Tant qu’à s’amuser, autant le faire en grand, c’est moi qui vous le dit. Pour le moment, jouons le jeu. Je veux voir ce que Selina cherche à faire. Laissons la prendre le ton qu’elle veut, l’attitude qu’elle désire et laissons-lui l’illusion de marquer des points. Moi, tant qu’elle pense que l’orbe est revenu à sa place, le reste est de peu d’importance. J’aurais pu simplement lui effacer la mémoire mais où aurait été l’intérêt ou même le défi, à ce moment-là? Non, non, non. Et puis du reste, elle est au moins en partie la victime dans cette histoire donc ce serait comme tirer sur une ambulance. Vraiment pas cool. Je lui souris sous les traits de cette apparence parfaitement humaine, me demandant ce qu’elle a en tête comme plan…
[/justify]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Ven 10 Mar - 18:25



La réaction interloquée de Mejishen me tira un franc rire. Je la considérais, les yeux agrandis par la surprise de découvrir que, manifestement, la génie ignorait quel attrait pouvait avoir le danger.

C'est justement ça, qui fait le sel de l'existence ! Le risque, le danger, la possibilité palpable que tout se passe mal ! M'exclamais-je, en avocate passionnée par ma cause. Tu ne te sentiras jamais plus vivante qu'après en avoir réchappé d'une situation où le risque était omniprésent, te soufflant dans la nuque comme une bête impatiente de t'éventrer ! Ha, Mejishen... Soupirais-je, en compatissant pour cette femme qui était apparemment passée à côté d'une des plus formidables sensations que la vie ait à offrir.

Mon regard suivit avec un soupçon de condescendance l'apparition des traits que mon interlocutrice avait élus, pour entrer dans la peau d'une humaine. Silhouette ultra-féminine et ferme, gainée de noir avec de la fourrure blanche aux extrémités des bottes, gants et du col, surplombée d'une opulente crinière de la même nuance immaculée que la fourrure... En étant un brin paranoïaque, j'aurais pu voir dans cet accoutrement une caricature de ma propre tenue d'inspiration féline. Toutefois, en restant pragmatique, force était pour moi de constater que Mejishen avait obtempéré, malgré son hésitation explicite. Et bien que ça n'aurait pas dû m'influencer, je me sentis un peu plus à l'aise, en m'adressant à cette génie à l'apparence désormais cent pour cent humaine.


... Si tu n'as jamais goûté au grand frisson de l'adrénaline... Je te garantis que ça ne te laissera pas indifférente. Et je tiens à te prévenir : il est très possible que... Tu en deviennes accro. Lui lançais-je d'une voix suave, en me rapprochant d'elle de quelques pas.

Étais-je en train de créer un monstre ? En faisant découvrir à une femme de la quatrième dimension le délice piquant du danger, allais-je engendrer une génie incapable de se passer du grand frisson ? J'imaginais difficilement ce que quelqu'un comme Mejishen aurait à faire, pour retrouver le sentiment incomparable du stress courir dans ses veines ; s'il me suffisait de défier le vide ou les autorités, Mejishen, elle, devrait faire bien pire, pour se trouver face à une difficulté que ses pouvoirs ne sauraient résoudre... Et ce serait moi qui serait responsable de son changement d'attitude.
Le pire, c'était que je faisais ça sciemment ; je voulais être la marraine de Mejishen, celle qui lui aura fait découvrir un plaisir défendu, pour qu'elle se sente infiniment redevable envers moi (je misais sur la possibilité qu'elle apprécie autant que moi d'avoir le cœur tambourinant contre sa poitrine ). À bien y réfléchir, je me comportais un peu comme ces dealers, qui offraient gratuitement la première dose de drogue, pour rendre accro leurs futurs clients... C'est probablement pour cette raison que j'arrêtais bien vite de trop réfléchir à mon comportement actuel.


Revenons donc à tes questions ! M'exclamais-je soudainement en frappant dans mes mains. Énorme point positif : nous allons nous introduire, de nuit, dans un endroit que j'ai visité très récemment. On ne sera pas du tout en terrain inconnu, puisque je connaitrai la disposition des pièces, les pièges et alarmes à éviter, et les codes. Niveau dangerosité du projet, on est loin du pire envisageable. Tu n'auras qu'à m'emboîter le pas (sur la pointe des pieds), et faire ce que je te dis. Établis-je, sûre de moi, avec un sourire confiant. Notre cible est un ancien château insulaire, classé monument historique, localisé aux abords du Galvé (le plus grand des lacs de Trakai). Plus précisément, nous infiltrerons sa tour Ouest, qui sert de loge au gardien du site. Monsieur Mikhael Holt, de son petit nom, fait sa ronde en plusieurs fois. Il surveille un secteur du château, retourne à sa loge, puis repart plus tard se balader dans la zone suivante. Nous veillerons donc à nous glisser dans sa loge lorsqu'il aura entrepris un tour dans le secteur Est du château, pour qu'on ait largement le temps de régler nos affaires avant son retour. Indiquais-je à Mejishen (je ne faisais que lui décrire à voix haute ce qui avait été mon propre itinéraire, lors de mon larcin à Trakai).

