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 Elle arrive la Bête en Noir

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ADMIN ♔ The Dark Knight
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MessageSujet: Elle arrive la Bête en Noir   Mar 7 Aoû - 15:49


La nuit était tombée depuis quelques heures déjà sur Gotham, qui semblait prendre vie avec la mort du soleil, comme une cité infestée de nosferatus faisant profil bas jusqu'à pouvoir s'extraire de leurs cercueils de pierre et de béton. Non loin du théâtre au quartier lumineux et parsemé de boutiques et de vendeurs nocturnes sur les trottoirs, partageant les sourires et le désir général de s'amuser qui choquerait le ressenti populaire d'autres villes du monde où la réputation de Gotham était aussi terrible que repoussante, il y avait une ruelle plus discrète, étroite et à l'apparence malfamée - car l'habit faisait le moine à Gotham, c'était bien connu.

Un homme s'était engagé dans la ruelle, il transpirait à grosses gouttes, soufflait, soupirait, retenait des gémissements de douleur et titubait de sa marche rapide maladroite et tremblante. Il s'était dirigé vers une porte de garage dont on pouvait bien se demander ce qu'elle faisait ici, car même une voiture coccinelle aurait bien du mal à s'insérer. Il se tenait la main, couverte de sang poisseux et à laquelle il manquait l'auriculaire jusqu'à la première phalange à la peau sèche et noircie. On lui avait sectionné les deux premières phalanges et cautérisé la plaie sans doute peu de temps après, à sentir l'odeur de cochon grillé et en voir la cloque dégoûtante.

La souffrance qu'il endurait de son amputation accentuait grandement la meurtrissure évidente de sa mâchoire enflée et ses lèvres éclatées, sans parler de sa jambe boiteuse l'empêchant de véritablement courir malgré tous les efforts qu'il mettait pour aller le plus vite possible. A peine eut-il atteint la porte qu'il la poussa brutalement d'un coup d'épaule dans le but de disparaître derrière, comme un pauvre hère fuyant un chien en rage et affamé.

A l'intérieur, il longea un couloir inquiétant, absent de toute lampe, tagué de façon chaotique un peu partout et tout du long, des poubelles, des palettes cassées et abandonnées, des sacs de vêtements et autres détritus jonchaient le sol ou formaient des tas d'un coté et de l'autre, on y trouvait parmi tant d'autres choses des roues de voiture, un moteur, de l'électroménager parsemé de gras... il n'y aurait pas assez de plusieurs heures pour faire l'inventaire de tous ces déchets. Cependant l'homme qui se frayait un chemin dans ces immondices se moquait bien de ce qui pouvait s'y trouver, il se cognait d'un mur à un autre faute de pouvoir rester stable, manquant de trébucher sur une moitié de palette fracassée, tapant dans des conserves pleines de moisissures dont l'écho ne manquerait pas d'alerter d'éventuels occupants.

C'est d'ailleurs ce qui se passa, lorsque à l'autre bout du couloir, une lumière jaillie de la porte boisée et rongée s'ouvrant pour laisser apparaître un homme armé d'un long fusil-mitrailleur, qui le dressa en joug tout en scrutant tant bien que mal celui qui était prit d'une folle course.

« Arrête d'avancer ou je te plombe ! » Gronda t-il, prudent, à l'attention du dératé qui lui, s'était rapidement arrêté l'épaule au mur en haletant grossièrement, le front suant à grosses gouttes.

« Armando, c'est moi Miguel, faut que je lui parle ! »
« Miguel ? » Entama l'homme armé en s'approchant de quelques pas pour mieux distinguer son vis à vis resté à dix mètres. « Pourquoi tu cours comme ça ? T'as un fantôme au cul ? Hey... t'as quoi à la main ? »
« On a pas le temps ! Il faut que je lui parle tout de suite ! Elle arrive ! Elle arrive... »

L'amputé se mit à sangloter avec un mal fou à retrouver une respiration stable tandis qu'il posait la tête contre le mur de même. Il était de toute évidence traumatisé et terrifié. Par quoi ? L'homme armé ne pouvait pas le deviner. Mais à l'entendre, il ne s'agissait pas d'un gang rival.

« C'est qui elle ? Tu veux te pointer dans cet état devant le chef coño ? Il va pas aimer tes manières. »
« J'ai perdu un doigt enfoiré ! Tu crois que je l'ai coupé tout seul ?! Je dois lui parler ! Elle arrive ! »

L'homme armé grommela des insultes dans sa barbe avant de baisser son arme qu'il lâcha d'une main, celle libérée indiqua l'amputé de l'index en reculant vers la porte, comme s'il le tenait toujours en joug.

« Tu attends là. » Dit-il jusqu'à ouvrir la porte vers ce qui ressemblait à un hangar de l'épaule sans y entrer. « Aldo, Miguel est là et il est dans un sale état, il veut te parler. Il dit que quelqu'un arrive, il a peut-être été suivi. »
« Fais entrer ce perro et surveille le couloir. Et bute-moi ce qui cherche à entrer bastardo au lieu de discuter ! »
« Désolé Aldo. » Rétorqua Armando en levant une main désolée, avant de se tourner vers Miguel avec un aplomb bien plus affirmé. « Entre sale coño, et nous fout pas dans la merde avec les clients. »

L'amputé, qui était resté affaissé au mur en tremblant de tout son corps, reniflant sa sueur et respirant toute sa peine, se redressa d'une franche grimace et suivi le reste de couloir d'une marche rapide jusqu'à passer à coté d'Armando qui le regardait avec un certain mépris de haut en bas, puis ce dernier referma la porte derrière Miguel.

