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Au-delà du cuir et des vapeurs… [PV Calypso Makhaira]
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"Le monde est en marche ! Partout sur Terre les gens se soulèvent face à la puissance écrasante de notre grand Empereur de l'Ombre. Que les hérétiques crient aux cieux ce qu'ils veulent, les Dieux ne répondent qu'à notre Grand Dirigeant. Pour celles et ceux qui croient encore aux anciens régimes, les centres de correction de l'intellect général offrent des séances gratuites ! N'oubliez pas que celles et ceux qui, pour le bien-être de notre Grand Ordonnateur, dévoilent les noms des impies, ont une récompense non négligeable. Oui, car comme va vous l'expliquer le fils prodigue, le Prince des Ombres…"

La télévision s'éteint. Conneries sur conneries ce soir. Comme tous les soirs en fait. Il est tard, très. Trop apparemment d'après les sentinelles de l'Ombre. Ces saloperies de bestioles volantes qui surveillent le moindre de nos faits et gestes. Je tourne la molette de ma lampe à pétrole, me retrouvant dans les ténèbres. Appuyée sur le secrétaire de bois qui meuble, avec mon lit, ma pièce de vie, je regarde dehors. Partout ce ne sont que les ombres d'un monde qui se meurt. Parfois je me demande si je ne suis pas née à la mauvaise époque, à la mauvaise période. Mais à quoi bon se poser de telles questions ? D'après les archives interdites, rien ne prouve que l'existence du "Grand Ordonnateur" soit réel, pas plus que ce ne serait qu'une image placardée contre les murs afin de calmer les foules. Malheureusement pour lui, je sais qu'il existe. Pourquoi ? Car je l'ai servit il y a bien des années. Bien avant qu'il ne se lasse de combattre le crime… Comment a-t-il décidé cela ? Peut importe. Il tua l'autre psychopathe à visage de fou, ce devait être ainsi. Une sorte de "destin" inéluctable comme le disait mon père lorsque j'étais enfant. Mon fauteuil tourne, je fais face aux fenêtres embuées. Dehors ce n'est que fumées opaques, bruits de métal qui crissent et zeppelins. D'ailleurs, ces derniers ne font que cela, voler nuit et jour, dardant leurs projecteurs sur les zones d'ombres de notre belle ville. Ou plutôt. De ce qu'il en reste. Par le passé, se trouvait ici la capitale de mon pays natal. Mais, comme tout le monde le sait, le monde ne porte plus son nom, les pays se sont tous retrouvés sous le joug de l'Homme de l'Ombre. Adieu les anciens noms, bonjour… Monde des Ombres. Sinistre à souhait, je l'avoue.

Une sonnerie retentie. Mon téléphone. Accroché au mur, le bric-à-brac de métal et de bois fonctionne grâce à cette nouvelle technologie, l'électricité, ou un nom dans le genre. Une sonnerie, deux, trois… Je fini par décrocher. Le souci est de taille. Paradoxe à celle de mon appartement, je ne peux pas me mouvoir aussi aisément que n'importe qui. Mes jambes furent brisées dans un excès de rage de l'Empereur. Il voulait que je me donne à lui. J'ai refusé. Il m'a brisé les jambes, et s'est servit. Je n'ai pas le temps ni l'envie de m'attarder sur cette scène, pas plus que sur la souffrance que je ressens à chaque instant de ma vie. Un revolver se trouvait bien sous mon lit, dans une valise fermée à clef. Avais-je déjà eu envie de l'utiliser pour mettre fin à mes jours ? Oui. Plus d'une fois. Mais la seule et unique balle qui se trouvait dans le barillet, je la lui réservais. Pas à l'Empereur. Mais au prince. Car c'était lui, et seulement lui qui m'avait offert en pâture à ses sbires, ses… Frères. Rampant dans la boue, sous les rires gras et les insultes, je tentais de me relever… Merde ! Nuit après nuit ce souvenir revenait me hanter. Ma voix résonna finalement dans le combiné du téléphone.

An fond, le bruit des sabots des chevaux tirants les fiacres sur les rues pavées, puis sa voix. Lourde, violente, tremblante. Elle me parle. L'ancienne Impératrice déchue. Une femme forte aux cheveux blonds qui dirigeait le pays avant "l'avènement" de son remplaçant. Grâce à elle, je sais où il se trouve. Ma mission sera claire, brève, et surtout, violente. Avant que je n'ai le temps de raccrocher… Un tir. Un hurlement. Puis vint le calme qui suit une nuit de tempête. Ce calme je le connais que trop bien. Un homme. Une nouvelle voix que je connais que trop bien. Le "Prince" me parle. Il m'insulte sans savoir qui je suis. Comment le pourrait-il ? Combien de femmes ont-elles souffert sous ses mains ? Entre celles de ses frères… Je raccroche. Fin de l'échange. L'Impératrice était une femme particulière. Certains étaient plus que des humains. Des "Modifiés". Chassés, persécutés et traités comme des animaux ; la plupart choisissaient la fuite à la mort et à la torture. Ils avaient choisi de changer. Tandis qu'un pouvait utiliser le feu comme une allumette ou un briquet à silex, un autre usait de l'eau et de la glace aussi aisément que j'ouvrais une porte. Les "Modifiés", une honte dans le système parfait et totalitaire de "l'Empereur". Seuls quelques uns de ses très proches collaborateurs furent épargnés. Le Sauveur de l'Aube fut le premier à tomber. Il était fort. Très fort. Un homme invincible, dont la bonté n'avait d'égal que sa volonté à aider les peuples. Néanmoins comme tout être, il possédait un point faible. Désormais, sa tête trônait sur les pieux à l'entrée de la citée du "Seigneur des Ombres". Une femme s'était bien offerte à lui, une guerrière… Décapitée elle aussi. Ouverte de bas en haut, sa féminité offerte aux plus vils et bas instincts des hommes. Traînée comme une outre remplie de vin, elle passait de mains en main, sans tête, sans poitrine… Juste une paire de cuisses ouvertes, offertes.

Une clope. C'était la seule chose que je pouvais m'offrir depuis quelques temps. Mon boulot n'était pas du genre rutilant. Pour ainsi dire, je pourchassais et tuais quelques alliés du Dirigeant. Le dernier en date. Ou plutôt la dernière. Une "Modifiée". Sa favorite. Mi-femme, mi-chat. Elle n'avait pas vu venir le coup. Pas plus que la balle qui lui perfora la gorge. Méthodiquement, je l'avais découpée, récupérant ce que je pouvais sur sa carcasse encore chaude. Les peaux des "Modifiés" valaient chères sur le marché noir. Donc autant ne pas se laisser aller à rester les mains vides. Traîner dans les caniveaux, faire la manche pour mendier quelques morceaux de pain, devoir parfois faire pire même. Tout ça se trouvait derrière moi. Mes jambes ne me portaient plus, il avait donc fallu que je m'occupe, que j'apprenne et surtout, que je créé. Elle était terminée depuis quelques mois déjà. Bien plus rapide et esthétique que celle qui la précédait ; je l'enfilais sur mon lit. Procéder par étapes. Retirer mes guenilles et ces morceaux de cuir bouilli que je portais, puis, ceci fait, passer les morceaux de métal sur chaque partie de mon corps. Tout se trouvait relié par un ensemble de liens de cuir, de câbles de fer, d'écrous de tuyaux. Dixit l'utilisation du charbon pour me déplacer. Bonjour la technologie volée au "Seigneur". Ce truc faisait une lumière dorée magnifique, presque magique, et paraissait ne pas avoir de limites dans ses capacités. J'avoue que je me serais assez mal vue avec une chaudière à charbon dans le dos. Quoique… Ce fut le cas pour la première armure. Une dernière vérification de mes armes. Cette nuit serait très certainement ma dernière passée en vie. Me baissant tant bien que mal. Les rouages grinçant au niveau de mes articulations, je récupérais l'arme maudite. Quelques pointes de rouilles perlaient ça et là. Mais rien de bien important. Je percerais les ailes de cette maudite bestiole volante. Tout comme elle a volé les miennes…

L'unique fenêtre de mon appartement parti en éclats. Le bâtiment allait être détruit, avec l'ensemble de ses occupants. Repaire de malfrats et de rebelles. Voilà ce qu'arboraient les affichent collées sur les murs et les portes. Mise en quarantaine de l'ensemble des occupants pour cause de maladie incurable. Ah bon ? La libre-pensée est une maladie désormais ? Hum… Première nouvelle. La ville était encore bien vivante malgré l'heure.

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Fiacres tirés par des chevaux, les tramway, quelques voitures à vapeur – une nouveauté offerte aux plus riches – et toujours, ces zeppelins maudits. Puis, trônant, m'insultant du haut de grandeur, l'horloge qui indiquait à chaque instant à quel point la folie d'un homme pouvait tout changer. Et bien entendu, ce symbole maudit, ignoble. Placardé partout. Sur les murs, les portes, les fenêtres. Puis son visage. Il était là, nous regardant derrière ses lunettes aux verres jaunâtres. Croiser quelques âmes qui, bien trop alcoolisés ne prenaient guère le temps de faire attention à moi, voilà tout ce que je fis avant de m'arrêter. Interdiction d'avancer ? Vraiment. Ils étaient… Amusant. Presque. Armés de bâton électriques. Le torse et le visage floqués de son symbole. D'anciens membres du régime précédent qui, pour ne pas finir dans les geôles offraient leurs fesses pour mieux l'aider. Peuh ! Misérables insectes. Je ne suis pas là pour vous. Je suis plus forte que vous tous, pourriez-vous bien être le triple que vous ne seriez pas de taille. Alors fichez-le camp… Ou mourrez.


- Je suis l'Ocelot. Vos vies me sont insignifiantes. Seule celle de votre Seigneur m'intéresse. Disparaissez de mon chemin.

Pointant mon arme sur l'un d'eux, le coup parti. Sa tête éclata alors, les morceaux de chair se déposant sur les visages de ses comparses. Une flaque de sang s'écoula sur le sol. Habituellement, en tuer un calmait les autres. Ils le servaient, c'était un fait, mais ils n'étaient pas fous. Dire que l'on serait prêt à donner sa vie était une chose, le faire, une autre. Pourtant, cette fois-ci c'était différent. Le cadavre se releva. Pour la première fois de ma vie, je fis face à un "Modifié" capable de revenir d'entre les morts. La nuit risquait d'être plus longue que prévue. Dégainant un second revolver, je le braquais sur deux autres sbires. Si lui était capable de cela, est-ce que pour eux, ce serait la même chose ? La réponse dans quelques secondes…
Lénore Dunkel
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Sam 23 Mar - 20:38
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Au-delà du cuir et des vapeurs…  Lénore Dunkel & Calypso Makhaira


Perchée sur les hauts toits de la ville, cette dernière devait se reposer entre les lumières échappant des lampadaires des rues, et le bruit bien lourd de ces titans de métal qui patrouillaient sans relâche. On pouvait voir leur dôme d’acier, surmonté de cornes pointues dépassés quand elles arpentaient ces mêmes rues. Comment les habitants de cette cité, pouvaient vivre entre ce bruit présent constamment, de la lumière éternelle, et de toutes cette fumée qui s’échappaient, obstruant le ciel jour et nuit, la plongeant constamment dans les ténèbres ? Je n’en savais rien. Soit, ils s’y étaient habitué, soit ils le supportaient à en devenir fou. Au moins, c’était juste les pas lourds des gardes et de leurs montures de fer qu’ils devaient supporter. Rien à voir avec ces hurlements de terreur et les râles d’agonies qui pouvaient hanter votre esprit.