Pour quelqu'un qui prétendait préférer bosser en solo, en revanche, je mettais un peu trop d'entrain à jouer la chef... Ce constat me fit marquer une pause incertaine dans mon briefing improvisé ; je repris le fil en me rappelant l'une des inquiétudes de Mejishen.
Ensuite : si Holt nous surprend... C'est un vieux bonhomme, mais il a encore une bonne vue, une bonne ouïe, et toute sa tête. Même en nous montrant discrètes, il pourrait nous surprendre. Pas de panique : il est hors de question de lui faire de mal ! Sur cet aspect, toi et moi sommes sur la même longueur d'onde, Mejishen. Lui assurais-je, même si de mon côté, la non-violence était plus une option envisageable qu'un réel interdit moral.

L'objectif de toute notre opération étant de remettre l'orbe dans l'état et l'endroit où je l'avais trouvé, sans que personne ne se rende compte du larcin, tout acte violent compromettrait l'opération. Il faudrait procéder en douceur et délicatesse.


Si le gardien nous tombe dessus à l'improviste, on se contentera de l'endormir. Mais pas d'un claquement de doigt ! Précisais-je aussitôt, en me rappelant avec quelle facilité la génie m'avait envoyé faire un somme, quelques heures plus tôt (il me semblait que cela remontait à des semaines !). Là encore, on fera comme des humains normaux : on se servira d'un de ces produits narcotiques qui embrouille les souvenirs des derniers instants précédant la perte de connaissance... Ainsi, au réveil, ce bon vieux Mikhael croira avoir tout bonnement rêvé. Surprendre deux jeunes cambrioleuses en tenues moulantes noires chez lui, occupées à simplement remettre une relique à sa place, avant de s'endormir... Ce genre de souvenir passerait effectivement beaucoup plus pour un joli rêve que pour un souvenir factuel.

Un soupir frustré s'échappa de mes lèvres.
Bon, pour ce qui est du produit en question... Je suis loin d'être une spécialiste. J'ai une connaissance, à Gotham, qui saurait te donner le nom exact d'une drogue ayant exactement l'effet que l'on recherche ; moi, à part te décrire ce que ça doit faire... Donc je t'autorise à créer la drogue par magie ; en pratique, j'aurais fait appel à un contact du marché noir pour me fournir le produit, ce qui revient plus ou moins au même : on aura le tranquilisant à disposition pour notre infiltration.

Dire que Pamela n'aurait eu qu'à souffler pour que le vieux gardien soit neutralisé en douceur (ce qui me fit presque regretter qu'elle ne soit pas là). Par association, je me mis à imaginer comme Harley aurait approché le problème du vigile (sans doute aurait-elle proposé de "gentiment" assommer Holt d'un petit coup de batte sur le crâne... Harley avait une notion relative de la douceur).

Ah, Mejishen ! Dernier point technique de nos préparations : le produit tranquilisant... Il peut être administré de la manière qui te convient, mais attention ! Si tu choisis un dard, ou tout autre projectile drogué ; c'est sympa de pouvoir neutraliser de loin un gêneur, mais si tu n'es pas certaine de faire mouche (surtout dans une situation stressante, où on tomberait par hasard sur Holt)... Les projectiles de ce type provoquent plus de problèmes qu'ils ne te facilitent la tâche. Je recommande plus un spray, ou une compresse imprégnée à appliquer sur la bouche et le nez... On perd en portée ce qu'on gagne en sûreté. Il ne faut pas oublier qu'on aura normalement affaire qu'à un vieil bonhomme de presque soixante-dix ans ; il ne risque pas trop de se défendre, si on l'immobilise le temps que le produit agisse. Soulignais-je, en laissant parler l'expérience, avant de mettre Mejishen dos au mur..

