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 (jay&dick) Brothers in Arms - ft. Noah

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MessageSujet: (jay&dick) Brothers in Arms - ft. Noah   Dim 17 Juin - 14:35



Brothers in arms.


Les larmes les plus amer que l’on verse sur les tombes, viennent des mots que l’on n’a pas dits et des choses que l’on n’a pas faites. — Harriet Beecher Stowe




Jason Todd & Noah Byrd

Angoissé
963 mots
Les larmes les plus amer que l’on verse sur les tombes, viennent des mots que l’on n’a pas dits et des choses que l’on n’a pas faites.Harriet Beecher Stowe.

La sécurité n’avait pas été bien difficile à contourner : non pas qu’il ne s’agisse ici que de quelques branchements low-cost, bien au contraire ; cependant elle était sur bien de points similaire à son propre système. Capteurs de pression dissimulés aux endroits stratégiques, détecteurs de présence et caméras thermiques, il pouvait être comptabilisé autour de ce véritable bunker désaffecté tout l’équipement standard d’une chauve-souris. Dick se demanda brièvement où le propriétaire des lieux avait bien pu dégoter tout l’argent nécessaire à une telle installation - avant de se souvenir qu’il s’agissait d’un baron de la pègre, détail parmi tant d’autres qui avaient souvent tendance à échapper au jeune flic. Est-ce qu’il refusait d’admettre cette nouvelle réalité, ou est-ce que sa foi intangible le poussait à croire à une seconde face de la pièce ? Lui même ne le savait pas. Mais l’heure n’en était pas à une séance d’introspection.

Pratiquement une heure auparavant, au poste, Marcus lui avait joyeusement expliqué la situation : ils avaient finalement mis la main sur « cet enfoiré de Red Hood ». Et cette fois, c’était du sérieux. Il faut dire, après ce véritable massacre à Arkham la semaine précédente, le GCPD avait mis toutes ses ressources dans la recherche du criminel et assassin international, qui aurait d’après les sources été l’instigateur du désordre à l’asile. Jason et sa finesse. Après leurs précédentes altercations et la ferme conviction qu’avait mise Grayson dans la tâche que de le boucler quelques mois plus tôt, Marcus était pourtant persuadé de lui offrir la meilleure nouvelle de l’année. D’accord, peut-être la seconde, considérant le fait qu’il ait récemment demandé la main de Barbara. Il fut néanmoins surpris de ne découvrir qu’un sourire crispé de la part de l’officier ainé, puis de le voir rapidement disparaître.

Quelques minutes plus tard, les fusils d’assaut, gilets pare-balles et autres artefacts sur lesquelles on pouvait lire « SWATT » en lettres capitales étaient livrés au commissariat de Gotham.

C’était tout le temps qu’il avait fallu au justicier nocturne, toujours muni de son uniforme de civil, pour arriver à sa destination. Comme un instinct, Dick savait qu’il devait lui même confronter son frère cadet avant que les gros calibres du GCPD ne débarquent. Il ignorait encore s’il cherchait à protéger ses collègues ou bien celui qui fut autrefois son successeur ; probablement un mélange des deux, assaisonné par cette crainte pour le plus grand secret de leur famille racomodée. Cependant il n’avait pas réfléchi, il avait agi de ce qu’il pensait être la manière optimale.

Jason se cachait dans un vieux sous-sol désaffecté près des docks - idéal pour les transactions frauduleuses - qui n’apparaissait sur aucune des cartes de Gotham City. Dick avait maintenant pénétré l’antre du lion, se retrouvant dans ce véritable parc technologique, une sorte de batcave miniature et extrêmement bien organisée qui, dans d’autres circonstances, aurait fait sourire le garçon : son frère avait toujours été atypique. Il était cet enfant des rues, impulsif, arrogant et bagarreur, mais que l’on ne voyait jamais autrement qu’un livre à la main. A l’époque déjà, sa culture dépassait spectaculairement celle de tous les enfants de son âge... Et par dessus tout, contrairement à son prédécesseur, il était maniaque. Certaines choses demeurent intactes.

Dick évolua silencieusement dans cet espace sombre et sans vie, à l’instar de son propriétaire. Il ne pouvait s’empêcher de réfléchir, au temps où ils partageaient pratiquement le même toit, à ces jours bien plus joyeux au cours desquels il lui apprenait l’art du trapèze et des acrobaties. Mais les temps changent, et les gens aussi. Dick soupira, tentant d’ignorer cette boule qui se formait au fond de sa gorge. Regrets, nostalgie. Ces sentiments avaient un goût amer sur sa langue.

Son fil de pensées fut néanmoins brisé par l’arrivée inattendue d’un énorme malinois en face de lui, babines retroussées et poil hérissé, attitude clairement menaçante. Par surprise et peut-être bien un peu par méfiance, Grayson fit un pas en arrière, portant instinctivement la main à son holster. Un bandanna rouge autour de son cou, l’animal ne semblait avoir guère plus d’un an ; cependant il était bien soigné et sa musculature déjà bien développée. S’il décidait de lui sauter dessus, il était facilement capable de lui arracher un bras. Or, Dick, ayant grandi dans un cirque, aimait bien trop les animaux pour leur faire le moindre mal. Gamin, son meilleur ami était un éléphant, Zitka. C’est aussi pour cette raison qu’il les analysait si bien... Le malinois en face de lui n’avait pas les oreilles dressées sur sa tête, ses muscles n’étaient pas fléchis : il n’était pas en position d’attaque, mais adoptait plutôt une posture protectrice.

« Du calme, Murphy. N’enfonce pas tes crocs là dedans : ces oiseaux là, on sait jamais vraiment où ils ont traîné. », vint enfin cette moquerie familière.

« Jason. »

Le fauteuil à l’autre bout de la pièce se retourna pour enfin révéler son occupant, qui arborait un sourire narquois, comme s’il l’attendait depuis longtemps. Le chien, quant à lui, obéit instantanément à l’ordre vocal pour retourner s’asseoir en toute sérénité à côté de son maître, qui passa - curieusement - affectueusement sa main sur le sommet de sa tête.

« Dickie. »

Grayson changea maladroitement son pied d’appui. Le visage de Jason était totalement découvert, il ne portait pas même son masque domino habituel - ce qui permettait à son opposant de plonger son regard dans le sien. Et ce que Dick découvrit dans les yeux de celui qui se faisait maintenant appeler Red Hood lui glaça véritablement le sang...

...le néant.

__________

Circus boy.


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MessageSujet: Re: (jay&dick) Brothers in Arms - ft. Noah   Jeu 21 Juin - 20:05



Brothers in arms.