Thémyscira… Cela semblait remonter à loin, le jour où je fus contrainte d’abandonner notre île. Lais, pouvais-je y faire autrement ? Même si je menais ma mission à terme, jamais je ne la reverrais. Tout ce qui faisait mon ancien monde était mort. Tout comme pour le reste de cette planète. Mais… C’était pour cela que je me retrouvais dans cette ville maudite, la raison qui m’animait et qui me donnait une raison de vivre et faire taire ces voix. Ces hurlements de fantômes, ayant survécu au massacre et qui réclamaient vengeance.

Sentant un nouveau regain, je réajustais ma capuche, m’assurant que le tissu recouvrait parfaitement le visage, avant de bondir et sauter de toit en toit. Aussi libre que le vent, les lois de la physique m’étaient inconnus, et donc je gravissais sans mal les surfaces tordues, les toits ardus et bondissais de l’un à l’autre au-dessus d’une large rue sans difficulté. Rapide et silencieuse, les ténèbres qui dominaient les hauteurs furent mes meilleurs alliés. La garde pouvait bien inspecter le ciel, le sol demeurait toujours leur priorité. Mais après avoir atterri sur le rebord d’un balcon pour grimper le long d’une chemine, je m’y posais pour observer.

Ici, j’avais une vue incroyable sur la cité. On pouvait voir jusqu’à quel point, cette dernière s’étendait. On pourrait croire qu’elle recouvrait la terre entière. Tout autour de moi, de nombreuses cheminées, continuaient à crachées leur fumée noire nauséabonde, allant se confondre avec le ciel nocturne. Dans les rues, les seuls signes de vie demeuraient celles des patrouilles qui s’enchaînaient sans arrêt. Si quelqu’un tentait de sortir le soir, il serait vite pris.

Enfin, c’était tout de même un rien exagérer. Car quelques privilégiés pouvaient encore circuler librement, sans s’inquiéter plus que cela des gardiens. On le voyait aux quelques véhicules tirés par les fils de Poséidon. Déambulant dans les rues, ces moyens de locomotion côtoyaient d’autres chariot plus « motorisé. » Quel étrange endroit, qui évoquait à la fois un progrès et en même temps, un cauchemar. Car tout ceci m’évoquait un chaos. Puis, dominant le son des roues passant sur les pavés, et les moteurs crachoteur, un bourdonnement plus violent qu’un essaim d’abeille, me survola.

C’était l’une de ces machine volante, ressemblant à une pastèque faite de toile, transportant toute une machinerie et des gens à son bords. Rien qu’à revoir ces monstres volants, un dégout me remontait le long de la gorge. Et des souvenirs bien trop lourd voulurent refaire surface, mais je préférais les faires taire, car il fallait se concentrer sur le plus important.

Ce qui m’intéressait le plus, fut le bâtiment le plus imposant de tous. Plus loin, surélevé, se dressait un bâtiment ressemblant à une cathédrale de style gothique. Hérissait de pointes et protégés par de hautes murailles, une tour dominait la structure, brillante comme les étoiles qui furent chasser du dessus de la ville. Sa vision me donna un frisson qui parcourut toute mon échine.

"Le palais de l’Empereur de l’Ombre… Justice vous sera rendues mes sœurs." Murmurais-je à la vue de ce monstre de pierre et de métal.

Un lourd souvenir revint le hanter. En plus des cris poussaient qui ne me lâchaient jamais, des images les accompagnèrent. Et… Un sentiment de profonde injustice. Imaginez… Une île où ses habitantes n’aspiraient plus qu’à une seule chose, vivre en paix. Coupée du reste du monde, elles laissaient l’univers suivre son existence sans jamais s’en mêler. Un endroit paradisiaque, bénit, des dieux. Mais, la paix n’était jamais faite pour durer. Alors que je me souvenais du bruit de la première explosion, une détonation bien réelle, résonna entre les vielles pierres pour remonter jusqu’à moi. Un peu plus bas, quelqu’un semblait être en mauvaise posture.

Ne bougeant pas de suite, je guettais ce qu’il se passait, tel le corbeau surveillant une future charogne. Il s’agissait d’une femme. Armée, elle venait de tirer sur l’un des hommes de mon ennemi. Ce dernier se releva sans peine, et me rappela la triste vérité, que tous ceux que l’empereur traquait, étaient soit mort, soit trahissaient leurs semblables. Ceci, refit monter la rage en moi. Alors, voyant que cette patrouille ne décida de faire demi-tour, je pris la décision d’intervenir. L’empereur pouvait attendre, car si je pouvais verser le sang de tous ses fidèles avant, alors mon plaisir sera plus que comblé.

Me laissant tombée, j’atterrissais sur un des premiers collaborateurs de celui qu’on nommait « Modifier ». Pendant la chute, je fis sortir de sous ma manche, une dague antique qui venait perforait le coup du bougre, avant de presque le couper en deux et le laisser à terre. Mon entrer fut bien remarquer. Visage toujours dissimuler sous ma capuche, je défiais les deux derniers encore debout. Le « Modifié » fit signe au survivant de se charger de moi. Ordre suivit de suite, sans hésitation. Alors qu’il fonçait droit sur moi, je n’eus besoin que de l’esquiver pour le laisser s’écraser contre un muret plus loin, après lui avoir planter une lame dans la nuque. Concernant le petit chef, je sortais cette fois-ci une arbalète, dont je me servais pour le viser entre les deux yeux.

"Je suis curieuse de voir ce que tu vaux, face à du venin." En effet, mes carreaux étaient empoisonnés. Et vue qu’une explosion ne pouvait venir à bout de cette chose, quel effet aurait le poison sur lui ? Jetant un rapide coup d’œil à la jeune femme, je lui ordonnais presque :

"Fuyez."

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Calypso Makhaira
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Sam 23 Mar - 22:10
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Ce fut dans les ombres les plus imposantes qu'une ombre les transcenda. Elle n'était ni femme, ni même humaine. Rapide, son corps voleta de corps en corps, déversant des coups tous plus dangereux et mortels les uns que les autres. Ce n'était en rien un espoir, mais bel et bien la représentation de la vengeance. Son corps personnifiait tout ce que je désirais combattre. La mort par la mort. La faucheuse ne pouvait trouver meilleur enfant que cette ombre qui dansait sur les cadavres de ses victimes. Une danse macabre, funeste, un mariage revenu de l'au-delà, allant jusqu'à transcender le monde des morts. Qui était-elle ? Je ne pouvais me poser la question plus longtemps. Réglant les soucis, opérant sans limites. Promptement. Proprement. Des lames qui traversait les corps des "Modifiés" au service du Seigneur des Ombres ? Des lames magiques ? Comment cela pouvait-il être possible ? Non. Elle fut bannie il y a bien longtemps. Trop longtemps. Mon passé revenait-il me hanter une nouvelle fois. Cette odeur. Du souffre, du sang, et des fleurs… La catin du Seigneur, celle dont le fouet servait d'objet sexuel gageait à posséder les mêmes effluves. Une fille de la Chasseresse de la Lumière ? Les contes parlaient d'elles, de leur île merveilleuse baignée par la douce et chaude caresse de l'astre solaire… Je ne pouvais la considérer comme telle. Elle m'invectivais, m'obligeant presque à lui obéir. Fuir ? Sans façon. Un carreau décoché, il fendit l'air, dardant sa pointe brillante dans les ténèbres, reflétant les lueurs de la lune au moindre de ses mouvements. Imitant son geste, je pointais mes armes sur le dernier adversaire encore en vie. Sous la pression de mes pouces, mes balles changèrent. Nitrate d'argent. Simple. Mais efficace.
 
- Les ombres retournent aux ténèbres par la lumière à la croisée des chemins.
 
Les canons des revolvers crachèrent leurs divines flammes. Une balle s'en extirpa. Vrillant le silence de son bruyant courroux. Percutant les deux globes oculaires qui, sous l'impact pénétrèrent dans les orbites, brûlant le "Modifié" jusqu'aux tréfonds de son cerveau. Hurlant, gémissant presque, réclamant un instant que l'on lui permette d'expier ses fautes, je le vis tomber au sol. Posant un pied sur son crâne fumant, le liquide argenté coulant de ses orifices faciaux, il passerait de vie à trépas lorsque je l'aurais décidé. Tous se nourrissaient de ma souffrance, de celle du peuple meurtri. Le viol n'était qu'une commune mesure aux femmes seules, les coups, les démembrements… Passaient pour habituel à leurs yeux. Ma vengeance ne servait qu'assez peu la volonté des habitants de la Terre. Elle n'était là que pour palier à mon envie de sang et de massacres. Les "Princes" m'attendaient. Relevant la tête, je rangeais mes armes à leur place. Puis, d'un coup sec, le crâne éclata entre l'étau puissant qui l'écrasait. Giclant, le sang bleu nuit recouvrit alors le sol pavé. Une nuit douce et chaude, une nuit parfaite pour accomplir ma destiné, ma vengeance. Dans cette position, je restais silencieuse quelques instants. Ma voix modifiée par mon système respiratoire, s'éleva alors dans le calme de la ruelle. Seuls quelques rats courraient encore ça et là, désireux de se repaître des corps.
 
- La fuite n'est permise qu'aux fous et aux suicidaires. Je ne suis ni l'un, ni l'autre. (Puis, lui faisant face.) Personne ici ne serait assez déraisonnable pour user de magie. D'où viens-tu enfant du silence ?
 
D'un mouvement preste et presque violent, je la plaque contre le mur. Balayant les ruelles de leurs lumières néfastes, les zeppelins nous cherchent. Les "Modifiés" portaient, eux aussi, des pisteurs. D'ici quelques minutes, le quartier serait infesté de soldats de l'Ombre. Aussi, profitant des fumées qui s'élevaient des cheminées, nous devions disparaître plus vite que prévu. Me retrouver proche d'une femme aussi rapidement. Voilà une réaction qui ne me ressemblait guère…
Lénore Dunkel
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Jeu 4 Avr - 15:04
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J’ignorais si cette danse de la violence et du sang, abreuvait un quelconque dieu cachait dans les ténèbres. Mais si tel était le cas, qu’il s’abreuvait de ce festin que je lui offrais de bon cœur. C’était le prix à payer pour la juste vengeance de toutes ces âmes torturées par la folie d’un seul homme, et de son armée de damnés. Nulle excuse, nulle pitié ne serait tolérée. Chaque personne du corps armée, ou simple collaborateur, s’était salit en s’associant à ce funeste projet de domination du monde, et à la destruction même de ce dernier, laissant derrière soit que cadavre et désolation. La Terre si verte et si bleu à la fois, domaine de mère Gaïa, n’était plus que mort. Le sol fertile ressemblait à de la cendre ne durcit où plus rien ne poussait. Les eaux jadis si clair de couleur turquoise, furent aussi nauséabonde et sombre que le Styx. Et le ciel, bleu et pure, était remplit de la fumée de la destruction. Le monde que je connaissais n’existait plus. Le dernier bastion de la paix, venait de tomber. Alors, que le sang des responsables coule, j’étais prêt à n’importe quel sacrifice.