Pas d'autres questions ? Parce que dans ce cas, je suggère que l'on démarre dès que possible ! Plus on perdra de temps, plus Mikhael risque de se rendre compte de l'absence de l'Orbe.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Ven 10 Mar - 22:47

L’adrénaline, je connais. Je connais même très bien. Je veux dire… Quand vous venez de la Cinquième Dimension, c’est un peu votre pain quotidien. Qui sait quel cataclysme risque de se déclencher? De dire que nous sommes tous fous ce serait un peu insultant, quand même. Particuliers, certes mais c’est culturel. Moi je suis une grande farceuse, je vais un peu contre ce qui est « normal » parmi les miens. Je m’assure de ne pas causer trop d’ennuis, de problèmes et le reste donc l’adrénaline… Oui. Mais pas de façon systématique. Pour une race mortelle, j’ai de la misère à comprendre pourquoi ils sont si accros aux sensations fortes et aux choses qui pourraient bien les tuer. Déjà qu’ils sont éphémères… Bref. Revenons-en au « jeu ». Car pour moi tout ceci est un jeu. Mieux encore. Une expérience des plus intéressantes, ça c’est clair.

On doit bien admettre qu’elle connait son affaire, la Selina. Je me sentirais presque en sécurité si je ne savais pas que c’était une manipulatrice hors pair. Je suis vraiment curieuse de voir comment ça va se terminer. On va aller le faire ce cambriolage inversé et elle sera même fière de moi. Si tant est, bien sûr, qu’elle se soucie ne serait-ce qu’un peu de moi. Parce que je ne mentirai pas, je sais qu’elle m’utilise. Je la laisse faire parce que je m’amuse. Mais si elle a le malheur de cesser de m’amuser… Eh ben rien en fait. Au pire je lui efface la mémoire et je passe à autre chose. Nous savons tous que ça n’arrivera pas. En tout cas elle a pensé à tout. Enfin. Presque à tout. Qu’est-ce qui va se passer s’ils se sont aperçus que l’orbe a disparu? Il s’est écoulé plusieurs heures, non? Il faut calculer ce facteur dans notre plan non? Parce que là, non. Mentionnons le, pour voir!


« J’aime bien l’idée. C’est bien pensé, en fait. Pour le gaz, je vais faire quelque chose d’inoffensif pour éviter les éventuelles mais rares réactions allergiques qui pourraient être fatales pour ce vieil homme. Et justement, question… Que fait-on s’ils se sont aperçus que l’orbe a disparu? On va le faire, ce cambriolage inversé, t’en fais pas. Tu m’expliqueras en chemin… Si tu veux bien me laisser faire… »

Oui parce que bon, elle m’a mise dos au mur, ce qui est un peu particulier comme action. Parce que bon, il y a beaucoup de signaux qu’on peut déduire de la chose. D’autant que je sache, ce n’est pas pour signifier une attirance physique et ce serait con que ce soit pour me mettre mal à l’aise. On veut rassurer ses alliés avant de se lancer dans une mission dangereuse, pas les démotiver. Difficile à lire, cette humaine. C’est ce qui rend toute la chose si intéressante je dirais. Enfin bon on aura le temps d’y réfléchir plus tard car POUF! Nous voilà téléportées à proximité du château! C’est joli, quand même, cet endroit. En tout cas je ne compte pas m’y attarder. Pas parce que j’ai peur. En cas de pépin trop grave, je vais les utiliser, mes pouvoirs. Simplement, je sais que dans cette histoire, je suis celle qui se fait embobiner et soyons bien honnêtes, je n’aime pas particulièrement cela. Je dois trouver un moyen, une solution, un plan, quelque chose.

Pour faire quoi, demandez-vous? Simple. Faire en sorte que notre relation soit basée sur l’égalité entre nous et pas elle qui se sert de moi pour son divertissement personnel. Techniquement c’est ce que je fais aussi, à la différence près que c’est moi qui lui ai sauvé la vie et non l’inverse. Aussi, dans mon cas, quand je me suis rendu compte du péril mortel dans lequel elle était, je me suis vraiment investi pour l’aider. Oui, il y a un intérêt personnel, je le concède volontiers. Mais elle? C’est de la manipulation pure et dure par égoïsme, rien de plus. Mais je vais vous la changer la donne moi, vous allez voir. Pour l’occasion, je suis gentille. Une fois notre téléportation terminée, elle a sur le dos sa combinaison de Catwoman. Hey, je peux manipuler la réalité, vous pensez que je ne suis pas capable de trouver à quoi elle ressemble quand elle est « au boulot »?

Bien sûr, je lui indique que c’est cadeau de la maison mais j’ai un plan bien plus machiavélique en tête. Il va falloir escalader, n’est-ce pas? Évidemment, que serait un bon cambriolage sans escalade! Pendant l’ascension, je fais exprès de faire tomber des débris de maçonnerie. Vieux château, tout ça. Elle doit avoir l’habitude si elle a déjà escaladé cette tour. Maintenant il se passe quoi quand cet obstacle combiné à un coup de malchance vous crée un incident de garde-robe digne de Janet Jackson au Super Bowl de 2004? Si vous ne connaissez pas cet incident, allez voir sur wikipedia d’abord puis sur youtube. Et si vous pensez que je vais faire des réparations magiques… AH! Vous vous mettez le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Je pouffe de rire en assistant à la scène. Tu vas moins faire la fière maintenant, avoues! Je vais ramener l’équilibre dans cette partie, tu vas voir!