Les blessures persistent tandis que les souvenirs s’effacent ; mais le coeur, lui, n’oublie jamais.




Dick Grayson & Noah Byrd


Gotham City
Blasé

1 406 mots
Les blessures persistent tandis que les souvenirs s’effacent ; mais le coeur, lui, n’oublie jamais.

Red Hood fut bien loin de se trouver surpris par son visiteur clandestin : bien qu’il ignorait que Dick connaissait l’emplacement de son nouveau QG, il avait repéré son homologue dès qu’il avait approché son bunker en premier lieu. Simplement, il avait préféré le laisser se débrouiller comme un grand garçon avec son système de sécurité, l’attendant paisiblement dans son immense fauteuil tandis qu’il continuait à travailler sur son affaire : un trafique illicite sur son territoire. La transaction aurait lieu dans moins d’une heure, il faudrait donc rapidement se débarrasser de l’oiseau de nuit.

Néanmoins Jason avait toujours eu un petit faible pour la théâtralité ; pour la dimension à peine exagérée qu’il donnait parfois certaines scènes - dont l’arrivée de Dick dans sa hoodcave ne faisait point abstraction. Les faux airs parodiques de film d’espionnage à la James Bond illustraient ainsi parfaitement tout le crédit qu’il voulait bien accorder au premier garçon prodige, c’est à dire pas énormément.  Et si l’on doutait encore de sa position au regard de celui qui fut un jour son frère, il n’y avait qu’à observer ce petit sourire provoquant qu’il savait mettre son opposant hors de lui.

« J’ai même droit à l’uniforme officiel ? Hm, si j’étais Babs j’te dévorerais sur place ! », dit-il, moqueur, alors que son arrogance étira encore un peu plus la commissure de ses lèvres.

Comme attendu, Dick se contenta simplement de lever les yeux au ciel à cette remarque puérile, refusant d’entrer dans son petit jeu pervers. Après tout, c’est de cette manière que ça fonctionnait entre eux, à présent. Les rares fois où les anciens Robins s’étaient croisés depuis la résurrection de Saint-Jason, ce n’avaient été que vacheries sur vacheries ; du moins lorsque les poings n’entraient pas en jeu.

Jason s’affala encore un peu plus dans son fauteuil, ramenant avec dédain sa jambe droite sur son genoux gauche avant de soupirer d’une lassitude non feinte.

« Tu sais, si tu voulais passer dire bonjour, t’avais qu’à envoyer un message... J’aurais augmenté la sécurité de ma planque. »

« Jason, j’suis pas là pour plaisanter. »

« Tant mieux : je n’ai jamais supporté tes blagues. »

Cette fois-ci le visage du gentil petit Dick Grayson s’assombrit et Jason put lire autant de révolte que de frustration dans le regard azur qui avait toujours semblé le juger. Oui, Jason avait pour habitude de provoquer ce genre de réactions face aux autres. Mais à quoi d’autre le trapéziste s’attendait-il, en débarquant comme ça chez lui ? Un câlin de bienvenue ? Il pensait sérieusement que le Casque Rouge lui sortirait une bière fraîche en lui proposant de regarder le match de hockey avec lui ? Non. Rien que la vision du fils de Wayne le révoltait ; provoquait dans son coeur une immense frustration. Ce mec en face de lui, qui semblait toujours aussi innocent qu’un nouveau né, Jason ne connaissait pas une seule personne qui le détestait réellement. Tout le monde l’appréciait, tout le monde était prêt à le suivre aveuglément : tout le monde, sauf Jason. Cerise sur le chapeau, il semblait vexé de ne pas avoir son adoration... Pauvre petit golden boy, il y avait une personne sur terre à qui sa tête ne revenait pas. Mais Jason n’y pouvait rien : il avait toujours existé une certaine rivalité entre les deux garçons, grandissant au fil des années, et depuis que les sentiments de Jason envers Kory avaient évolué vers quelque chose de nouveau, sa jalousie n’avait fait que s’accroître. Sachant que la Tamaranienne avait du mal à oublier son ex-fiancé, Todd ressentait plus que jamais ce véritable besoin compulsif de faire ses preuves en face de Dick, de prouver qu’il pouvait être meilleur que lui. Peut-être que lui coller une baigne devant son ex aurait des vertus curatives...

Mais par dessus tout, dès qu’il posait son regard sur le jeune flic, Jason ne voyait plus que tous ses échecs successifs. Nightwing, il avait tout ce que Jason avait même arrêté d’espérer avoir un jour : si l’on oubliait Barbara, pour laquelle Jason avait également eu des sentiments à l’époque, Grayson avait réussi là où Jason avait laissé sa vie. Il avait ensuite gagné son indépendance en tant que justicier accompli, gravi les échelons rapidement au GCPD, merde il avait même une équipe à diriger ! Mais par dessus tout, il avait une famille... Et la reconnaissance de Bruce. Ce dernier point particulièrement était tout ce que Jason avait toujours souhaité secrètement ; et qu’il continuait à chérir dans ses rêves les plus fous - entre deux clowns...

« Une émeute, à Arkham ? Sérieusement Jay ! A quoi tu pensais ? T’as une idée des dégâts que t’as causés là bas ? C’était totalement stupide et irresponsable ! », aboya l’intéressé, un index accusateur dans sa direction, ne faisant pas même attention à l’emploi de son surnom affectif.

Voilà donc enfin la véritable raison de sa présence.

« T’es donc venu me faire une leçon de morale, Goldie ? »

En même temps qu’il prononçait ces paroles provocatrices, Jason se leva sans crier garde de son fauteuil et atteint rapidement l’espace personnel de Dick.

« Vas-y, je t’en prie. Viens me passer les menottes, je sais que t’en meurs d’envie. »

Il était plus grand que son frère et sans conteste bien plus imposant en terme de masse musculaire : là où Nightwing était un acrobate, Red Hood restait un cogneur. Ainsi l’homme à la mèche d’argent se tint simplement là, épaules bien développées en face de Grayson, à moitié menaçant.

Hélas, sa tentative d’intimidation fut vaine : Dick ne le craignait pas, il ne l’avait jamais craint. C’est pourquoi il resta parfaitement stoïque devant lui, ne décrochant pas une seule seconde son regard océanique lorsqu’il l’ignora superbement pour continuer sa tirade - toujours sur le même ton moralisateur.