Par contre, la jeune femme que je venais de sauver fut bien mystérieuse. Elle semblait déphaser par ce qui se passait, et sa façon de parler, n’avait rien à voir avec les rustres que j’eus rencontrés depuis mon arrivée, dans cet empire de métal et de fumée. Loin d’exprimer la moindre gratitude, cette dernière s’emporta. Je ne demandais aucune reconnaissance, ayant fait, ce qui j’avais à faire. Mais nos comptes devront être réglés bien plus tard, car fuir nous devions. Les monstres volants du seigneur des Ombres nous recherchaient, et nous devions notre salut, que grâce aux mêmes fumées que j’eus condamnées à cause du mal qu’elles faisaient. Nous faufilant donc dans les ténèbres, esquivant les faisceaux de lumière de ces chimères artificielles, nous n’eûmes au final, aucun mal à trouver une cachette.

Un vieux bâtiment abandonné, nous servirait de parfait refuge. Fracassant le verrou l’ayant condamné à être désert, les portes s’ouvrir d’une seule main, le temps de nous cacher en son intérieur. Le sommet des murs fut ouvert vers l’extérieur par des fenêtres vitrées, qui laissaient passés de temps à autre, les projecteurs des machines, faisant danser de manière menaçante, des ombres contre les murs. Ici, je crus reconnaître une ancienne usine qui devait jadis, produire de nombreuses anciennes machines de l’empire. Les monstres cracheurs de fumées et de flammes, dormaient depuis une bonne décennie. Bêtes hideuses et sans forme, elles reposaient çà et là, ignorant totalement notre présence, oublier par leurs anciens maîtres. D’ailleurs, nous ne tarderions pas être à connaître le même sort des autorités, avec un peu de chance. Reprenant mon souffle, je me retournais vers ma compagne d’infortune.

"J’en juge que tu as bien plus qu’un simple différend avec eux. Et ceux, sans utiliser de magie il me semble."

Je connaissais déjà la réputation de la magie dans ce monde. Son usage était mal vu et ceux, pour la raison suivante, c’était une des rares choses que le seigneur de l’ombre ne pouvait contrôler. Et tout ce qui échappait à son contrôle, devait disparaitre. Devrais-je m’en cacher ? Pas vraiment, car je savais que c’était la seule chose qui m’aidait à avoir le dessus sur mon ennemi. Mais, à user avec modération.

À présent, il fallait trouver un moyen pour remonter la piste, se rapprocher à nouveau de la créature amoureuse de la nuit. Et lui planter ma lame dans son cœur bien noir. Enfin, à voir si oui ou non, d’autres personnes ne se retrouverait pas en danger également. Vu la tyrannie qui régnait ici, une pauvre âme devait être menacé à chaque coin de rue. Pourrais-je donc sauver chacune d’entre-elles avant d’accomplir ma mission sacrée ? Cela pourrait durer indéfiniment, telle une punition du Tartare. Et jamais, le seigneur de l’Ombre, ne verra pas la juste vengeance s’abattre sur lui. Alors, devrais-je tous les oublier, pour mettre fin à cette folie et sauver de futures vies ? Tout cela, je me le demandais en ce moment-même. Même si ma propre âme n’était plus la même, changer par la magie et le chaos, une part de moi, de ce que je fus jadis, subsistait encore.

"Je ne peux rester bien longtemps. Il me faut partir, j’ai un travail à terminer au plus vite."

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Lun 8 Avr - 9:43
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La lune exécutait ses charmes sur les ombres fluctuantes de la nuit sans fin. Nous n'étions que deux âmes damnées, juchées sur les toits obscurs, désireuses de vengeance et se nourrissant de colère et de tristesse. Comme étais-je parvenu à ce rôle de meurtrière ? Par la force des choses. Jamais mon monde ne se serait écroulé ainsi. En dehors de cette tristesse, de cette rage, je conservais un vain espoir de survie, de pouvoir un jour regarder le soleil se lever sur un monde en paix où jamais plu le sang ne coulerait. La Terre se trouvait si belle, et si douloureusement craintive. Entre les cheminées je courrais, esquivant ça et là les faisceaux lumineux des sombres et bruyants oiseaux, serviteur des desseins de leur maître. Vénéré bien au-delà de la compréhension, imposant un joug presque divin que je ne pouvais concevoir. Il s'imposait en dieu. En une créature interminable, insondable, et surtout… Immortelle. Peu d'entre nous connaissaient son véritable visage, celui d'un assassin, d'un meurtrier. M'arrêtant quelques instants alors que la femme continuait son chemin, j'observais la tour à bonne distance. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. Fuir, encore et encore. Etait-ce la cause ou la raison de ma volonté de le tuer ? Pourtant, devenir lui pour mieux le tuer, la solution, ironique ou non, n'était pas autrement. Ne le pouvait être. Ainsi, sautant une dernière fois, je m'arrêtais enfin, pénétrant par une fenêtre, brisant les vitraux déjà bien abîmés, posant enfin pied à terre. Respirer. L'air ambiant, chargé d'odeur de métaux, de cuivre et d'huile de moteur. Une habitude que, ceux qui, comme moi n'ont connu que ça, s'en souviennent plus que du parfum de leur mère. Pour moi, cette odeur devenait, alors que je grandissais, le parfum de ma mère. Ses mains calleuses, fortes, me berçaient tant et si bien que je m'endormais contre sa poitrine. Les bruissements du tissu qu'elle étendait sur mon corps alors que le sommeil avait eu raison de moi, les caresses de ses doigts, la cornes au bout de ceux-ci, puis la fin, le silence. De cris en souffrance, de ventes en gifles. Ma vie ne m'offrait qu'une douloureuse envie de partir, de quitter ce monde pour toujours. Non, mon rôle n'était pas terminé. Un jour peut-être verrais-je le soleil se lever sur le monde, peut-être même aurais-je le plaisir de constater que, par-delà les montagnes du nord se trouve quelque chose de plus agréable, de vivant.
 
Des bras tendres de ma mère, aux mouvements synchronisés des mécaniques abandonnées, il n'y avait qu'un pas. Cet espoir, tout aussi vain soit-il ne m'offrait qu'un monde de souvenirs et de douleur. Les ombres qui se déplaçaient sur les murs au gré des lumières diffuses explorant les moindres recoins des ruelles, offraient un spectacle que je ne pouvais décemment apprécier. Pas encore. Menaçantes, violentes même, les images qui apparurent m'offrirent une sagesse manquante à de nombreuses personnes. Elle parlait. Compliment ou ironie. Le temps ne pouvait donner de réponses. Magie, mécanique, ombres, lumière… Tout n'était qu'un amas de paroles toutes plus lentes et affirmatives les unes que les autres. Pourquoi donc se poser autant de questions si ce n'était pour en garder les réponses en secret ? De tours en tours, de machines en machines, de vies en vies… Rien n'importait fondamentalement à nos mondes. Pas plus que ses paroles. Levant mes mains en signe de paix, elle constaterait que, pour moi, la magie n'était qu'une fable pour enfants, une chose qui avait disparue il y a bien longtemps, à une époque où rêver semblait encore permis, et que parmi les survivants de la purge magique, seuls une poignée se terrait encore sous terre. Quelque part. Une idée me vint alors. Soulever les masses opprimées, vaincre le Seigneur à son propre jeu. Prendre la reine, pour laisser le roi sans défenses… Lui prendre la vie qu'il m'avait prise. Une vie pour une vie.
 
Allait-elle me quitter si simplement que je ne pouvais la laisser faire. Pointant mon arme sur elle, mon regard ne pouvant être perçu derrière mon masque, je tirais. La balle passa à quelques millimètres de son visage. Jamais encore l'obligation de mon rang, de ma volonté ne fut aussi douloureuse. Quel âge avait-il ? Jeune adulte dans la force de l'âge, dont le corps portait encore les stigmates de son Seigneur. M'approchant du corps, je le repoussais du pied. Un espion, un "Modifié". Nous ne pouvions rester ici plus longtemps. Pointant une nouvelle fois mon arme, je terminais ce que la première balle avait commencé. Mon chargeur se vida. Du crâne s'extirpa une petite araignée robotique que je n'eu aucun mal à exterminer. L'enfant n'en était plus un. Non, il se trouvait être la fin de toute chose, l'avenir improbable d'un monde qui se meurt. Nombreux furent ceux qui se plièrent à ses volontés, acceptant par-là même d'abandonner leur humanité. Qui étais-je devenue ? Une tueuse d'enfant. Prendre une vie pour en protéger des milliers… Questionner la philosophie en de pareils moments, alors que les bras mécaniques se réveillaient. Son nom ne resterait pas dans le silence des mondes. Dans celui qui arborait des bras de couleur vermeil. Baissée, retournant son corps sur le dos, de mes mains je lui fis croiser les bras sur son torse, puis, à la manière des anciens, je lui offrais une fin digne des plus grands. Serrant le point, une cartouche noire sauta de mon armure. Retournant vers la femme magique, je lui parlais, des larmes coulant le long de mes joues derrière mon casque, une fois de plus, la tristesse s'emparait de mon rôle. Une fois de plus, je ne pouvais revenir en arrière.

 
- Le rôle de chacun est de vivre en son âme et conscience. Il nous est impossible d'affronter les plus grands dieux réunis en restant seules. Les tréfonds du monde sont les chemins de fortune qui nous offrirons les mains de la vengeance.
 