« Je sais que tu as un passé exotique mais franchement, est-ce le meilleur moment pour se dénuder? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Lun 13 Mar - 15:42



Pour toute réponse, je me contentai de me rapprocher de Mejishen avec une lueur éloquente dans le regard, lorsqu'elle souleva le lièvre de mon plan : la possibilité (très faible, tout de même !) que mon larcin ait déjà été découvert... Mon cambriolage datait de moins d'un jour, avait été réalisé sans que la moindre alarme ne sonne, et il ne me semblait pas avoir laissé la plus petite trace de mon passage dans le vieux château. Seul un véritable manque de chance (ou l'intervention inopinée d'une volonté extérieure) aurait pu inciter le gardien du monument à vérifier la présence de l'Orbe juste au moment où cette dernière serait absente de son coffret ; ne sachant si la génie se contentait de pointer innocemment une faiblesse de mon plan, ou si, pour me rendre la vie impossible, elle m'annonçait à demis mots avoir déjà veillé (grâce à ses pouvoirs) à ce que mon plan aille droit dans un mur.

On va dire que le troisième vœu est là pour parer aux éventualités. Lâchais-je entre mes dents à Mejishen, en me demandant sérieusement si elle n'avait pas en tête de ruiner mon projet de "cambriolage inversé" uniquement pour me forcer à formuler mon dernier souhait, ce qui romprait ses engagements vis-à-vis de moi...

C'est dans ce climat de méfiance un peu tendu que le penthouse se dissipa sous mes talons, nous emmenant, la génie et moi, réintégrer l'espace des trois dimensions. J'ignorais si c'était normal, mais la téléportation ne me causa pas la moindre nausée... Comme après avoir rouvert les yeux, je re-découvris simplement le paysage plat de Trakai, dans l'atmosphère calme de la nuit (et ma véritable tenue sur le dos – petite attention appréciable de ma camarade d'intrusion). Mes lunettes relevées, une femme à la chevelure blanche à mon côté, je m'attardais sur le spectacle romantique de cette vieille construction en briques rouges cernée par les eaux. Les divers sentiers découpés dans la pelouse indiquaient les itinéraires empruntables pour les visiteurs, la journée ; derrière nous, le pont reliant Trakai à l'île du château laissait entendre de faibles clapotis, lorsque la surface effleurée par le vent frappait contre la structure en bois ou l'un des pontons aménagés pour appareiller directement sur le site depuis le Galvé. J'eus un bref frisson en retrouvant les odeurs des environs, un timide parfum d'humidité herbeuse, dénué de toute chape de pollution.

Allez ! Fin de la contemplation ; place à l'action !

Les caméras couvraient des angles prévus pour surveiller les allées et venues des piétons ; en retrouvant mes repères sur la zone, je refis le parcours qui me tenait hors des systèmes de  surveillance pour arriver à la façade de la tour Ouest... Que nous allions devoir escalader (je mimais brièvement l'action en question, avant de me lancer sur cette paroi truffée de prises). On allait enfin voir ce que Mejishen valait, comme grimpeuse ! Toute à ma bonne humeur de retourner en terrain connu, j'attaquais avec un peu trop d'entrain mon ascension (après tout, j'avais déjà testé une voie et ses prises ; pourquoi me méfier ?), sans trop prendre la peine de regarder comment s'en sortait ma partenaire... Et heureusement, d'ailleurs ! Puisque chutant du toit, des morceaux d'armature en bois vermoulu nous dégringolèrent sur la figure ! Gros comme des cure-dents pour les plus petits, et aussi imposants que mon fémur pour les plus volumineux, ces débris m'obligèrent à me coller d'urgence à la paroi. Dans la panique, ma combinaison s'accrocha sans doute à une aspérité (ou bien un débris me frôla plus que je ne l'aurais cru) : résultat, du sternum à la clavicule droite, je perdis mon revêtement, exposant la moitié droite de mon soutien-gorge à la nuit (des chouettes et des hiboux en prirent plein les yeux). Un juron contenu s'échappa de mes lèvres, tandis que j'essayais de remettre en place le morceau arraché, avant d'abdiquer, et de ranger cet indice de mon escalade dans une des poches de ma ceinture. Mejishen eut alors le bon goût de commenter cet accident, s'attirant un regard noir de ma part. Évidemment ! Elle ne se priverait pas d'une si tentante occasion de se payer ma tête.