« Le GCPD a retrouvé ta trace après tes derniers exploits ; ils connaissent ta position et se préparent à lancer l’assaut sur ta planque. »

D’accord, il ne s’attendait pas vraiment à ça, pas aussi vite après Arkham. Voici donc comment Grayson avait découvert sa cachette et pourquoi il semblait bien plus pressé que d’ordinaire, refusant d’entrer dans ses jeux. Peut-être penserait-il à lui envoyer une boîte de cookies avec un post-it « merci » un peu plus tard - et après en avoir dévoré chaque biscuits auparavant (c’est l’intention qui compte) ; mais pour l’heure Jason devait admettre que cette situation puait totalement. Il avait beau être un total badass, si le GCPD lançait tout le squad à sa poursuite et dans un endroit aussi confiné que sa planque, il ne donnait pas cher à sa peau, surtout s’il ne voulait pas buter de poulets dans le processus. Cependant, Red Hood, il était toujours dans de sales draps. Cela faisait partie de son quotidien désormais et ne l’empêchait jamais de n’en faire qu’à sa tête, ni de s’en sortir malgré tout, d’ailleurs.

« Et bien sûr tu ne vas pas prendre part au rodéo. Bien trop aimable, circus-boy. T’attends un câlin de ma part ? »

Le garçon s’était senti obligé de répliquer, parce que le sarcasme était la seule forme de langage qu’il maîtrisait à l’exception de ses poings. Hélas l’officier du GCPD n’eut pas l’air d’apprécier son intervention puisqu’il perdit cette fois-ci son sang froid et l’attrapa violemment par le col pour lui flanquer le dos dans le mur le plus proche avec une aisance insoupçonnée, démontrant que sa morphologie bien plus frêle ne l’empêchait pas de lui tenir tête à son tour, bien que Jason n’en eusse pas réellement douté. En moins d’une seconde, Murphy était à côté des deux garçons, prêt à en découdre avec celui qui agressait son maître et son sauveur, mais ce dernier lui fit un signe pour l’en empêcher.

« Donne-moi une seule bonne raison de ne pas t’envoyer moi-même à Blackgate. »

La poigne d’acier appuyait douloureusement sur sa trachée et le garçon avala tant bien que mal sa salive dans une vaine recherche de confort. D’accord, Jason n’avait pas vraiment envie de se battre avec Dick ce soir, peut-être qu’il était temps d’arrêter de faire le crétin arrogant et d’enfin fournir de vraies réponses au justicier de Gotham sur ce qui s’était véritablement passé à Arkham cette nuit là...

__________

So fucking lost...


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MessageSujet: Re: (jay&dick) Brothers in Arms - ft. Noah   Dim 5 Aoû - 1:26



Brothers in arms.


Les larmes les plus amer que l’on verse sur les tombes, viennent des mots que l’on n’a pas dits et des choses que l’on n’a pas faites. — Harriet Beecher Stowe




Jason Todd & Noah Byrd

Frustré
1 723 mots
Sous son bras, Dick pouvait sentir la pression sanguine tambouriner contre la carotide du Red Hood : on ne pouvait pas dire que le garçon prenait plaisir dans cette situation, en fait il détestait totalement agir de la sorte. Mais Jason ne lui laissait pas le choix. Ce qui le surprit néanmoins fut le manque de réponse physique de la part de son frère. Voilà qui était plutôt inhabituel. A l'inverse, il dissuada même son animal de planter ses crocs dans sa chair, ce qu'il aurait vraisemblablement fait sans hésiter dans le cas contraire.

« D'accord, écoute, c'est pas moi qui ai créé l'émeute, si tu veux tout savoir. », vint la voix étranglée de Jason.

Et ce dernier eut le don de piquer la curiosité du plus vieux. Dick choisit peut-être un peu vite de lui offrir le bénéfice du doute, en relâchant quelque peu la pression exercée sur son thorax, avant de complètement le lâcher. Son frère, quant à lui, passa laconiquement une main sur sa trachée comme pour vérifier que tout était encore bien en place. L'officier l'invita à poursuivre.

« Le désordre était censé me ralentir, c'était une diversion. J'essayais d'arrêter quelque chose de bien plus grand. Ta conscience est rassurée, big bro ? », râla Jason, pourtant sincère.

« En tirant sur cette femme ? »

« Elle était possédée. »

Dick, il ne demandait qu'à le croire. Bon dieu qu'il en avait besoin. Mais d'un autre côté le garçon en avait sa claque de toujours vouloir pardonner à Jason, de lui trouver des excuses alors qu'il savait dans son subconscient que ce n'était pas son frère qui était revenu d'entre les morts. Jason finissait toujours par le décevoir, le trahir. Le manipuler. Et cette fois, ça se passerait autrement, il ne laisserait rien passer. Alors, il haussa simplement un sourcil en face de son interlocuteur, son scepticisme bien plus marqué encore qu'il ne l'aurait souhaité.

« Ok, j’admets que les apparences ne vont pas vraiment en ma faveur. Mais j'essayais d'aider. »

Le pire dans tout ça, c'est que Jason avait l'air vraiment honnête dans ses mots, dans cet air sérieux et grave qui ne lui allait pas du tout au teint. Avec cette curieuse étincelle dans ses yeux, attendue depuis des mois, Grayson faillit même le croire pendant une seconde. Puis il se souvint à qui il avait affaire ; à sa manie de n'en faire qu'à sa tête et de déformer la vérité à longueur de temps. Il songea ensuite à tous les dégâts humains et matériels qui avaient été générés durant l'émeute. L’aîné soupira, croisant ses bras contre son torse et regardant dans le vague, cherchant intérieurement la meilleure manière d'agir. Devait-il le croire, ou bien l'arrêter pour de bon ?

Jason quant à lui attrapa le signe et se mit à rire faussement amusé tandis qu'un goût amer recouvrait sa langue. Si même le golden boy ne voulait pas le croire, alors sa situation était vraiment désespérée. Le cadet abandonna bien vite l'attitude sérieuse qu'il s'était forcée au cours des deux dernières minutes de son existence au profit de cette éternelle arrogance : si Dick ne savait pas faire la différence entre les deux, alors c'était tant pis pour sa pomme.

« Alors quoi ? T'as pas confiance en moi, Dickie-bird ? »

Le garçon à la mèche d'argent appuya narquoisement sur le surnom employé dans ses jeunes années de Robin. Dick soupira avec dédain, affaissant ses épaules dans le processus. Il n'arrivait pas à croire qu'ils en étaient rendus là.

« C'est pas comme si t'avais failli me tuer l'année dernière, Jay-bird. »

« Failli, c'est le mot clef. T'es encore là non ? On va pas en faire des caisses, ce sont des choses qui arrivent parfois. »

« Jason ! » , s’offusqua Grayson.