Etait-ce vrai ce que l'on m'avait apprit ? Que la magie ne pouvait être bannie à jamais ? Que moi-même, au fond de mon être, je possédais quelque chose qui s'ouvrait telle une fenêtre vers un nouveau monde ? Peu importait. Passant les portes, mon index appuya sur un de nombreux boutons se trouvant dans mes gants. Une explosion retentie. Des flammes s'élevèrent jusqu'aux cieux. L'enfant gagnerait sa place au royaume des songes. Bientôt, il rejoindrait les bras de ses aïeux. Serrant les dents, je soulevais une plaque soudée au sol, menant vers les égouts. Comment avais-je pu devenir ce monstre ? Lui offrir une fin digne de lui, alors que mes mains avaient prit sa vie. Etait-ce ironique, cruel même ? Le monde est ainsi fait. Ce ne fut que lorsque mes pieds touchèrent le sol, et, frôlant les rails de l'ancien système de tramway souterrain que mes idées se perdirent en des souffrances bien plus terriennes. Nous devions trouver un monde, un homme, des combattants. A elle le Seigneur, à moi les Princes. Brisant une nouvelle capsule sur une des torches jetées au sol, j'entrepris de m'enfoncer dans les ténèbres. Des présences se faisaient ressentir tout autour de nous, des regards méprisants, sinistres nous épiaient. Encore un peu de patience. Leur moment ne tardera pas à arriver.
Lénore Dunkel
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Jeu 11 Avr - 11:47
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Au-delà du cuir et des vapeurs… Lénore Dunkel & Calypso Makhaira

Était-ce une bonne chose, si je me laissais aller au doux souvenir de ma terre natale ? Ces images bien heureuses qui me rassuraient. Car, quittant les rivages de mon île, je crus plus d’une fois, devenir cette bête sanguinaire. Ce monstre assoiffé de sang, réclamant toujours plus de têtes. Fort heureusement, mon cœur n’était pas que remplit de haine et de violence. Je n’oubliais pas pourquoi je me retrouvais dans ce royaume des ténèbres, ce pays où la machine dominait l’humain. Mes sœurs… Que je m’en voulais d’avoir survécu à ce drame. La culpabilité du survivant, comme on le nommait. Toutefois, je fus plus que déterminée à remplir ma mission jusqu’au bout, pour toutes… Ceci, ce souvenir, me donnait un immense courage. Oublions donc les bâtiments gris et sombres, la fumée empoisonnée qui recouvrait le ciel, et ses monstres de métal et de chaire qui nous entouraient, tout ceci ne sera bientôt plus que souvenir à leur tour. Mais, un souvenir bien sombre, qui réjouira les cœurs en sachant que plus jamais, ce cauchemar reprendrait vie.

Malheureusement, notre chemin ne se passera pas sur un long fleuve tranquille. Notre Odyssée n’en était qu’à son début, et nous aurions à affronter bien plus que des géants et des sorciers sur notre route. Le seigneur des lieux était une aberration, un mélange entre Héphaïstos et Hadès. Possédant tout un bestiaire des plus infâmes, il pouvait lâcher quand il le désirait, ses horreurs sur nous. Ici, il était comme un dieu. C’était plutôt amusant en y pensant. Car je crus comprendre qu’il ne croyait en aucune divinité. Que pour lui, ce n’était que fable. Et même s’il en croisait une, il rabaisserait le niveau de cette dernière. Et pourtant, cela ne l’empêcha pas de s’en faire passer. Quelle hypocrisie. Il devenait, ce qu’il condamnait depuis le début. Ne devenions-nous pas justement, ce que nous haïssons le plus ? Ou pire, ne devenions-nous pas notre propre peur ? C’était une question, qui pouvait se poser en une heure pareille.

Parlant de bêtes abominables, nous ne tardions pas à en croiser une. Une chose horrible que l’inconnue lui retira la vie. Un enfant ? Un jeune être dont l’âme fut extirpée par cette mécanique qui remplaçaient ceux qui en faisait un humain. Comment pouvait-on en arriver là ? Les enfants représentaient l’innocence d’un peuple. Et là, on osait la corrompre, la détruire. Mon sang se glaça à la vue d’horreur de ce petit corps mécanisé, allonger à nos pieds. Ce qu’elle avait fait, pouvait être horrible oui, mais je trouvais qu’elle avait fait, ce qu’il fallait pour le bien de cet enfant, contrairement au seigneur des ombres. Car lui, avait agi sans remords, alors qu’elle, fut frapper par le chagrin et le remords. Offrant même, les derniers rites en respect à la victime.

Elle proposa une alliance. Idée qui se tenait. J’avais compris en effet, qu’elle cherchait autant que moi à se venger. En fait, je soupçonnais une bonne partie du monde, réclamait le sang et la tête du seigneur des ombres aux dieux de la vengeance. Mais Némésis et les Erinyes ne pouvaient venir s’occuper du misérable. Car elles, poussaient l’être à la culpabilité, au remords et donc, au suicide. Des choses qui ne pouvaient fonctionner pour quelqu’un n’ayant aucun cœur, aucune âme humaine. C’est pour cela, que je fus envoyé à leur place, car j’étais l’arme du dernier espoir. La solution radicale, le jugement sans appel.

"Une armée ne pourrait vaincre un dieu. Mais c’est le cœur et l’esprit qui peuvent le faire tomber de l’Olympe. Je sens en toi, cette volonté qui n’est pas souillé par la cupidité et l’ambition. Alors, que nos deux convictions aient raison du faux dieu de ce monde."

La suivant, laissant dernière nous un beau brasier, nous partîmes vers la suite de notre périple. Oui, l’union faisait la force, et je n’étais pas contre un soutient. Si nous nous retrouvions à la tête d’une armée révolutionnaire, pourquoi pas. Mais je préférais agir dans l’ombre. N’être qu’un fantôme qui pouvait trancher la gorge de sa proie au nez et à la barbe de tout le monde, sans se faire voir.

Mais en parlant de ça, alors que nous nous enfoncions dans ce labyrinthe souterrain, sombre et putride, des yeux nous fixèrent d’un peu partout. Tel Argos, des centaines de prunelles nous fixèrent tout autour. Cet empire, était remplit de ses bas-fonds, jusqu’à son sommet de choses monstrueuses.

"Toi qui est native de ces terres, c’est tu à quoi nous devons nous attendre dans ce dédale ?"


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Calypso Makhaira
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Jeu 18 Avr - 8:22
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Un silence morne et lugubre montait. Lentement, les ténèbres se nourrissaient de notre présence, malgré la lumière pénétrante, émanant de ma poitrine, rien ne semblait pouvoir atteindre les tréfonds de ce monde oublié, englouti par la rage du désespoir. Chacun de mes pas, de nos pas devrais-je même dire, ne faisait qu'augmenter la quantité de regards qui se posaient sur nous. Deux femmes, dont une dont les courbes disparaissaient derrière d'épaisses couches de métal, voilà ce que nous étions, pour ceux qui vivaient ici, subsistant de bien peu de choses, nous deviendrions d'ici très peu de temps, les vestiges de leur prochain repas. Car oui, lorsque la famine se fait sentir, l'homme reprend ses habitudes de chasseur, et surtout, celles de l'animal qui vivait, endormi en lui, depuis des années. Elle me parla, semblant croire que mon monde était celui-ci. Néanmoins, je n'en prit pas consistance, peu de femmes arborait une telle technologie, cette dernière se trouvant la plupart du temps réservé à l'élite, voir aux mâles. Derrière mon casque, je souriais. Amère constatation que celle d'être considéré comme anthropophage. Sans discontinuer notre marche, je me contentais de lui répondre, presque sèchement, le ton tout de même légèrement agacé.
 
- Il existe deux mondes. Celui d'en haut et les oubliés… Nous marchons dans le second. Dans une direction dont seule les fables anciennes osent encore parler. C'est ici que nous le trouverons. Si tant est qu'il soit encore en vie.
 
Le sol commença à devenir meuble, presque mou, tentant de reculer, je sentis que quelque chose m'attirait vers les profondeurs. Un piège. Vraiment ? Ils se servaient de ce genre de choses ici ? Voilà qui me paru bien trivial pour celui qui semblait être le dirigeant de ces lieux. Aucune réaction de ma part. Pour tout dire, je n'en avais que faire de savoir si oui ou non nous devions mourir ici. Cette trappe creusée à même le sol et remplie de vase fonctionnait de la même manière qu'une plante carnivore. Ils ne nous tuerait pas immédiatement, non, avant cela, il fallait… Comment dire… Nous digérer, tout du moins en partie. Derrière moi, j'entendais ma comparse tenter de se débattre. A quoi bon ? La route devait être la bonne. Pas de plan. Juste mon instinct. Embourbée jusqu'au nombril, seuls mes bras se trouvaient encore libre. D'un mouvement, la possibilité de nous libérer toutes les deux ne faisait pas qu'être imaginée, c'en était parfaitement possible. Mais j'attendais autre chose. Quelqu'un plutôt.
 
Sa veste sale cachait son bras arraché, le droit pour être précise. D'un brun délavé, elle voletait derrière lui. Les histoires racontent toutes la même chose, ce dernière parla une fois de trop, sa langue s'était arrêtée de bouger avant même qu'il n'eu le temps de réagir. Tranchée d'un coup sec. Une voix caverneuse trembla dans ma tête, remplie de cynisme, ses yeux pénétrèrent mon âme. De part et d'autres se tenaient ses "enfants". Les "Oubliés", les "Modifiés" rejetés dans les égouts de la cité, trop peu utiles pour le Seigneur des Ombres, mais toujours en vie. Certains se trouvaient armées d'objets plus ou moins rudimentaires, d'autres encore, arboraient des griffes, trois bras, voir deux têtes… Expériences ratées, rebus d'un monde qui allait mal; d'un peuple à l'agonie. Il me demanda mon nom – ironie du fait que mon esprit n'était autre qu'un page sur laquelle l'homme pouvait tout lire –, je lui répondis sans mentir. A quoi bon le faire ? Sortant des ombres, son visage effroyable me rempli d'une crainte encore inconnue. Une partie de son visage manquait. Sa langue ne fut pas la seule chose qui lui fut prise. Son oreille, son œil, une partie de sa mâchoire… Son côté droit me paru, arraché. Quelle puissance aurait pu en être capable ?

 
- Ocelot. Tel est mon nom. Vous qui êtes le Sauveur des Oubliés, je suis votre Obligée. Nous sommes venus ici pour une raison que vous connaissez déjà. Le peuple meurt, souffre, et paie de son sang les folies du Seigneur Noir.

Mon corps s'extirpa de la vase, je m'élevais. Mes pieds flottaient à plusieurs centimètres du sol, battant le vide. L'incompréhension passée, je vis l'œil unique briller. Ses lèvres laissèrent un fin filet de sang couler. Voilà donc la véritable puissance de l'homme qui avait vaincu les Enfers… Une nouvelle fois sa voix trembla dans mon esprit, froide, tranchante comme une lame de rasoir.
 
- Vous n'êtes que folie. Nous ne sommes rien que des sujets, des pions. Tout est déjà perdu. Abandonnez. Vos vies ne sont que peu de choses. Vous-même le savez déjà, vous… Dont le corps n'est plus que métal et souffrance.
 
Ces derniers mots tarderaient à résonner dans mon esprit. Car oui, je n'étais plus celle que je fus, et ne le serait plus jamais. Grand bien lui en fasse de penser cela. Tendant mon bras devant moi. Dardant mon arme dans sa direction, je me devais de contracter toute ma volonté pour palier à sa magie.
 