Chut ! Lui sifflais-je, vexée, autant pour mettre fin à ses moqueries que pour éviter de nous faire repérées.

Histoire de me redonner un air professionnel, je fis basculer mes lunettes sur mon nez, afin de profiter de la hauteur pour chercher le halo de la lampe du gardien dans ce décor médiéval. Deux possibilités : soit il était monnaie courante que des éléments pourris du site se décrochent en pleine nuit (et le gardien n'y prêterait pas l'oreille), soit Mejishen et moi aurions tout intérêt à nous tapir dans l'ombre en quatrième vitesse. Le stress commença à se faire sentir, dans mes muscles, lorsque, après plusieurs secondes d'observation, je ne parvins pas à trouver de signes de la présence du gardien dans les parages. Ne pas pouvoir le localiser m'empêchait de savoir quelle attitude adopter ; j'avais cependant l'intuition que nous n'avions pas troublé la quiétude des lieux. Obéissant à mon instinct, je grimpais les derniers mètres, rejoignant cette vieille fenêtre de la tour Ouest qui ne pouvait me résister. Délicatement, ma main décoinça l'ouverture, accompagnant le panneau qui coulissait vers l'intérieur. Mains et pieds au sol, je me fis couler dans la petite ouverture, tout juste assez large pour moi. Une fois à l'intérieur (et tout en haut de l'édifice), je repris mon souffle, essayant à nouveau de réparer ma tenue déchirée (sans plus de succès). De la sorte, Mejishen eut tout le temps de me rejoindre (et de laisser vagabonder ses yeux vers ma poitrine).


Oui, c'est du Kevlar. Confirmais-je à la génie, sentant qu'elle s'interrogeait sur la matière composant mon soutien-gorge. Et si tu veux savoir si mon ensemble est assorti... Achète-toi des lunettes à rayons X.  Grognais-je, en espérant la dissuader de me jouer un nouveau tour, celui-ci destiné à déchirer l'arrière de ma combinaison à hauteur de hanches.

Bon ! Là, on a fait la partie facile. À partir de maintenant, Abu... " Il ne faut toucher à rien ".

Ma référence à Aladdin visait moins à tirer un sourire à Mejishen qu'à lui faire comprendre que le plus petit écart de conduite pouvait désormais entraîner une catastrophe. Au demeurant, la génie, avec son côté facétieux et ses plaisanterie un peu agaçantes, n'était pas sans partager la personnalité du petit singe de Disney. Pour la ressemblance physique, impossible de m'exprimer : les génies avaient-ils seulement une "vraie" apparence physique ?

L'espèce de grenier dans lequel j'avais conduis Mejishen regorgeait d'antiquités à la valeur incertaine... Les toiles d'araignée et la poussière qui y régnaient m'indiquaient que l'endroit n'abritait pas les possessions les plus précieuses de Mikhael Holt (un monsieur qui, d'après mes précédentes investigations, appartenait – ou avait appartenu - à quelque-chose comme "les Joyeux Saxophonistes Aéronautes", si j'en croyais les deux ou trois babioles frappées du sigle JSA que le vieil homme conservait dans sa loge).


On garde les yeux et les oreilles bien ouverts, et tiens-toi prête à te cacher à tout instant ; si jamais Holt ou qui que ce soit nous repère de loin... (disons... En promenant le faisceau d'une lampe sur nous) Hé bien il ne nous restera plus qu'à tenter de lui chanter une berceuse, parce qu'il sera impossible de l'approcher assez vite pour le neutraliser. Soulignais-je, en guise d'ultime rappel, avant de déverrouiller gentiment la porte menant à l'étage d'en-dessous.

Il fallait descendre d'encore un étage, avant de pouvoir espérer rejoindre la chambre du gardien. Aucun problème en temps normal ; mais avec Mejishen à mes côtés...


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
avatar
Messages : 68 Age du joueur : 29 Crédits : N.A. Batarangs : 1403
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Lun 13 Mar - 20:17

« Oh je sais déjà qu’il est assorti. Puis-je vous rappeler, ô maitresse que c’est moi qui ai fait apparaitre ces vêtements sur vous? »

J’adore ce petit jeu de provocation entre elle et moi. Elle se méfie de moi et je refuse de courber l’échine, de me laisser utiliser. Tant que personne ne voudra assouplir ses positions, cette histoire n’ira nulle part. De nous deux par contre je me sais la plus fiable. Je ne peux pas abaisser mes défenses. Une personne comme Selina utilise les gens. Je parierais très cher sur le fait qu’elle a très peu d’amis et encore davantage sur le fait que même eux elle les utilise. Je ne sais pas si elle voit cette « mission » comme une forme de test qui lui permettra de dire si elle peut me faire confiance ou non mais dans l’instant, c’est plutôt mal partit et ça commence à me courir sur le système. Il va falloir manipuler les événements pour l’amener à me révéler ce que je veux savoir. Visiblement l’humour ne donne pas les résultats escomptés. Alors comment?