« Oui bon, ça va. J'étais énervé à cette période. »

Alors, c'est tout ? Il était énervé ? Quand on est énervé contre son frère, généralement on va mettre du poil à gratter dans ses tee-shirts, on fouille dans son téléphone ou même on pisse dans ses chaussures – non pas que ce soit vraiment le style de Dick. Mais on ne le poignarde pas avec un couteau de chasse bordel.

« Tu t'en es aussi pris à Damian. Et à Cassandra. », dit-il sèchement.

« D'accord, j'étais très énervé. », Jason haussa les épaules innocemment. « Mais ça va mieux maintenant – merci de demander. Et puis vous m'avez fait enfermer à Arkham, avec tous ces maboules. Je crois qu'on est quittes. »

Jason avait encore cette ultime trahison en travers de sa gorge, l'abandon de la dernière famille qu'il avait connue alors qu'elle le pensait siphonné du bocal. Hélas Dick n'en avait pas fini avec lui. S'il voulait jouer au plus con, il avait sélectionné la mauvaise personne, et le mauvais moment. Parce que dans le genre têtu, Dick était loin d'être désarmé.

« Et pour Tim, le mois dernier ? Tu vas encore me dire que t'étais énervé ? Parce que si c'est le cas j'te jure que je t'en colle une. », menaça l'aîné des Robins entre ses dents.

« J'vois c'que tu veux dire. Plus que le mini-Wayne et j'aurai botté le cul de tous les oisillons de Bruce. J'avoue que c'est tentant ! »

Dick grinça des dents. Si jusqu'ici le jeune homme avait pris sur lui de ne pas hausser le ton plus que nécessaire, Jason l'avait conduit à perdre sa patience. Au moins, on ne pourrait pas dire qu'il n'avait pas essayé. Mais même avec la plus grande volonté du monde, quel homme était capable résister à un Jason Todd en pétard ? Ce mec là, il faudrait lui offrir une médaille, sincèrement.

« Donc, tout ça n'est qu'un jeu pour toi. Je sais même pas pourquoi j'ai pensé que t'aurais pu changer, pour ça il t'aurait fallu un minimum de maturité. Tu vis dans ton monde, Jason, et tu ne vois que ta petite personne, en pensant que les autres sont des imbéciles ; c'est ce qui t'a tué en premier lieu. »

Jason réagit au quart de tour à la mention de la part de responsabilité qu'il aurait dans sa propre mort. Il ne pouvait pas en entendre plus. Son langage corporel changea radicalement tandis que les quelques miettes d'amusement s'estompèrent pour laisser place à une colère brute, une rage jaillissante et bestiale qui aurait effrayé bien plus d'un homme. Mais pas Dick.

Red Hood fondit rapidement sur notre justicier gothamite pour en découdre avec lui, cependant l'attaque était désespérée : le garçon plus âgé n'eut aucun mal à la contrer en l'attrapant par le col et l'envoyant valser sur le mur d'en face.

« Et maintenant tu gâches ta nouvelle chance avec cette chose de vengeance et de Red Hood, caché comme un lâche derrière ce stupide masque alors que tu joues les juges et les bourreaux en même temps. Tu rejettes tout ce qu'on t'a appris ! »

Peut-être était-ce le bouillon de testostérone dans lequel ils baignaient tous deux, ou bien cette confrontation qui menaçait depuis des mois combinée à la fatigue de leurs esprits respectifs ; mais il semblerait que tous deux ne ressentaient ce jour là le besoin viscéral de vider leur sac, ne se préoccupant plus de l'impact que pouvaient avoir leurs paroles. Hélas, les mots sont des pistolets chargés, et les dégâts qu'ils causent sont bien plus grands encore que ceux des balles en argent.

« La seule chose que vous m'ayez apprise, c'est comment mourir ! »

Jason se releva de sa précédente chute, les yeux voilés par ce mélange affreux de colère et de douleur. Il passa une nouvelle fois à l’offensive, mais cette fois avec plus de contrôle et de précision. Un crochet du droit et Dick trébucha en arrière, un goût métallique remplissant soudainement sa bouche et un filet de sang chaud glissant silencieusement entre ses lèvres fines.

Nightwing répondit par un pied dans les côtes de son assaillant ; puis une tête dans le nez. Un bruit écœurant en découla, puis un grognement de Jason. Le prochain coup lui étant destiné fut bloqué par sa propre poigne et le mouvement accompagné afin de renvoyer le plus costaud contre le mur. Grayson lui tordit le bras en arrière pour le maintenir dans cette position inconfortable.

Mais ce dernier n'avait pas dit son dernier mot. Sans prévenir, Red Hood envoya l'arrière de sa botte dans l'entrejambe de Dick : la distraction lui fut suffisante pour se dégager de cette clé de bras. Jason enchaîna avec un genoux dans l'intestin et se saisit du col bien trop parfaitement boutonné de l'officier du GCPD, ne se privant pas pour donner quelques frappes de plus dans le visage du golden boy avant de le lancer avec dédain sur le sol humide de son QG.

Hélas, ce dernier réceptionna sa chute avec ses mains. Par un mouvement agile de ressors, il fut capable d'emprisonner le cou du Casque Rouge dans une clé de jambes. Avec une vrille tout aussi bien exécutée que le mouvement précédent, Dick le plaqua à son tour au sol avant d'installer tout son poids sur son torse pour le maintenir en place.

« Tu prétends avoir été abandonné, mais tu oublies la manière dont ta mort nous a détruits, chacun d'entre nous. Babs, Alfred, moi. Bruce... » Grayson songea un instant à l'homme qu'il considérait comme un père depuis ses neuf ans, et d'à quel point il ne l'avait plus reconnu depuis la mort tragique de son second fils adoptif.

« Ta perte l'a totalement détruit. On t'a tous pleuré, Jason. Et on pleure encore le gamin qui est mort. »

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Circus boy.


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MessageSujet: Re: (jay&dick) Brothers in Arms - ft. Noah   Lun 6 Aoû - 2:07



Brothers in arms.