- La volonté est une denrée rare. Celles et ceux qui l'utilisaient, les Porteurs de Lumière furent tous éliminés. Jamais je ne pourrais oublier ma promesse. Ma vengeance me tient debout. Tout comme la vôtre vous a permis d'avancer. Si je dois mourir aujourd'hui, vous viendrez avec moi…
 
Mon index se contracta, la gâchette appuyée, le coup parti. Jamais je ne pourrais expliquer ce qui venait de se passer. La balle quitta le canon, déployant une gerbe de flammes rougeâtres, rapidement suivies d'une légère fumée. Et tout cela, au ralenti. Mes pieds retrouvèrent le sol. Stable, rassurant. Un stigmate malsain se dessina sur la seule partie de son visage encore humaine. Souriait-il ? Les yeux quittèrent les ténèbres. Les Oubliés s'approchèrent, nous apportant d'étranges offrandes. Des os taillés, des colliers de dents… Puis une chose que jamais je n'aurais cru un jour revoir. Un souvenir d'un temps bien trop lointain pour ne pas être qu'un simple songe. Un livre. Détournant son intérêt de moi, son œil se mit à briller une nouvelle fois, ils se parlaient alors que des Oubliés, à peine plus jeunes que des enfants s'approchaient de moi, me tirant par la main.
 
Passant par une porte dérobée entre deux poutres, de tunnels en tunnels, ils me firent visiter ce qu'ils appelaient… Zanarkand, la Citée de la Rencontre. Ce serait donc ici que nous trouverions notre armée. De nombreux corps tomberaient lors de l'assaut sonnant le glas du Seigneur des Ténèbres. Le Sauveur des Oubliés le savait, et ce, depuis bien longtemps déjà. La magicienne aux cheveux blonds fini par me rejoindre. Ses échanges avec son homologue ne me concernaient en rien. Nous avions un point commun, celui de vouloir se venger. Cela ne faisait nullement de nous des amies.

 
- Contemple la Citée des Oubliées. C'est ici que, dans quelques heures, nous partirons pour la Citadelle. Tous le savent, peu en reviendrons. Moi-même, je n'ai pas l'intention de revenir. Alors, si tel est le cas, promets-moi une chose, car je sais que vous n'avez qu'une parole… Brûle mon corps. Je ne désire pas laisser de marque sur cette terre. Toi, tu le mérites. (Faisant une pause, je laissais mon regard se perdre dans les visages des "Oubliés".) Nous ne sommes pas du même monde, ni même de la même île. Les livres apprennent à ceux qui savent les lire, de nombreuses choses. Et si tu ne le fais pas pour moi, fais-le pour elle. Pour Athéna.
 
Descendant les marches qui menaient à ce qui se rapprochait le plus à un centre-ville, j'aidais quelques personnes à charger les armes, les munitions, ainsi que quelques armures de fortune sur les animaux qui nous accompagneraient. L'attaque était prévue depuis bien longtemps. Ils attendaient juste une chose… Notre arrivée. Ou plutôt, celle des "Libératrices". Le Sauveur m'avait d'ailleurs offert un sobriquet assez amusant… "Le Chat Mécanique". Bon, le temps filait vite. Plus que quelques heures pour se préparer concrètement. Des prières aux anciens Dieux montaient ça et là dans les rues. Des chants chargés d'Espoir et de Volonté… Vérifiant mes armes les unes après les autres, je me rendis compte d'une chose. Ma vie touchait, enfin, à sa fin. Bientôt, je serais libre.
 
- Bientôt nous nous retrouverons mon aimée. Attends-moi…
Lénore Dunkel
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Mar 30 Avr - 14:54
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Au-delà du cuir et des vapeurs… Lénore Dunkel & Calypso Makhaira

L’empire de fer et de vapeur, n’était que ténèbres, même au plus profond de ses entrailles. Passant de ces tours de pierres grises, crachant une fumée mortelle, ses sous-sols dignes du labyrinthe minoen, étaient beaucoup plus sombres et lugubres. Au moins, nous n’y retrouvons pas les bêtes de métal, cracheuses de flammes et d’éclairs, mais ici, ce n’était que des damnés et rejetons d’un peuple décadent, cachant les fruits de ses entrailles honteux. Non, cet endroit n’avait rien à voir avec Themyscera. Notre île était un paradis. D’immenses champs de fleur et d’arbres fruités, recouvraient ses terres fertiles, sous un ciel bleu au soleil chaud d’été. Ses bâtiments étaient des monuments, fait de marbre blanc, recouvert d’or et peint de multiples couleurs. Une terre de paix, digne des champs Elysée qui ferait envie la redoutable Persephone.

L’empire de l’ombre… La végétation était forte rare, et les fruits qu’on pouvait trouver, n’assuraient pas un goût et une santé des meilleures. Ici, ce n’était que mort et maladie, l’exact opposé de ma terre natale. Et là, là où nous nous trouvions, la pestilence était abondante. À l’exact opposé des champs Elysée, se trouvait le Tartare n’est-il pas ? Et ci cet homme en réalité, gouvernait les enfers, une incarnation d’Hadès rependant la désolation et son influence sur le monde des mortels ? Non, c’était bien un homme, un être fait de chair et de sang, un mortel se cachant dans une forteresse d’Héphaïstos, se croyant intouchable avec ses princes. Mais, il ne se doutait pas qu’un serpent pouvait se faufiler à travers ses fortifications, et le mordre par ruse, alors qu’il dormirait.

Ocelot, telle fut le nom dont elle se nommait, était la plus à même de nous guider dans cette cause commune. Sans doute, était-elle la réponse des dieux, une de leur envoyé qui devait m’aider à faire tomber le couperet de la vengeance. Connaissant donc mieux les choses ici que moi, je demeurais discrète, ne disant mot et servant de garde du corps tout le long, jusqu’à ce qu’elle vienne à montrer quelque chose d’incroyable. Aurais-je mal compris ? Moi qui pensais jouer les assassins de l’ombre, voilà qu’une armée se tenait prêt à nous accompagner contre un ennemi commun. Voilà qui eut le mérite de surprendre et déstabiliser, car jamais de ma vie, je n’eus à commander ou même à partir en guerre avec qui que ce soit. L’invasion du Seigneur de l’Ombre, avait plus que changer ma vie, tout ce que j’étais fut comme envoler.

"Tu as-dû préparer cela depuis un moment Ocelot. La raison qui te pousse à affronter le seigneur de cet empire, vaut-elle le sacrifice de ta vie ?"

La voyant agir, cela donnait à croire que depuis le départ, cette bien curieuse camarade avait conçu tout un plan depuis le départ. Etais-je prévu dans le stratagème ou alors, je ne fus qu’un facteur imprévu ? En tout cas, cette femme, si vraiment elle prévoyait ne pas revenir de cette mission, devait plus qu’être certaine de ce qu’elle faisait. Une seule chose selon moi, pouvait justifier une telle décision des plus radicales. La vengeance. Cette forme de justice que tout le monde exigeait, et qui était bien plus naturel que tous les autres sentiments. Qu’avait-elle bien pu vivre pour venir à risquer son âme ? Connaissant le maître de ces terres, cela pouvait être n’importe quoi, voir une des pires abominations qu’on puisse infliger à un être vivant.

"Mais soit, si tu venais à tomber, ton corps sera brûler. Mais sache, que je ne mérite pas un meilleur destin que toi. Je ne suis personne en réalité."

Sans doute que l’évocation du nom d’Athéna m’avait motivé à accepter sa demande. Etrange, je servais toujours la déesse, d’une nouvelle façon soit, mais son nom résonnait comme un lointains souvenirs. Comme celui d’un parent qu’on ne voyait plus, et dont son évocation, réveillait de biens beaux et parfois pénibles souvenirs. Mais, ce sera tout ce sera, des souvenirs. Plus jamais, je ne retrouverais ma vie du passé. Elle était morte et détruite, et comme la dit Ocelot, elle deviendra une sorte de légende que les générations futures parleront pour narrer le jour de la chute de l’empire de l’Ombre.

"Je suis heureuse aussi, de voir que tu connais un peu notre peuple. Je crus comprendre qu’on cherchait à nous cacher à cause de la magie justement."

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Dim 5 Mai - 13:18
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Pouvait-on faire une distinction entre les bons et les méchants ? D'une manière aussi infantile qu'elle y paraît ? J'en doutais. Les visages qui nous observaient, les armes qu'ils chargeaient démontraient l'inverse. Derrière les murs de ce cloaque insalubre où ces enfants avaient grandis, devenus adultes, enfantant à leur tour et ainsi de suite, avaient-ils, ne serait-ce qu'une fois eu l'idée de considérer cela comme possible ? Comme important ? Moi-même, je ne pouvais le faire. Une décision était prise, un monde devait s'écrouler pour laisser place à un autre, guère mieux, quoique peut-être plus lumineux pour ceux d'en bas. Espérais-je en vain que ce que nous craignons ne laisserait pas la place à pire ? Peut importe. Je ne suis pas de ceux-là, ceux qui pensent au lieu d'agir. Penser, voilà bien longtemps que cela m'échappe. La gangrène qui ronge mon esprit et mes paroles aura sans doute raison de ma volonté avant même que je ne puisse bouger le petit doigt. La sorcière aux cheveux de soleil me parle, elle constate que son peuple ne m'est pas inconnu. Rien ne l'est. Plus depuis longtemps. Pour détruire un peuple, il faut déjà détruire le savoir. Tant que ce dernier survivra, alors le peuple fera de même. Dernière représentante de femmes guerrières, il ne lui est pas permis de quitter cette terre. Pas ainsi. Elle partira avec les honneurs. Car elle le mérite.
 
- La magie fait peur. Il s'agit d'une chose qui, par le passé, failli renverser le Seigneur des Ténèbres. Vois-tu l'homme là-bas, celui-là même qui dirige son peuple, par le passé, il l'affronta. (Pour la première fois depuis notre rencontre, je retirais mon casque, dévoilant mon visage brisé par la colère et la vengeance, mes cheveux roux, recouverts de crasse, retombèrent sur les épaules mécaniques de mon armure.) Son œil n'est pas la seule chose qu'on lui arracha. Sa femme, celle qu'il aimait fut brisée, la magie leur était utile. Inséparables, presque invincibles. Sais-tu comment briser un homme ? Déchire-lui son esprit, pas ses entrailles, brise-lui son envie de vivre, et il rampera à tes pieds.
 
Serrant le poing, je ne pouvais retenir ma colère plus longtemps, et ma main frappa violemment la paroi qui se trouvait à ma gauche. Ces paroles… Je les tenais du Prince Consort. Ce salopard de première, lui qui me brisa le corps, tentant de faire de même avec mon esprit. Une des rares survivantes passée entre ses mains, voilà qui j'étais. La mâchoire serrée, les yeux remplis de haine, je fermais les paupières, soufflant à plusieurs reprises pour retrouver mon calme. Les "Oubliés" passaient, encore et encore à mes côtés, certains touchant avec une certaine curiosité mon armure, alors que d'autres, plus craintifs, m'évitaient. Mes doigts rejoignant ma joue, un coude posé dans ma seconde main, je repris alors mes explications.
 