Pour le moment je la suis et je m’avère être une athlète et une acrobate naturelle. Vous pensez vraiment que je ne fais qu’utiliser mes pouvoirs à longueur de journée? Que j’en suis dépendante au point d’être sans défense sans eux? La réponse est non. Je m’entraine, vous saurez car je suis particulièrement d’accord avec ce proverbe qui dit un esprit sain dans un corps sain. Je vais me montrer parfaitement digne de l’assistante cambrioleuse et lui faire ravaler ses intentions méchantes quitte à les lui enfoncer moi-même dans le gosier. Je vous jure, moi j'essaie d’être un minimum sympa mais ce n’est clairement pas son cas. Je suis convaincue qu’elle bosse presque exclusivement en solo : qui serait capable de l’endurer? Allez Maggie, on s’accroche. On va lui montrer ce qu’on sait faire. Tu vas ravaler ton attitude de merde, princesse, c’est moi qui te le dis. Oh oui.

Bon, s’il faut lui donner une qualité, sa petite blague faisant référence à Aladin aura au moins eu le don de m’arracher un sourire. Difficile de savoir sur quel pied danser avec elle, ce qui ne me réconforte pas dans mon impression comme quoi elle est dangereuse à souhait. Je la suis, je la regarde faire et je n'interviens pas. Un observateur extérieur aurait l’impression que je suis la novice en formation qui suit une voleuse plus expérimentée. C’est ce que je pourrais être au moins en partie si je lui faisais un minimum confiance, ce qui n’est pas exactement le cas. Il faut briser cette atmosphère toxique ou ça ne peut que mal finir. Si vous saviez le genre de lois sur l’improbabilité qui existent… Moi je vous le dis, le mauvais karma attire les emmerdes. C’est une vérité absolue. Je sais de quoi je parle, vous causez à quelqu’un qui manipule la réalité elle-même...


« Bon ça suffit. Pause. Avant qu’une merde épouvantable nous tombe sur la gueule. Là tu m’écoutes car j’essaie de te sauver la vie, compris? »

D’un geste, le temps se fige, plus rien ne se passe en dehors d’elle et de moi. Sommes-nous vraiment où elle pense que nous sommes ou est-ce une illusion? Qu’elle se torture l’esprit avec sa paranoïa, moi, j’essaie de lui éviter un sort funeste. Oui, elle est chiante quand elle veut. Pas fiable du tout. Capricieuse et tout. Mais Selina est quand même quelqu’un qui, je le crois, peut être profondément sympathique. À force de se prendre des coups de couteau dans le dos, on se méfie de tout le monde. Chat échaudé craint l’eau froide, tout ça, tout ça. Quand je la regarde, je suis parfaitement sérieuse. Fini les blagues et les petites farces innocentes. On va discuter entre adultes et s’il faut que je lui mette du plomb dans la tête de force, je le ferai. Pour lui sauver la vie. Oh je m’en voudrais horriblement de faire quelque chose contre son gré. Mais bon.

« Il y a un truc que j’aurais dû te dire mais je ne voulais pas te faire peur avec ça. Tu sais, l’orbe d’appel? Il a envoyé un signal. C’est moi qui l’ai capté en premier. Ça ne veut pas dire que quelque chose d’autre ne l’a pas capté, tu comprends? Les orbes d’appel, les objets qui invoquent des génies, tout objet permettant de modifier la trame même des choses? Il y a un risque de les appeler EUX. Et qui sont-ils?

Comment te l’expliquer… Ok. Imagines que chaque fois que tu voles un truc, dans le ciel apparaisse le cat signal. Le temps qu’un voleur concurrent arrive, tu seras partit depuis un moment, pas vrai? Mais il pourrait quand même tenter de te pister. Toi, tu as activé l’orbe. Il existe des créatures qui justement traquent ces objets pour leur pouvoir personnel. Autrement dit, ta compétition, pour reprendre l’exemple du vol. Tu me suis?