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Dick Grayson & Noah Byrd


Gotham City
Désemparé

1 678 mots
Jason ne voulait pas en entendre plus, il ne pouvait pas en entendre plus ; pas alors que les cauchemars continuaient de l'assaillir chaque nuit – encore et encore, et que la culpabilité le dévorait de l'intérieur. Dick n'avait pas le droit de lui dire ces choses horribles, de lui reprocher sa propre mort ou ce qu'il était devenu ; il ne savait rien de tout ce qu'il avait enduré, de ce qu'il endurait toujours. Peut-être que s'il n'avait pas été aussi seul tout ce temps alors il n'aurait pas emprunté ce chemin, cruel et misérable ; peut-être ne se serait-il pas enfermé dans cette routine d'autoflagellation. Combien de vois avait-il rêvé de s'ouvrir les veines pour se regarder doucement glisser vers le royaume dont il s'était échappé ? Combien de fois avait-il déposé la lame froide et tranchante sur ses poignets – fantasmant d'augmenter la pression, juste assez pour effacer toute cette souffrance accumulée ? Et où était le golden boy, dans ces moments là ? En train de se faire dorer le cuir auprès de sa petite Barbara ? Une partie de Jason – la partie logique – lui disait qu'il n'y avait aucun moyen pour que Dick n'ait eu vent de sa condition à l'époque ; mais il refusait tout simplement de l'écouter. S'il s'en était sorti, c'était uniquement grâce à sa force psychique. La tentation avait été forte ; mais jamais le garçon n'avait cédé. Il était un combattant, il était un survivant. On lui avait appris à se battre, pas à se défiler.

« Tu prétends avoir été abandonné, mais tu oublies la manière dont ta mort nous a détruits, chacun d'entre nous. Babs, Alfred, moi. Bruce... », Dick enchaîna cependant.

Le doute fut la première réaction qui s'installa dans le cœur du garçon. Juste le temps d'une seconde, il avait bien failli croire à la sincérité des mots de son aîné. Mais à la mention de Bruce ce fut comme une piqûre d'adrénaline, l'aiguille directement implantée dans son encéphale. Le Masque Rouge laissa glisser un grognement guttural entre ses lèvres et plaça ses mains gantées sur le torse de son frère.

« C'est faux ! Vous m'avez toujours détesté ! », s'exclama-t-il dans l'action de repousser violemment le poids de Dick.

« Je n'ai jamais été qu'un étranger pour vous tous ! »

De colère et de frustration, Jason s'apprêta à frapper l'officier une nouvelle fois. Il avait besoin de le faire taire, de faire cesser tous ces mensonges. Il devait évacuer ces sentiments désagréables dont il était victime avant d'imploser ; de se briser en mille morceaux. Son poing rencontra néanmoins l'air pour la seconde fois de la journée lorsque le destinataire contra agilement son assaut.

Mais cette fois, Dick ne répliqua pas. Les mots de son cadet semblaient avoir eu un impacte un peu particulier tout au fond de lui. Il refusait de lui faire plus de mal qu'il ne lui en avait déjà fait.

« Jay, tu sais très bien que– »
« Non, tais-toi ! », le coupa Jason d'un violent retour de coude. « Je n'ai jamais été assez bien pour Bruce, je n'ai jamais eu la chance d'atteindre le niveau du parfait petit Dick Grayson ! Il n'y a qu'un seul fils prodige après tout, n'est-ce pas ? »

Son cœur blessé parlait avant qu'il ne puisse retenir ces aveux non consentis. Il n'y pouvait rien, la machine était alimentée par la jalousie qu'il avait toujours ressentie à l'égard de son aîné. Todd parlait désormais pour blesser, pour se protéger. Il avait fini de nourrir son esprit d'espoirs vains ; la vérité était telle que personne ne s'était jamais préoccupé de son sort.

« C'est faux, et tu le sais ! Bruce il... Il ne s'est jamais remis de ta mort. C'est comme s'il avait finalement embrassé la part d'ombre qui l'a toujours menacé. J'ai bien cru le perdre plusieurs fois... Bordel, je l'ai perdu, Jay ! »

« Et moi ? Tu crois que j'en ai pas bouffé, des ténèbres ? Qu'il aille se faire voir avec sa part d'ombre, cette fois tu t'en tireras pas avec tes mensonges ! », railla le Masque Rouge entre ses dents.

Jason attrapa le col de Grayson, serrant sa cravate pour le maintenir bien en place. Les deux regards électriques se verrouillèrent l'un dans l'autre ; ce fut comme si un orage éclatait en pleine journée.

« Ose me dire qu'il ne m'a pas adopté juste parce qu'il avait peur que je tombe dans la délinquance ? Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que vous n'avez pas été soulagés de mettre quelqu'un d'autre dans l'uniforme une fois l'échec ambulant rayé de l'équation ! Parce que j'ai un scoop, c'est ce que vous avez fait... Vous me détestez. »

La voix désemparée du garçon le plus jeune trancha l'air épais comme des milliers de couteaux. Il avait fini de cogner sur l'objet de sa frustration ; ce stade là était totalement dépassé. Il ne lui restait plus que ses mots pour se défendre ; ses mots et les centaines de morceaux restants de sa santé mentale - recollés à la bande adhésive dans l'attente d'une meilleure solution.

L'incrédulité fit ouvrir une première fois la bouche à Dick, puis une seconde – lui donnant l'air étrange d'un poisson que l'on aurait sorti de son bocal. Ironique, puisque c'était pourtant l'air que le jeune homme semblait chercher. Le choc était visible sur son visage désormais décomposé. Alors, il avait enfin réussi à faire fermer le clapet de cette véritable chanteuse d'opéra ?

Bien sûr que non, ce serait bien trop beau, bien trop simple. Dick, il n'abandonnait pas comme ça.  

« Tu ne peux pas croire ce que tu dis, Jay... On se soucie, JE me soucie ! Tu... », commença-t-il incertain, avant d'attraper Jason par les épaules pour le forcer à le regarder dans les yeux. « Tu es mon frère. »

Ce furent les paroles de trop, pour chacun d'eux. Le rire nerveux et incontrôlable du cadet fut le seul avertissement : Jason repoussa une ultime fois son opposant, réajustant le col de sa veste dans un mouvement machinal – mais qui témoignait de son anxiété si l'on voulait lire le langage de son corps.

« Tu ne comprends rien. J'suis pas ton frère, Nightwing. Je n'ai jamais eu de frère. »

Le visage fermé et l’œil plissé, il releva lentement la tête vers Dick. Il y avait quelque chose d'obscur dans son regard. Quelque chose de froid, quelque chose de... Mort. Un frisson parcourut violemment le corps de Grayson à la vue qui désormais le hanterait.

« Et j'te déteste. »

D'accord, peut-être bien que ça lui faisait un peu plus mal à dire qu'il ne l'aurait imaginé, mais au moins il avait fait mouche. Quelque chose se brisa dans le regard de Dick et Jason eut même l'impression de déceler un soupçon d'humidité en l'espace d'une seconde. Il trouva un certain soulagement dans la douleur qu'il provoqua au travers de ses mots. C'était tordu, mais au moins pendant ce court laps de temps il n'était plus le seul à souffrir, sans rien pouvoir faire pour arranger sa situation.