A l'intérieur, celui-ci découvrit le large hangar de pierre, au toit boisé voyant les poutres apparentes, alors qu'à leur droite, le grand mur disposait de grandes fenêtres à carreaux en formant une unique immense. Et dessous, un amas de meubles, d'échafaudages et de pots de peinture en grand nombre s'entassaient. Le reste de la pièce ne présentait pas beaucoup d'intérêts si ce n'était des caisses amassées, une table et des bières ; car la vingtaine d'hommes armés de fusils d'assaut et autres fusils à pompe et mitrailleuses qui étaient répartis dans la pièce attiraient bien plus l'attention, mais moins que les sept au centre.

Les trois qui lui donnaient dos s'étaient retournés et il était facile de distinguer les deux hommes de mains de chaque coté de leur patron, un type dégarni et plus vieux dans la bouche duquel un cigare sans doute hors de prix trônait. Un peu plus loin, son propre patron, Aldo, se distinguait entre eux avec ses trois gardes. Aldo était typique de tous les petits chefs mafieux de Gotham, à croire qu'ils se ressemblaient tous et sa veste en cuir, ses cheveux gominés et son cure-dent qu'il mâchouillait ne venaient pas contredire le tableau.

Miguel ne s'était pas arrêté en entrant et accéléra le pas, voyant les visiteurs s'écarter, hormis leur chef au cigare qui fit une grimace bien plus inquiétante que la sienne en l'observant le frôler de sa démarche dératée.

« Aldo ! Aldo il faut que tu m'aides ! »
« Mais qu'est-ce que t'as foutu estúpido ! » Rétorqua sèchement son patron qui monta rapidement de colère en voyant sa main amputée et ensanglantée.
« On.... on était en transaction avec les types de Schiller Street et... » Commença t-il à baragouiner tant bien que mal, essayant de parler vite et tombant à genoux devant Aldo. « Elle nous est tombée dessus, elle nous a laissé aucune chance, elle a brisé les jambes de Cristian. Elle... elle a posé des questions sur la gamine qu'Emiliano a tué l'autre jour. Elle m'a tranché le doigt avec ses couteaux... j'ai couru aussi vite que j'ai pu. Je... je les ai entendu hurler ! Elle doit pas me trouver Aldo, elle doit pas me trouver ! »
« Putain mais tu viens me faire chier en plein boulot avec tes conneries ! Tu veux que le boss nous flingue tous les deux ? Soit clair ! De qui tu parles ?! » Rugit Aldo en fixant Miguel d'un regard noir de honte et d'énervement.  
« La bestia en negro. » Lâcha l'amputé à demi-gémissant comme un couperet.

De lourds coups de feu en chaîne se firent subitement entendre de l'autre coté de la porte du hangar. Ce ne pouvait être qu'Armando, qui avait pris une cible dans le couloir. L'ensemble des hommes présents se crispèrent, certains sursautèrent malgré eux et tous se retournèrent brusquement vers la porte en tirant leurs armes si ce n'était pas déjà fait dans un concert de cliquetis des sécurités qui étaient retirées. Miguel lâcha un petit cri de panique et se tourna à son tour, plus lentement, en se recroquevillant presque au sol, terrifié.

Après plusieurs instants qui parurent interminables à percevoir le chargeur de la mitrailleuse d'Armando décimant ses munitions contre quelque chose, ou quelqu'un, un silence s’imposa dans un moment de flottement, puis il y eu un cri d'effroi qui s'étira plusieurs secondes durant, avant de s'évanouir.

« Gardez la porte en joug ! Si quelque chose entre, vous le descendez ! » Ordonna Aldo, qui ne fut guère contredit par les clients présents qui s'étaient tout autant armés et avaient mis la porte en joug en sortant soigneusement de l'axe de tir des autres.

« Elle est là... » S'horrifia l'amputé, les yeux écarquillés, avant de se tourner vers son patron en sombrant dans la panique. « Pitié Aldo ! Ne la laisse pas m'emmener ! Pitié ne la laisse pas m'emmener !! »

Un grondement tel le rugissement d'une monstruosité, jailli en même temps que d'aveuglantes et intenses lumières blanches vinrent éblouir le hangar au travers de l'immense fenêtre, dont l’encrassement et le découpage des carreaux ne permettait pas de distinguer la véritable forme du monstre. Il ne fallu que quelques instants à la troupe présente pour comprendre qu'il s'agissait des moteurs d'un véhicule volant, bien plus imposant et furieux que les hélicoptères de la police locale.

« TIREZ !! » Beugla Aldo.

Une fournaise de coups de feu brûla de toutes parts à peine eut-il prononcé ces mots, les dizaines d'armes hurlant ce qu'elles avaient en magasin dans un florilège d'éclats lumineux. Rapidement, l'immense fenêtre fut criblée d'éclats et fini par s'effriter, jusqu'à voir des morceaux entiers s'en détacher et aller s'écraser sur le sol, intérieur ou extérieur, pour progressivement dévoiler la terrible machine volante toute de noir constituée, qui ne ressemblait en rien à un hélicoptère ou autre avion de combat. C'était autre chose, de beaucoup plus inquiétant.



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