- Cet homme, fut l'un des plus grands sorciers de son temps. Si aujourd'hui il se terre ici, ce n'est pas pour rien. Il le sait aussi bien que moi, au moment précis où son corps quittera les profondeurs, les lumières du ciel s'abattrons sur lui, le transperçant de part en part. Cet homme est le dernier rempart entre le peu de liberté restante dans ce monde, et celui qui désire l'enchaîner.
 
Avant que je ne puisse terminer mes explications, un cri s'éleva alors. Le ralliement sonnait tout aussi agréablement à mes oreilles que le glas d'un requiem terminé. Celui de l'homme qui faisait souffrir le monde depuis trop longtemps. Levant mon arme, je répondais à l'appel. De ma gorge s'extirpa un hurlement sinistre, plus animal qu'humain. L'Ocelot était debout, prêt à en découdre, toutes griffes sorties, je lui rendrais la pareille… Prince Consort, Prince Mort… Tous tomberaient. Le "Sauveur des Oubliés" passa alors à nos côtés, posant tour à tour sa main solitaire sur notre épaule, saluant notre courage et surtout, nous faisant ses adieux. Une clope quitta mon armure, l'allumant, je la repris entre deux doigts et la lui tendis. Le visage grave qu'il m'offrit n'augurait rien de bon. Trop de souvenirs, de souffrances peut-être…
 
- En souvenir du passé.
 
Hésitant aux premières secondes, il me remercia d'un hochement de tête, la mit à la bouche, et, une fraction de seconde je perçus quelque chose dans son regard. Une pointe d'amusement, comme s'il était prêt à se mesurer à son plus ancien ennemi, capable, cette clope lui offrant le courage manquant, de lui présenter un doigt majestueux comme symbole phallique de son envie de le tuer. Amusant. Mon casque reprit sa place, vérifiant les attaches, je suivais le gros de la troupe. Quelques "Oubliés" partaient dans d'autres directions, il nous fallait une diversion. Nous marchions alors à grands pas, rapidement, accompagnés d'étranges créatures, tentatives ratées de scientifiques, croisement entre des chevaux et des félins pour certains, entre des rhinocéros et des hérissons pour d'autres… Jamais elles n'avaient demandé à fouler le sol, ce soir, elles tomberaient aux côtés de celles et ceux qui les avaient adoptés, élevées, aimées. Le temps me paru si court que, lorsque nous faisions face à ces portes scellées, je ne pu considérer que plus d'une heure s'était écoulée. Une dernière phrase pour motiver les troupes, et le "Sauveur" usa de ses pouvoirs pour démolir ces masses de métal. Une vague de corps, d'hybrides et d'humains se rua sur les gardes en ville.
 
Les colosses de métal ne tardèrent pas à tomber sous les coups de cette vague armée. Et, comme je le pensais, les lumières ne tardèrent pas à s'allonger, rejoignant le sol, et enfin, le "Sauveur". Le bras étendu, sans arme, il détruisit plusieurs zeppelins sans sourciller. Voilà donc quelle était la puissance de l'homme qui faisait trembler la Citadelle. Me jetant dans la mêlée, je m'adressais – peut-être à tort – une dernière fois à la sorcière…

 
- N'oublie pas qu'une promesse non tenue est un mensonge. Je compte sur toi pour veiller sur le monde lorsque la lumière sera revenue.
 
Même si elle ne pouvait le voir, derrière mon casque, je souriais. Etait-ce l'excitation de toute cette violence qui m'offrait cette sadique béatitude ou bien, peut-être le fait de se trouver considéré comme une salvatrice. Une Sauveuse… Voir les deux. Mes armes crachaient leurs gerbes de flammes et de métal. Nombreux furent les gardes, les "Modifiés" envoyés par le Seigneur pour contrer notre attaque. La diversion réussie, ils ne pouvaient tous nous arrêter. Les ruelles trop étroites, les habitants apeurés courrant en tout sens… Nous n'étions qu'une poignée comparée à eux… Mais assez pour renverser un régime. Jusqu'au moment où tout changea. Des golems de métal, robots gigantesques créés artificiellement marchaient jusqu'à nous. Lourds, patauds, mais sans états d'âmes… Ils marchaient autant sur les civils que sur leurs propres troupes. Un pied gigantesque passa au dessus de moi, et, alors que je m'apprêtais à sauter pour éviter de finir écrasée, tout devint noir. Dans cette bulle d'obscurité le Sorcier m'apparu, serein.
 
- Sache que ce combat n'est pas le tien Ocelot. Vous avez toutes deux un désir. J'use ici de mes dernières forces. Tout comme toi, je désire rejoindre la femme que j'aime. L'amazone est devant lui, quand à toi… Je ne peux que te remercier pour cette clope, elle avait le goût de la victoire. Merci. Du fond du cœur.
 
L'image qui suivit était indescriptible, mélange de souffrance et de cris d'agonie. Le "Sauveur" se trouvait encerclés par des Golems, et moi, là où je me trouvais, je ne pouvais rien faire de plus ; je dus regarder l'homme mourir. Brisé jusqu'à la moindre parcelle de sa vie. Je vis son sourire une dernière fois. Un homme chute, un monde s'élève. Mes pieds sentirent le sol froid, l'odeur du carrelage, mélangé à celui de l'opium et du sang. Enfin revenue là où je devais l'être. Seule, j'eu une pensée pour la Sorcière, et, tout en poussant les battants des portes qui me séparaient des Princes, j'eu une pensée pour elle… Celle que j'aimais… La colère m'envahie alors. Le temps était venu.
Lénore Dunkel
Ocelot

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Jeu 20 Juin - 18:58
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Au-delà du cuir et des vapeurs… Lénore Dunkel & Calypso Makhaira

Ne disant mot, j’écoutais ma complice jusqu’au bout, laissant vider ce qu’elle avait sur le cœur. La magie devait être aussi, la seule chose que le seigneur de l’ombre ne pouvait contrôler, et donc la seule force capable de le contrer. Il avait la science, la puissance des éléments et la connaissance avec lui, mais nous, ce fut les arcanes et la foi. Depuis bien longtemps, cet être monstrueux, avait plonger notre univers dans les ténèbres et il était temps d’inverser les choses. Toutefois, je doutais fortement de pouvoir assumer un tel rôle dans ce nouveau monde. Ma propre « magie » ne me donnait aucun droit de prétendre être reine ou déesse. À l’instar d’Ocelot, je n’étais pas une sorcière. On pouvait dire une bénie, mais, qui avait un seul et unique rôle à respecter. Qu’allait-il m’arriver après dans ce cas ? Aucune idée, seul l’avenir le dira, mon sort était entre les mains des dieux.

C’était la première fois que je vis son visage, et je comprenais pourquoi elle le cachait. Afin de dissimuler une tête monstrueuse, celle de la colère. Une puissante émotion qui transformait aussi bien le corps et l’âme. Moi-même, ce fut le cas. Tout comme Ocelot, tout comme la quasi-totalité de ces peuples et notre amie, je fus brisée, perdue des êtres chères. On pouvait dire que nous avions beaucoup de chance d’avoir survécu, c’était sans doute vrai. Cependant, le fait d’être le dernier ou la dernière, ne plus avoir sa famille, ses amies, les siens, ressemblait à une punition. Devoir airer dans le monde seule, incomprise, nous montrant le futur d’une solitaire qui devra se coucher dans sa tombe tout aussi seule, abandonnée… Mais ne nous croyons pas maudit pour autant, car tout cela, était la faute d’un seul et unique même homme.

Le signal fut lancé, le grand combat allait à présent commencer. A peine arrivée, j’aurais pus trouver cela précipité, mais ces gens devaient se préparaient depuis des lunes. Personnellement, j’aurais aimée agir seule. Coupant la tête du serpent, ses armées de fers et de vapeurs seraient hors-jeu. Mais je n’avais aucune autorité, aucune raison de leur commander quoi que ce soit, et ils désiraient tous en découdre. Le mieux que je puisse faire, serait d’en finir le plus vite possible, une lame à travers son cœur.

La femme fer me rappela son souhait avant tout, veillais sur ce monde, mais en serais-je capable ? Cela poussait à se poser un tas de question, mais nous verrons cela après. Favorisant les hauteurs, je profitais de l’avantage donné par le sorcier pour fendre les airs et trancher au passage toutes résistances se tenant devant moi. Les gardes, les machines… Tous ces opposants tombaient son mon glas. Bénéficient de la vitesse d’Hermès et de l’effet de surprise, c’était une longue allée de destruction et de mort que je laissais derrière moi, au milieu même d’un chaos sans nom. La tour était assiégée. Et vue les titans qui la gardaient, la prendre serait difficile. Mais, aurait-il besoin de la conquérir ? Il suffisait juste de faire échec et mat au roi pour remporter la victoire après tout. Mais nous, même si notre roi tombait, nous pouvions poursuivre le combat.

Arrivant sur un des rebords de la tour, je jetais justement un dernier regard à la bataille. Comment des gens simples et maudits par ce monde, pouvaient gagner ? À moins d’un miracle, tous allaient finir massacrer, et loin de créer un scandale, le seigneur des ombres se frotterait les mains en se débarrassant de la plèbe. Ces « parasites » en moins, il devrait mieux respirer. Alors, allons l’aider à lui couper pour de bons le souffle. Gravissant le mur, j’entrais par ce qui ressemblait à une fenêtre. Et le décor ici, n’avait rien à voir avec ce que j’avais vu jusqu’à présent.

On y reconnaissait toujours le même style architectural, mais l’intérieur était décoré comme ces antiques palais romains, aux colonnes de marbres, tentures, poterie et plus moderne, des tableaux reflétant sans doute la gloire du seigneur des lieux, mais n’étant en fait que des projections d’horreurs. Je trouvais aisément des recoins où me dissimuler, que ce soit une colonne, un rideau ou une table, je me faufilais derrière les gardes, éliminent ceux pouvant disparaître en toute discrétion, afin de ne pas sonner l’alarme, comme quoi l’ennemie était déjà dans leurs murs. Mais ce plan ne pouvait durer, car déjà j’entendais crier que quelqu’un venait de franchir les portes. Ceci n’étant pas moi, je pouvais avancer, restant encore invisible aux occupants de la tour.

Alors que je remontais un des couloirs, je tombais sur des images, venant d’écrans. Cet empire s’en servait pour communiquer ses messages, souvent de la propagande. Sauf que là, je comprenais qu’il s’agissait d’images de surveillance. Des sentinelles sans âmes, dévoilaient ceux qui se passait et qu’elle ne fut pas le choc en voyant ces personnes sans couleur, mais reconnaissable, défilaient devant mes yeux. Là, ce fut comme si le sol se dérobait sous mes pieds… Mon esprit se brouilla, je cru rêver, mon cœur était mélangé entre l’espoir et l’incompréhension. Mais sentant une nouvelle énergie m’habitait, je me dépêchais d’aller rejoindre le dieu de ce monde.

"Comment serait-ce possible ? Il doit y avoir une explication. Ou alors, ce serait un tour de ce maudit maître des ombres."