Et puis, rapidement, plus rien. Un masque de stoïcisme repeint le regard du premier Boy Wonder. Il ne laissa plus aucune émotion de filtrer, adoptant à son tour une posture grave et dangereuse sans aucun doute calquée sur le grand Chevalier Noir.

« Ton petit jeu s'arrête ici, « Red Hood ». »

Ce fut tout ce qu'il dit avant d'attraper le bras de Jason et de le lui tordre dans le dos, exerçant des points de pression spécifiques sur sa main. L'homme à la mèche d'argent se débattit, bien entendu, mais cette fois la lutte fut vaine. Un genou percuta le bas de sa colonne vertébrale et, tandis qu'il tombait à genoux, son bras était toujours maintenu dans cet étau impitoyable.

Finalement, sa tête claqua contre le sol froid et les bords de sa vision se troublèrent. Il fut impuissant lorsqu'il sentit le contacte bien trop familier du métal sur ses poignets. Dick le contourna et, toujours aussi professionnel dans sa manière d'agir, chercha toutes les armes dissimulées sur son corps et sous ses vêtements.

Jason flirtait désormais avec les limites de sa conscience. Des mouches noires commençaient à flotter devant ses yeux. Mais malgré cette sensation de coton dans sa tête, il fut bien conscient de Dick qui s'était installé à son poste. L'enfoiré fouillait dans les fichiers, sur sa pile de documents – sans aucun doute pour compromettre ses opérations à venir. Mais il ne le laisserait pas faire. Il se libérerait, il échapperait aux gros calibres du GCPD qui étaient déjà en route pour venir le cueillir et il reprendrait ses affaires en main. Red Hood n'était pas un homme que l'on pouvait laisser sur le banc de touche aussi aisément.

Mais pour l'instant, ses paupières se fermaient toutes seules. Les bras de Morphée venaient l'arracher au monde de la conscience contre son gré. Peut-être bien qu'il pourrait s'accorder un petit break, tout compte fait, juste cinq minutes. Cinq petites minutes.

L'écho d'un dernier souffle parvint néanmoins à trouver son chemin vers son esprit embrumé ; avant qu'il ne glisse définitivement vers cette noirceur envoûtante...

« J'te déteste pas. »

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MessageSujet: Re: (jay&dick) Brothers in Arms - ft. Noah   Mer 8 Aoû - 2:28



Brothers in arms.


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Jason Todd & Noah Byrd

Blessé
674 mots
Les mots de Jason avaient transpercé son cœur comme une lame, cruelle et ardente, que l'on aurait enfoncée dans son thorax pour ensuite la tordre sans pitié. Les répliques de son cadet tournaient en boucle dans sa tête, s'infiltrant à chaque seconde encore plus loin dans chaque recoin de son esprit, pareille à une injection d'acide directement dans son cerveau.

Pourtant, le garçon savait bien que rien n'était rose entre Jason et lui. Il savait qu'il existait une rancœur mutuelle, des tensions que même un batarang ne pourrait couper ; l'un pour une vengeance inassouvie et l'autre pour une opposition à la morale. Mais la famille était la plus grande valeur à laquelle s'attachait Dick, lui qui en avait déjà perdue une il fut un temps. Et si pour la garder intacte il devait s'arracher les ongles uns à uns, alors il le ferait volontiers. Il avait toujours gardé la foi et pensé que Jason pouvait encore être sauvé de lui même, de ses démons. Qu'ils avaient encore une chance de ramener ce gamin qui était mort dans les bras de Bruce il y a quatre ans. Aujourd'hui, cet espoir venait de voler en éclats ; il avait définitivement fini de se tuer à la tâche que de tenter de l'aider.

Mais le pire dans cette sombre histoire, c'est que Dick ne pouvait pas lui en vouloir. Il le blâmait pour tant de choses, l'agression de Tim, ses meurtres et les affaires horribles dans lesquelles il trempait ; mais il ne pouvait pas lui reprocher de les détester. La vérité c'est que le premier fils de Wayne ressentait une immense culpabilité à chaque fois qu'il posait les yeux sur Jason. S'il ne se sentait en rien responsable des atrocités qu'avait commises son cadet – nous sommes les seuls maîtres de nos actes – il ne s'était jamais franchement opposé à l'envoi un peu prématuré du gamin sur le terrain. Par ailleurs ses couleurs demeuraient sa responsabilité : Grayson se sentait responsable de tous les porteurs du costume de Robin sans exception et cela dépassait l'affection fraternelle. Alors si dire qu'il était énervé contre son successeur le plus directe était un euphémisme à l'heure actuelle, il ne lui avait pas menti pour autant : Dick ne pouvait se résoudre à le détester. Jamais.

Il cherchait simplement à le comprendre. Jason avait toujours été ce crétin arrogant, mais pourquoi avait-il eu besoin de se montrer aussi cruel envers lui ? Celui qu'il continuait malgré tout à considérer comme son petit frère avait agi tel un véritable animal blessé : usant de l'agressivité comme seul moyen de protection. Voilà donc où ils en étaient rendus, Jason percevait sa présence comme une menace. Mais en toute sincérité, Dick avait détesté avoir à le neutraliser en attendant que le GCPD ne vienne le récupérer. Tout comme il avait détesté le faire interner à Arkham l'année précédente, voyant ça comme un nouvel abandon de sa part.

Le jeune officier de police arrivait bientôt à un entrepôt près de Port Adams, ou encore une parcelle de territoire connue comme appartenant au Red Hood. D'après les informations de Jason, une transaction frauduleuse devait avoir lieu ici dans moins de vingt minutes. Il était tombé sur ce dossier lorsqu'il avait soigneusement effacé tout lien éventuel que les experts du GCPD auraient pu faire avec le Batman de Gotham suite à l'arrestation du masque rouge. Maintenant, quelles avaient été les intentions de ce dernier, Dick n'avait trouvé aucun élément qui lui permettait de répondre à cette question. Il comptait cependant bien ruiner les plans des mauvais gars, comme il l'avait toujours fait depuis son neuvième anniversaire. Et si Nightwing n'agissait qu'une fois la nuit tombée, Dick Grayson avait encore son insigne en plein jour. Il aurait seulement à redoubler de prudence afin de ne pas cramer bêtement et inutilement sa couverture.

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MessageSujet: Re: (jay&dick) Brothers in Arms - ft. Noah   Mer 8 Aoû - 2:42



Brothers in arms.


Les blessures persistent tandis que les souvenirs s’effacent ; mais le coeur, lui, n’oublie jamais.