Maintenant, imagines que le truc que tu voles, il agisse comme une de ces bagues qui changent de couleur selon les émotions. Imagines aussi que ton cambrioleur concurrent ne puisse voir que certaines nuances, associées aux émotions négatives. Du noir. Du bleu foncé. Du gris. Tu suis toujours? Dans le cas qui nous intéresse, c’est moi la bague qui change de couleur. Et comme tu ne me fais pas confiance et inversement…

Ce qui te pourchasse peut te localiser grâce à moi. Dans ma bulle dimensionnelle, il ne peut pas te traquer. Ici? Oh qu’il peut te traquer. Enfin. Ils. Il y en a plus qu’un. Selina, je vais te demander une chose. Je sais que la confiance se gagne sur plusieurs années. Comment mieux faire passer le courant entre nous? Cette méfiance génère de grosses ondes négatives. Si on ne renverse pas la vapeur, les emmerdes, les vraies, vont nous tomber dessus… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ADMIN ♔ NAUGHTY CAT
Messages : 1150 Age du joueur : 26 Crédits : Thundered Batarangs : 734
MessageSujet: Re: Pertes et profits [Maggie Marzena]   Ven 17 Mar - 10:07



Sans la déclaration agacée de Mejishen, je ne me serais peut-être pas aperçue que le Temps s'était littéralement figé. Le grenier où nous nous trouvions était déjà silencieux et immobile, rien de flagrant n'indiquait qu'un changement profond venait de survenir. Mais en y prenant garde plus attentivement, on surprenait des particules en suspension dans l'air qui ne virevoltaient plus, les aiguilles d'une vieille horloge incapables de tourner autour de leur axe, et un silence véritablement mortel résonnant à l'infini. Exactement comme si quelqu'un avait appuyé sur le bouton "Pause" durant le visionnage d'un film. À l'exception près que ma partenaire de cambriole et moi étions libres de nous déplacer.
Malgré le ton de la génie, j'étais vraiment à un cheveu de lui crier dessus. J'avais envie de lui rappeler que j'étais sa maîtresse, et que je lui avais spécifiquement interdit l'usage de ses pouvoirs dans l'enceinte du château. Mais je découvrais pour la première fois cette facette autoritaire de la créature, et restai bêtement coi, la bouche ouverte (surtout parce que Mejishen avait mentionné vouloir "me sauver la vie"). D'humeur boudeuse et fâchée, je croisais donc les bras (pour préserver ma pudeur mammaire devant cette femme - qui demeurait une inconnue à mes yeux), écoutant d'une oreille hostile ce qu'elle avait de si important à me dire, pour que ça l'autorise à envoyer paître mes règles et à stopper le Temps.

Ses explications commencèrent par les pires mots, ceux que je détestais entendre : "je ne te l'avais pas dit avant pour ne pas te faire peur, mais..." ; aussitôt, je me sentis blanchir, pâlir, et frissonner. Plus que de la colère envers Mejishen, je ressentis de la peur, car je redoutais de découvrir ce qui, pour une génie à mon service, était susceptible de m'effrayer (certainement quelque-chose contre laquelle elle n'était pas sûre de pouvoir me protéger ; une horreur interdimensionnelle, à tous les coups). Dire que j'avais à peine réussi à surmonter mes dernières crises de panique, et voilà que cette femme d’apparence humaine m'annonçait que j'étais menacée. Et par
littéralement n'importe quoi d'horrible et de malfaisant qui flottait, rampait ou dégoulinait dans les autres dimensions ; des formes de cauchemar qui, d'ordinaire, ne savaient pas nous localiser, nous, les fragiles habitants de la troisième dimension. Malheureusement pour moi, Mejishen les attirait, pour une histoire de spectre des émotions perceptibles au-travers des dimensions. Les bras ballants, je perçus ma bouche devenir sèche comme du papier, et mes muscles s'amollir de nouveau face à l'urgence de la situation. La génie avait tenté aussi longtemps que possible de me maintenir dans l'ignorance, espérant profiter de cette fausse tranquillité rassurante pour dissiper le climat de méfiance qui régnait entre nous avant qu'il ne soit trop tard. Mais elle n'y était pas parvenue assez vite, et, dans la panique, venait de m'avouer la vérité, en espérant que contre toute attente, les enjeux me forcent à oublier tout ressentiment vis-à-vis d'elle. Trop tardivement, je compris que cette native de la quatrième dimension n'avait jamais eu de véritables mauvaises intentions à mon égard. Elle était juste très maladroite dans sa manière de gérer les relations avec les individus de la troisième dimension (ce qui se comprenait très aisément, puisque quatre-vingts-dix pour cent de ceux à qui elle avait à faire devaient être des trous du cul prétentieux et imbuvables). Ça ne suffisait pas à me la rendre sympathique, mais cette réalisation me fit saisir à quel point notre situation était ironique.


Mejishen... Ma voix ressemblait à un mélange de rire sans joie, de sanglot, et de reproche. J'avais la gorge serrée par la déception, et les yeux peut-être un peu humides (parce qu'au final, tout ce qui arrivait était de ma faute).