L’agitation dehors, et visiblement dans la tour, avait considérablement réduit la protection du seigneur. Mais je ne voulais tenter de passer par la grande porte, ce serait idiot. La salle du trône ressemblait pourtant à un immense coffre-fort, comme celui d’Hadès. Mais enfermant des êtres vivants, il fallait que de l’air entre, et c’était par un de ces conduits, que je suis passée pour le rejoindre. D’un pas léger, le métal ne trahissais pas ma présence, et je me faufilais ainsi au nez et la barbe de tous une fois de plus, sentant venir enfin le grand moment, celui où je bondirais sur cette ordure pour lui planter ma dague dans son cœur.

:copyright:️ YOU_COMPLETE_MESS

__________

The heart of Justice is pure, his arm is frightened.


Music:
 

Au-delà du cuir et des vapeurs… [PV Calypso Makhaira] 3hv5
Calypso Makhaira
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Au-delà du cuir et des vapeurs… [PV Calypso Makhaira] Dbzm

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Mar 25 Juin - 8:22
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Il avait donné sa vie pour nous, pour eux, pour moi. Ce sorcier borgne fumant comme un zeppelin m'avait laissé un souvenir impérissable, et surtout, un espoir des plus puissant. C'en était rassurant. Pourtant j'étais là, face à cette immense porte qui laissait entendre des cris de douleurs, des plaintes, des suppliques. Mes dents se serrèrent, une fois encore j'allais devoir affronter mes démons, ces Princes démoniaques que je ne pourrais faire autrement que de tuer. Ils avaient prit des vies, des âmes, et bien plus à certaines de leurs victimes. Ma main caressant un de mes revolvers, mon pied enfonça la porte. La violence fut telle que le bois éclata et qu'une planche vola alors, écrasant le plus jeune des Princes. D'un bond, la fumée de mon armure me permettant de me déplacer plus rapidement que quiconque ici, je terminais ma basse besogne. Un tir, précis. La déflagration lui arracha la majeure partie du visage, une oreille vola dans la pièce, suivant un œil et quelques morceaux de chair sanguinolente. Les femmes auxquelles ils volaient hardiment leur dignité tentaient de s'échapper de leurs griffes et, secouant les chaînes qui les retenaient au sol, se blessaient plus qu'elles ne l'aurait pensé. C'était donc ainsi que je ma vengeance commençait. Droite, digne et remplie d'une haine sans limite, la visière de mon casque passa sur chaque visage princier. La peur laissa rapidement place à la haine, ils étaient fous, nourris par la haine et la colère, l'emprise que leur "Père" avait sur eux réduisait à néant toute volonté propre. Il m'avait "prise", maintenant, c'était mon tour…

Un regard vide se tourna vers moi. Une des femmes me fixait, dénuée de toute existence humaine, que lui avaient-ils fait subir pour que même son humanité ne vienne à disparaître ? C'était impardonnable… Comme simple réponse à mon arrivée, le plus grand des Princes tira sur une des chaînes, ramenant sa victime plus près de lui. Fixant mon casque, la fumée sortant de mon dos, il se contenta, lentement, avec la précision d'un chirurgien, de lui ouvrir la gorge avec une dague cachée sous son oreiller. Laissant choir le corps sur le sol, ce dernier se vida de son sang ; le liquide coula jusqu'à mes pieds… Comme un appel provenant du monde lui-même, les cris des Oubliés vinrent jusqu'à moi. Je tirais plusieurs fois, esquivant leurs coups. Modifiés jusqu'à la mœlle de leurs os, ils étaient bien plus rapide, plus fort et surtout, plus violent que moi. L'un d'eux, le cadet au vu de sa taille se téléportait ; ses lames volantes caressèrent ma visière, alors que le dernier né encore en vie projeta son poing dans ma direction. Ne pouvant esquiver l'ensemble de leurs coups, je pris ce dernier de plein fouet. Mon casque vola alors loin de moi. Dévoilant mon visage. Mes cheveux rouges volèrent dans mon dos, dévoilant le véritable faciès de l'être qui avait osé prendre la vie de l'un des leurs. Mon armure dissimulaient le reste de mon corps, tandis qu'eux, rapidement, arboraient désormais des vêtements richement décorés et un air satisfait.

Allaient-ils me reconnaître ? J'en doutais. Trop de femmes, trop d'êtres vivants, impuissants, s'étaient vus détruits par leurs actes. Mais pour ma part, je savais qui je devais tuer en premier, puis en second… Et enfin, en dernier. Le plus jeune n'étais qu'un avant-goût de leur propre déchéance. Une vie pour une vie. Mes armes ne me serviraient plus à rien. Pas celles-ci en tous cas. Ils étaient plus rapides qu'une balle, il me fallait faire autrement… Agir, intelligemment. Une nouvelle vague d'attaques, j'esquivais, me concentrant sur ce point, encaissant et contrant les coups que je pouvais distinguer, esquivant les autres, ceux qui auraient eu raison de moi. Puis se fut l'instant que j'attendais. Le second Prince – celui là même qui m'avait brisé les jambes alors que l'aîné me brisait le corps –, m'attrapa. Ses bras développaient une puissance hors du commun, le plus petit de ses muscles se trouvaient modifié par je ne sais quelle technologie. Il ria alors que son étreinte se resserrait. Bien… Encore un peu de patience. Le Prince serra encore, et encore. La fumée sortie de mes tubes dorsaux, d'un mouvement de la tête, je lui envoyais l'arrière de mon crâne dans le nez. Sans lâcher sa proie, il recula, me levant en même temps du sol. Parfait. Tapant sur le centre névralgique de mon armure, la lampe qui éclairait ma poitrine se mit à briller d'une lueur aveuglante. Le métal s'écarta, et j'en sorti… La scène qui s'en suivit aurait fait rougir leur père en personne. Fondant sous la chaleur et la pression des bonbonnes, l'armure qui m'avait sauvé la vie jusqu'à présent enroba le Prince. Dans un simulacre de cris de douleurs, il tentait de s'en défaire, et plus il le faisait, plus le métal l'absorbait. Technologie divine ou malédiction. Peu importait. Une lame sortie alors du cou de cette dernière, lui transperçant la gorge et ressortant par la pointe de son crâne, exhibant en même temps une partie de son cerveau sanguinolent. Le cadavre s'écroulant sur le sol, n'eu pour dernières salutations qu'un coup de pied qui le fit voler à travers les vitres qui éclatèrent sous l'impact.

Nous n'étions plus que trois. Trois se faisant face. Les victimes n'étaient que du menu fretin pour eux. Désormais, c'était mon corps qu'ils désiraient. Jamais encore une femme ne leur avait résisté. Plus depuis… Moi. Des chaînes tintèrent derrière moi, s'enroulant autour de mon cou, je chancelais sur le sol. Une partie de mon armure était encore accrochée à mon corps, mes jambes ! Traînée sur le dos, tentant en vain de retirer ces attaches d'acier, mes épaules raclaient le sol, frappant et couvrant d'hématomes mon corps qui, un peu plus à chacun de mes mouvements, sentaient l'impact violent et froid du marbre. La voix me tira des songes qui commençaient à prendre part dans mon esprit. Il riait, m'insultait, me traitant comme une simple poupée de chiffon et pire encore… Comme leur jouet. Une promesse non tenue était un mensonge Ocelot. Ne l'oublie jamais. Chacun son tour de tirer sur la chaîne. Mes mains agrippèrent les liens, et tirant de toutes mes forces, seul le fait de récupérer un peu d'oxygène réussit là où j'eu espérer bien autre chose. A genoux devant un de mes anciens bourreaux, haletant comme un animal, je sentais son regard amusé et fier se poser sur moi.


- Jamais l'Ocelot ne pose genou à terre.

L'idée me vint soudainement, sauvage, violente et… Intéressante. Mes mains libres s'élevèrent vers le ciel, le réflexe de se protéger la gorge ne lui servit à rien. Ce n'était pas cela que je visais, mais quelque chose de plus bas. Mes ongles s'enfoncèrent dans la chair, et, poussée par la rage et la colère, j'arrachais ce qu'il considérait comme était la principale fierté masculine. Emasculé. Honteux. Il se vida à son tour de son sang. Tombant à genoux, et me faisant face, son regard se planta dans le mien. Modifiés, renforcés, mais toujours humain dans les fondements… Retirant la chaîne qui m'enserrait encore, je m'en servis pour le tirer derrière moi, ou plutôt, pour tirer ce qui restait du Prince. L'aîné. Le Fils Prodigue du Seigneur. Etait là, il l'avait toujours été. Après son père, ce fut lui qui m'asséna souffrance et honte. Le cadavre de son frère percuta ses pieds. Assit, fier comme un paon. Entouré des deux dernières victimes encore en vie, ce dernier me fixa. Dédaigneux. Il m'invita à avancer. Aucune peur, pas même une volonté de combattre. Juste une décision fondamentale. Celle de terminer ce qu'il n'avait pu faire la première fois. Son index appuya sur un bouton dissimulé. Une nuée de lames traversèrent la pièce, comme il l'avait prévu, je n'eu aucun mal à toutes les esquiver. Sauf une. La sienne. Tranchant le tube qui reliait la bombonne de fumée de la mécanique de mes jambes, je me retrouvais à tomber sur le sol. Rampant à ses pieds. Folle de rage. Son pied rencontra mon menton et, quelques secondes après, mon crâne frappa le sol une nouvelle fois.

- Voilà qui est amusant. La seule créature ayant réussi à s'enfuir est revenue chercher sa punition on dirait. Il est dommage que Père ne soit occupé avec quelqu'un d'autre. Car oui, je sais ce que vous faites, ou plutôt, ce que vous tentez de faire l'une et l'autre. Votre minable rébellion sera oubliée et matée d'ici peu. Nous n'avons pas besoin de votre magie, pas plus que d'une aide extérieure. (Il se baissa, je pouvais sentir son haleine caresser mon visage.) Vous êtes plus mortes que vivantes, toi… Je vais te garder et prendre ce qui m'a échappé la première fois. Tu vois, j'ai bonne mémoire. Mes frères ne sont rien de plus que de la chair à canon. Moi, je n'ai pas été… Comme vous dites déjà ? Modifié ? Je suis resté moi. Maintenant je vais te le montrer…

Se relevant, il claqua des doigts et les deux femmes, comme hypnotisées, vinrent jusqu'à lui, puis, se lovant contre leur "maître" le déshabillèrent sensuellement. Ouvrant les bras, désireux que mon regard vienne à "apprécier" le spectacle de son anatomie, il s'approcha un peu plus de moi. Des images me revinrent. De la souffrance. Des cris. Une volonté de tenir une promesse. D'un geste rapide, je retirais mon revolver du holster dorsal. Les premiers n'étaient que des jouets pour m'occuper des minables qui l'entouraient. Ma cible, n'était autre que lui. Lui et lui seul. Ma dernière offrande serait de me libérer de mon fardeau. Appuyant sur la gâchette, je prononçais quelques mots, les derniers que je prononcerais avant de mourir…

- Nous n'avons pas tous besoin de la magie…

La seule et unique balle qui restait dans le canon s'envola dans les airs, traversant le vide qui séparait l'arme de sa cible, et, pénétrant la chair, la brûla, pénétrant le crâne, et, continuant son chemin, carbonisa les deux hémisphères du cerveau avant de ressortir de l'autre côté. Je le vis tituber, nu comme au premier jour de sa vie. Rendu à son manque d'existence. Renvoyé au vide. La douleur monta dans mon cerveau, et, alors que mes yeux se fermaient, j'entendais une porte se briser. Au loin, les cris continuaient de s'élever, mais désormais, c'était des chants de victoire, des pleurs de joie et surtout… Des explosions de zeppelins. Souriante, je me laissais partir. Peut-être que les deux femmes pleuraient leur bourreau, ou alors avaient-elles choisi de s'enfuir… Pour ma part, mon cœur semblait vouloir s'arrêter de battre. Nous avions réussi, à quel prix ? Je ne pouvais le savoir, et ne le saurais peut-être jamais. Fermer les yeux une dernière fois. Saluer les ombres et surtout. La retrouver.