Dick Grayson & Noah Byrd


Gotham City
Enervé

1170 mots
Une sensation chaude et humide parcourut son visage. Jason glissa lentement hors de sa torpeur, surfant un moment entre le royaume des rêves et celui des cauchemars éveillés. La pulsation du sang dans ses tempes battait un rythme violent et insupportable. D’abord, qui avait invité Rick Allen à venir jouer dans son crâne ? Pitié, que quelqu'un le fasse sortir d'ici ou alors son crâne allait exploser. Hélas l'aboiement très reconnaissable mais lointain d'un chien termina d'assaillir son encéphale.

La luminosité bien que normalement pas très prononcée l'aveugla à la première ouverture de ses yeux. Il était couché sur un sol froid et humide. Le sol de mon QG, nota-t-il à la seconde ouverture, encore un peu étourdi. Il connaissait sa planque par cœur après tout, du sol au plafond ; ce n'était pas la première fois qu'il piquait un somme sur la dalle fraîche. Mais son blackout n'avait rien d'une petite sieste, il en avait la certitude. Bon sang Jason, dans quoi tu t'es encore fourré?

« Murphy ? », il souffla, surpris de trouver la tête du malinois à quelques centimètres de son visage et la queue battant joyeusement une mesure inconnue.

Voilà donc quel avait été cette sensation d'humidité qui l'avait réveillé un peu plus tôt.

Mais quand le garçon à la mèche d'argent entreprit de passer une main lasse dans son pelage et de l'écarter un peu de son espace personnel, il sentit les entraves bien trop familières dans son dos.

« Qu'est-ce qu... », s'indigna Jason avant qu'un flash de réalisation ne traverse son visage démasqué. « L'enfoiré de fils à son père ! »

Arkham, l'émeute. Dick. La dispute et le GCPD en approche. Les souvenirs lui revinrent aussi vite qu'ils ne s'étaient enfuis. Jason se redressa vivement contre une poutrelle métallique. Il devait quitter ces putain de menottes au plus vite ; il n'était pas sûr du répit qu'il lui restait avant la visite indésirée de tous les flics de la ville.  Mais bien sûr, oh oui bien sûr son débile de frangin ne s'était pas seulement contenté d'embarquer ses armes, non. Ça ne les lui aurait pas suffisamment brisées. Il avait aussi volé son kit de crochetage. Intérieurement, le Red Hood insulta Dick de tous les noms qu'il connaissait ; il en inventa même un ou deux pour l'occasion. Pourtant, même si la solution était plutôt bonne pour ses nerfs, cela n'arrangeait en rien sa situation.

Toujours plaqué contre cette poutre, le garçon se leva et se dirigea vers son plan de travail ; là où il rafistolait généralement armes et autres gadgets. Murphy le suivit dans le processus, décidé à ne pas abandonner son maître à son misérable sort. Au moins une personne qui se soucie dans le monde , Jason nota sarcastiquement. Il renversa l'un des bocaux sur la surface du petit établi. Des vis, cela ferait l'affaire.  

Red Hood souffla de soulagement à l'écoute du petit cliquetis familier lui indiquant que ses poignets étaient désormais libres de tout mouvement. Les bracelets froids tombèrent inutilement sur le sol et Jason en profita pour faire le tour de sa planque : l'officier avait fouillé dans toutes ses affaires, et même sur son ordinateur. Ses armes secondaires s'étaient mystérieusement faites la malle, non pas que Jason n'en ait pas également des tertiaires et même des quaternaires – juste au cas où. Sérieusement, il allait avoir la tête de Grayson au bout d'une pique pour ça, et bien s'il s'en sortait indemne en tout cas.

Et ça tombe bien, il savait précisément où se trouvait cet imbécile. S'il était tombé sur ses dossiers alors il se dirigeait droit vers cet entrepôt que Jason avait localisé un peu plus tôt. L'homme à la veste de cuir regarda sa montre : dans dix minutes, la transaction commencerait. S'il sortait maintenant d'ici, il avait encore une chance d'arriver à temps pour les festivités : Jason détestait être mis à l'écart, il était un joueur de terrain et pas un pion à laisser sur le banc de touche pendant tout le match.

Todd venait tout juste de glisser un dossier et son ordinateur portable sous son bras quand il entendit siffler toutes les sirènes de police. D'accord, ça se présentait mal. Il savait immédiatement que son bunker de fortune était encerclé.

Sautant sur son fauteuil et à l'ordinateur fixe de la planque, Jason bidouilla rapidement son système de sécurité pour en modifier certains paramètres et réparer les dégâts qu'avait provoqués son précédent visiteur ; cela les retiendrait un peu plus longtemps. Mais le jeune homme avait tout de même à se tirer en vitesse, et plutôt deux fois qu'une : sa solution n'était que temporaire, il pouvait déjà entendre la porte du haut sauter sous les coups du SWATT.

Reprenant son stricte minimum sous le bras, Jason se dirigea – Murphy sur les talons – vers son issue de secours personnelle : une trappe cachée qui donnait directement sur les égouts de Gotham. Une solution empruntée certes sur la batcave, mais qui avait fait ses preuves de nombreuses fois ; autant pour la fuite que pour le rapatriement en cas de blessures. S'il parvenait à atteindre le bout du tunnel, alors une moto l'y attendait ; une moto avec des armes et un masque domino planqués sous la scelle.

Moins d'une seconde après avoir refermé la trappe responsable de son salut, il entendit les explosions et fumigènes de l'autre côté de la pièce. Jason ignorait ce qui se serait passé s'il s'était encore trouvé de l'autre côté au moment de l'assaut : il n'avait vraiment pas envie de dépenser des munitions sur des flics (non corrompus), mais il ne se serait jamais laissé embarquer sans résister. Cela aurait probablement été une boucherie. D'accord, il devait admettre que cette fois, ce n'était vraiment pas passé loin. Mais combien de fois avait-il ainsi flirté avec le danger ? Combien de fois était-il passé près de retourner séjourner à Arkham ou Blackgate ?

Jason n'était cependant pas encore tiré d'affaire : le masque rouge se mit à courir vers son véhicule de secours sans jamais regarder en arrière. Il savait que le moindre ralentissement pouvait aboutir à sa capture et c'était totalement hors de question. Au moment où le SWATT trouva son issue de secours, Jason atteignait sa moto. Sans se faire prier il enfourcha la bécane – prodige de mécanique, ordinateur et dossiers toujours sous le coude. Murphy était habitué à retrouver le chemin de son appartement, il savait qu'il allait le retrouver sur le pas de sa porte un peu plus tard.

Mais pour l'heure, direction Port Adams. Et des têtes allaient tomber.