Je me mis à hocher lentement la tête de droit à gauche en signe d'impuissance, chaque fibre de mon corps frigorifiée par l'émotion. Les mots franchirent mes lèvres, ceux que je regrettais d'avoir à prononcer ; ceux qui signifiaient que j'allais effectivement devoir employer mon troisième vœu pour me protéger de toutes ces choses dont la puissance et la dangerosité me dépassaient.


Tu ne peux pas changer d'un coup de baguette magique les émotions que je ressens à ton sujet ; tu dis savoir que la confiance se bâtit sur le long terme, mais espère quand même que je vais te souffler un moyen d'accélérer le processus... Rends-toi compte ! C'est comme si tu me disais pertinemment savoir qu'on ne peut pas accélérer le Temps, mais que tu me demandais quand même s'il n'y aurait pas un moyen de te faire grandir de 10 ans plus vite.

Il était injuste de devoir en arriver à de telles extrémités ; au final, le peu que je croyais avoir cerné de Mejishen s'envolait à présent devant moi, ne me laissant de cette génie qu'un vaste point d'interrogation. Est-ce que j'aurais pu réussir à l'apprécier, ou du moins, à cesser de me méfier d'elle ? La confiance, ce n'était pas vraiment quelque-chose qui me collait à la peau. Après tout, je me méfiais encore de la vaste majorité des gens que je connaissais depuis des années, même de celles et ceux que j'osais appeler mes amis... Eux, ça ne le dérangeaient pas – les criminels se soucient comme d'une guigne que vous leur fassiez réellement confiance, tant que vous réussissez à sauvegarder les apparences. Dans la quatrième dimension, en revanche, les faux-semblants et l'hypocrisie étaient visiblement proscrits (ça avait sans doute à voir avec le fait qu'ils pouvaient se lire les pensées les uns les autres).

Tu as l'habitude de tout résoudre vite, de prendre des  raccourcis pour tout. Et je ne peux pas t'en vouloir : il doit en être de même pour tous les génies. Mais les émotions humaines, ça ne se commande pas de la sorte. Tu ne peux pas me dire " Nous sommes perdues, si tu ne te décides pas à me faire confiance ! " ; ça ne provoque pas de déclic, chez moi. Ça ne fait que me mettre un couteau sous la gorge, ce qui n'incite personne à la confiance. Poursuivis-je, d'un air navré, en me rapprochant d'elle, jusqu'à la prendre délicatement dans mes bras.

Elle avait au moins le droit à une explication. De mon côté, je devais, avant qu'il ne soit trop tard, empêcher que Mejishen ne serve de balise aux pires monstruosités interdimensionnelles. En plus de sauver mes fesses, je devais veiller à ce que cette satanée Orbe d'Appel (que Mikhael Holt gardait
chez lui  !) ne retombe plus jamais entre de mauvaises mains (et ça englobait les miennes, assurément). Et parce que je craignais qu'elle n'apprécie pas ma décision (ni ne l'approuve), je me devais de veiller à ce que Mejishen ne puisse pas me faire subir de représailles (sans pour autant lui infliger un sort inutilement pénible ; elle n'avait pas que des défauts, cette génie).
Affectueusement, mes lèvres déposèrent un léger baiser sur la joue de ma sauveuse.

Pour la remercier de m'avoir épargnée une chute mortelle.
Pour m'excuser de ne pas être capable de m'ouvrir plus vite aux autres.
Pour lui dire Adieu.

Sans pleurer, mais les yeux un peu humides, je déclarais :


Mejishen, je souhaite que tu quittes pour toujours la troisième dimension.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legendsofdc.creationforum.net/t336-the-cat-burglar-of-gotham http://legendsofdc.creationforum.net/t345-les-promenades-de-selina-kyle http://legendsofdc.creationforum.net/t344-coffre-fort-social-de-selina-kyle
 
Pertes et profits [Maggie Marzena]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» édito de tv numérique de 3-2010 : tmp, pertes et profits..
» Maggie Furey - Aurian - Les artefacts du pouvoir 1
» 17 again [Maggie O'Donnell]
» Pertes de la White Star Line
» [O'Farrell, Maggie] L'étrange disparition d'Esme Lennox

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Legends of DC :: Terre & Espace :: Reste du Monde :: Europe & Asie-
Sauter vers:  



Batman a été enlevé par Astarte pour attirer Wonder Woman vers la Citizenry. Un combat éclatera t-il entre la tante et la nièce ? Suivez l'affaire par ICI!


Les habitants de Floride secoués par un affrontement entre le Feu et la glace ! À Miami Beach, un homme, manifestement possédé, tente d'empêcher Killer Frost de nuire ! Suivez l'affaire par ICI!


Un certain Chevalier d'Arkham vient de prendre en otage un immeuble entier. Black Canary tente de l'arrêter pour le livrer aux mains de la Justice. Suivez l'affaire par ICI!