Mon bras retomba lourdement sur le sol, mon arme frappa le marbre et mes muscles se raidirent… J'étais heureuse. Libre. Je n'avais qu'un seul regret, celui de ne pouvoir voir se lever, demain matin, le soleil sur un monde affranchi de la volonté de son ancien Seigneur. Car oui, je sentais au fond de moi qu'elle avait réussi. La fille de la magie… Aller. Maintenant, je devais dormir. Oui, dormir…
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Lun 2 Sep - 19:24
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Au-delà du cuir et des vapeurs… Lénore Dunkel & Calypso Makhaira

D'où vient cette musique ?

La salle du trône était décorée d’une façon tout à fait grossière. Là où chez nous, c’était du marbre recouvrant tout, avec des ornements d’or et d’argent, ici tout était lourdement décoré de draperies, pendant des murs et recouvrant le sol. À la manière d’un lupanar. Des statues dorées surveillaient la marche principale jusqu’au seigneur, eux même sous l’étroite vigilance de tableaux accrocher au mur, représentant des êtres à la mine sombre, vêtu de long manteau noir et à l’œil sévère. Une faible musique, probablement du piano, résonnait entre les murs, mais où se cachait le compositeur ? Le trône justement, était lourdement décoré. Recouvert d’or, des chauves-souris sculptées, en sortaient de la tête du siège, jusqu’aux accoudoirs, une autre idée faisant fortement penser à Hadès. Mais au-dessus des quelques marches, reposant sur ce trône de l’horreur, se trouvait la personne que jamais, je ne crus un jour revoir. Et la musique que nous entendions, ne faisait qu’ajouter à l’intensité du moment.

Nous avions un plan, une ligne droite à suivre. Et comme toute bonne stratégie digne d’Athéna, nous suivions les instructions avec la foi que tout se passerait comme convenu. Que les Parques étaient de notre côté, qu’aucune fourberie du destin, ne viendrait mettre à mal nos dessins. Et pourtant… Et pourtant nous pouvions commettre la folie d’oublier que nous devions combattre la ruse, la malveillance incarnée. C’était le dieu de ce monde, celui qui le remodelait à son image, à apprit à maîtriser la nature, la vie et pourquoi pas la magie. Mais il n’était que le corrupteur, le destructeur… Un être démoniaque qu’il fallait supprimer. Et j’en étais plus que convaincu lorsque je versais à nouveau des larmes, ressentant la chaleur de ces dernières me brûlaient les joues, mais ne pouvant plus me retenir.

"Princesse Diana ?"

Sur le trône, reposait un corps. Morte ou vivant ? Difficile à dire. Je reconnaissais les traits de notre souveraine, fine, élégante, aux longs cheveux noirs sauvage. Mais ce que nous avions devant nous, n’était plus… Elle portait une longue robe rouge. Sauf qu’au lieu de porter l’élégance des dames de cette ville, on y voyait beaucoup de sa chaire, une tenue moulante, qui montrait bien ses formes, sa gorge, ses bras… Mais sa peau, elle était toute fripée, grisâtre, on aurait dit un cadavre desséché. Diana était l’incarnation de la bonté et de l’espoir pour notre peuple. Une lumière dans ce monde de ténèbres, mais qui fut souillé par la sorte. Là, mon monde déjà mort, ses vestiges semblaient s’effondrer à leur tour, ne laissant plus que néant en moi, la mort de l’espérance. Ce fut alors qu’une voix résonna entre ces murs.

"Comment crois-tu que j'eus connaissance de ton île, et de la magie ?"
"Monstre ! Elle était venue te voir pour parler de paix ! Et tu en a fait un vulgaire trophée !"
"Tout ce que j’ai fait, était dans l’unique but de protégé notre monde. On peut discuter de mes methodes, mais grâce à moi, plus aucun voleur, ASSASSIN ! Violeur… Ne trainent dans les rues."
"Parce que tu les as remplacer ! Toi et ta maudite engeance, vous tuez et violez par plaisir."
"Un autre problème que je m’occuperais. Mais quand ta princesse est venue chez moi me parlant de paix… J’ai vite compris que d’autres menacent planées sur nous. Les amazones, la magie, les dieux ! Il fallait que j’en ai le contrôle, sinon vous viendriez tous nous anéantir !"
"Tu es un grand malade ! Montre toi donc, au lieu de te cacher dans l’ombre comme tu aimes le faire !"

À ma plus grande surprise, ce ne fut pas le seigneur des ombres qui vint à ma rencontre, mais… Diana venait de bouger. Sa tête momifiée tourna vers et lança un hurlement de furie. D’un bon, elle sauta du trône et tenta de me retomber dessus, dévoilant deux longues lames ayant remplacé ses avants bras. Quelle horreur ! On en avait fait une abomination. À chacun de ses mouvements, on pouvait entendre un bruit métallique. C’était donc pire, on avait charcuté notre princesse pour en faire cette chose. Une mort longue et suppliante. Toutefois, j’eus gardé espoir que Diana était encore là, l’appelant, cherchant à la raisonnée, mais à chaque fois que je disais son nom, le seigneur de l’ombre riait, jouant de plus en plus fort. Diana, enfin ce qui en restait, était devenue une bête sans âmes.

Elle était dotée d’une grâce féline. Chacune de ses attaques ressemblait à une danse macabre où les lames remplaçaient les foulards. Diana tournoyait dans les airs, poussaient ses cris perçants. Et malgré ma propre agilité, je n’arrivais pas à l’approcher. Un moment, je voulus me mettre à l’abri en bondissant au sommet d’une des statues. Le seigneur se moqua de moi, me traitant de petit chaton apeuré. Mais mon abri ne fit pas long feu. Ses épées étant si tranchantes, la Diana maudite coupa en deux mon support qui s’effondra. Je ne pouvais donc que bondir et esquiver, comprenant que le moindre contact causerait ma perte. Et notre ennemi qui ne faisait que rire et rire encore… Mais où pouvait-il donc se cacher ?

À un moment, je me retrouvais complétement à sa merci. Ayant gardé sa force d’antan, la créature me décocha un coup de pied, qui me déstabilisa. Profitant de cette chance, elle abattit ses lames sur moi, et par réflexe, je me protégeais de ma lame. Je croyais qu’elle allait se briser et qu’il en serait fait de moi. Au lieu de cela, mon arme tenait bon, la bénédiction de la déesse faisait effet et je l’en remercier. Mais une autre erreur fut commise, je n’eus prêté attention à la musique qui s’était tue. Un coup de feu résonna dans toute la salle du trône, et je me vis projeter en avant sur quelques mètres. Juste sauner, je regardais en arrière, pour voir d’où venait le tir.

Juste à côté du trône, se tenait un homme. Grand, richement vêtu, un long manteau noir lui descendant aux chevilles, des bottes de cuir, et couronné d’un casque luisant surmontée de deux cornes pointues, bien droite, il avait un visage aussi beau que terrifiant. Aucune difficulté à le reconnaitre. L’homme souffla la fumée de son canon avant de s’adresser à moi.

"J’admire ton audace. Ton courage et ta force. Mais très bientôt, mon entreprise aura fini de percer les secrets de ton île et de ta magie grâce à ton ancienne souveraine. Tu ne seras plus qu’une relique du passé. Plus aucun danger, mon MONDE sera en paix ! Plus personne n’aura à perdre un être chère de la main d’un fou !"
"Mais… Malgré tous tes efforts, tu ne pourras tout contrôler, tu n’es qu’un mortel arrogant et dément. Et ceci, va donc causer ta perte…"
"A oui ? Et qu’est-ce que je n’arriverais pas à comprendre ? Jusqu’ici, tous les secrets se révèlent à moi."

Fermant un bref moment les yeux, je lançais une ultime prière à la déesse. Puis, ma rage éclata au grand jour. Je venais à ramper vers notre ennemi. Ramper oui, car à travers un nuage de colère et de vengeance, je n’étais plus celle qu’on connaissait. Le grand don des dieux pouvait se manifester. Bénéficiant d’une nouvelle vigueur, et d’une force décuplée, les restes de Diana furent chasser sur mon passage, et je bondissais sur l’homme de l’Ombre, l’entravant de mes anneaux poussant à mon tour un rugissement. Cette ordure fut effrayée, il poussa un cri de désarroi, beuglant :

"Mais ! Mais ! Quelle est donc cette sorcellerie ! Qu’es-tu donc ?!"

Il fut médusé devant mon regard meurtrier, mais ravis de sa terreur, ma tête couronnée de reptiles qui crachaient à l’unisson contre celui qui fut maudit des dieux. Je sentais sous ma peau écailleuse, qu’il tentait d’attraper quelque chose, mais je ne lui en laissai point le temps. D’un cri pousser, mais yeux s’illuminèrent, frappant le regard du seigneur des ombres. Il s’étouffa dans un râlement, avant que tout son corps, ses muscles se raidirent et que sa chaire ne devenait plus que pierre à jamais. Ma colère ne fut pas terminée, car dans un nouvel élan de rage, je lançais avec mon long membre reptilien, le corps pétrifié du dieu-monstre contre un mur, ce qui la pulvérisé en une centaine de débris, et sonna la fin définitive de son histoire.

Et quant à Diana, elle aurait pu se jeter sur moi et venger son « maitre ». Mais je retrouvais son corps inerte. Le moyen de contrôle du seigneur des ombres, dut disparaitre en même temps que lui. Me posant doucement à ses côtés, je venais petit à petit à trembler. Mes formes redevenaient normales, ma queue se divisa pour redevenir une paire de jambes, et mes serpents, dans un dernier sifflement, tombèrent de long de ma tête pour devenir de longues mèches blondes. En quelques secondes, je redevenais normal, mais je pleurais. Mes larmes se versaient sur le corps de notre bien aimée princesse, morte en martyre, morte pour nous. Et malgré la joie du peuple pour leur victoire, je pleurais pour toutes les pertes connues pour elle. Le prix… Était bien trop lourd…

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Calypso Makhaira
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Jeu 5 Sep - 9:26
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