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MessageSujet: Re: (jay&dick) Brothers in Arms - ft. Noah   Mer 8 Aoû - 3:12



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Jason Todd & Noah Byrd

Professionnel
1798 mots
Deux gardes, munis d'automatiques, voilà par où dut commencer notre officier. Ils étaient postés près de l'entrée arrière de l'entrepôt, Dick avait vérifié qu'un troisième ne traînait pas dans les environs avant de se lancer. Bien qu'il ne fusse qu'un homme seul – tous les renforts étant réquisitionnés pour l'assaut sur la planque de Jason –, mettre les deux hommes hors d'état de nuire ne lui demanda pas vraiment d'efforts : la routine était devenue quotidienne pour le justicier.

Après avoir crocheté le cadenas maintenant la porte fermée aux non désirables, le brun se glissa soigneusement à l'intérieur. Le bâtiment était bercé par l'obscurité, si ce n'est que trois ampoules vacillantes qui se battaient en duel au plafond alors que quelques vitres brisées situées bien haut sur les murs laissaient vaguement pénétrer quelques rayons de soleil. D'immenses moteurs et autres machines visiblement tout aussi à l'abandon remplissaient la pièce principale, lui donnant l'ait d'une usine fantôme. L'entrepôt servait de zone de stockage à une grande boîte implantée plus au centre de Gotham ; l'endroit idéal pour des rendez-vous clandestins.

Les marchandeurs étaient déjà présents au centre de l'immense local. Grayson repéra la silhouette de quatre hommes, tous armés. Le chef devait être l'armoire à glace à la gueule cassée, le seul homme du groupe qui touchait aux caisses d'armes – sans aucun doute pour préparer la marchandise avant l'arrivée de l'acheteur. Ses plantons, dont l'un d'eux avait plus l'air d'un camé que d'autre chose, scrutaient les environs tout en plaisantant entre eux.

Arme au poing et dos frôlant les murs, l'officier prit par la droite immédiatement après son entrée. Naturellement il avait regardé les plans du bâtiment avant de l'infiltrer et savait qu'il y avait un local de sécurité fonctionnel : il s'agissait du point stratégique pour mener à bien cette opération. Dick regarda sa montre : dix minutes avant que le client ne pointe le bout de son nez, hommes de mains à la croupe. S'ils ne sont pas en avance, songea rapidement le garçon, craignant de rater le début des festivités.

Se faufilant agilement en dehors du champ des caméras, Dick arrivait bientôt dans la cabine de surveillance de l'entrepôt où trois nouveaux gars attendaient. Ils étaient assignés à la sécurité, comme les deux veinards qui dormaient dehors, impossible de savoir qui les avait engagés. Mais que ce soit le vendeur ou le client, le tarif était le même : des quiches dans le nez et un détour dans les bras de Morphée. Lentement, Grayson descendit sa main sur la poignée, glock collé sur la surface de la porte par précaution, et ouvrit la porte le plus silencieusement du monde.

L'un des trois hommes était assis devant les petits écrans, tandis que les deux autres se dressaient derrière lui. Au sifflement de Dick, le plus proche se retourna, mais trop tard : l'officier saisit son bras et le fit passer par dessus son épaule pour le retourner dans une position inconfortable. Son pote voulut répliquer, sans plus de succès. Un pied dans le torse l'envoya enlacer violemment une étagère qui lui tomba dessus.

Enfin, avant que le dernier homme (celui des écrans) ne donne l'alerte, Dick le visa avec le bras armé du premier garde. Il ne comptait pas tirer, premièrement parce que même durant le service il était contre l'utilisation des armes à feu, et parce qu'un coup de feu attirerait les autres voyous dans la pièce. Mais ça, l'homme l'ignorait. « Ok alors écoute. », dit-il à l'homme assis. « Je suis plutôt dans un mauvais jour, donc on va oublier les blagues et aller droit au but. Debout et ne pense même pas à récupérer l'arme que t'as cachée sous le bureau. »

Une minute plus tard et les trois gars étaient désarmés et inconscients sur le sol de la pièce. Adieu, Big Brother, Dick venait tout simplement d'aveugler les vilains pour toute la durée de la transaction. Sur les écrans, le brun pouvait suivre en temps réel la progression des trafiquants dans la pièce principale, mais surtout assister à l'arrivée (par la porte principale) de l'acheteur et son garde du corps. Il ne se douta pas un seul instant qu'il allait bientôt mettre les pieds dans un piège tendu à l'encontre du Red Hood.



Kurt avait tout organisé ; le plan était impeccable. Il avait eu le tuyau par ce mec, Alphonse, qui l'avait mis en contacte avec l'autre gars, celui qui lui faisait un peu peur mais qui lui avait assuré que ce connard de Red Hood ne se mêlerait pas de son affaire. Ni qui que ce soit, d'ailleurs. Cela faisait des années qu'il était dans la vente illégale d'armes et de drogues en tous genres, c'était un peu une affaire familiale à faire tourner pour le criminel à la gueule tordue. Mais il fallait dire que ces dernières années, vivre de cette activité devenait de plus en plus difficile avec tous ces masques et oreilles pointues qui se multipliaient comme des grimelinas mouillés, sans parler de ces guerres de territoires entre barons de la pègre.

« Un AK-47 en parfait état », montra-t-il fièrement le bijoux. « Tu trouveras pas plus fiable sur le marché. J'peux t'en fournir deux caisses, tes gars devraient adorer. Mais attend de voir la prochaine... »

Alors qu'il s'apprêtait à ouvrir la prochaine caisse pour révéler ce qu'il savait convaincrait son acheteur, il entendit un petit cliquettement métallique, à peine audible mais qui n'échappa pourtant pas à son ouïe développée.

« C'était quoi, ça ? »

« J'en sais rien, p'têtre un rat. Y'en a pas mal ici. », Rick, son bras droit, répondit avec un haussement d'épaules innocent.

S'il y avait quelqu'un dans la pièce, les gars de la sécurité les auraient avertis ; lui c'était pas son job.

« Rick, va voir. »

Soupirant mais cédant aux ordres, l'homme partit vérifier l'origine de ce bruit tandis que les petites affaires se poursuivirent.

Dix minutes plus tard, Rick n'était toujours pas revenu. Kurt avait eu le temps d'ouvrir sa prochaine caisse et même de faire la démonstration de quelques armes de poing, son bras droit aurait dû revenir depuis un moment à présent.

« Oh Rick ! Mec tu t'es pommé ? », cria-t-il sans obtenir de réponse. « Rick ? »

Cette fois, la tension commença à monter chez le refourgueur d'armes qui fit signe à ses deux autres hommes d'aller voir ce que foutait Rick. Mais quand il entreprit d'évoquer ses tarifs auprès de son client il entendit claquer la chair contre la chair ; des sons douloureux et étouffés provenant du centre de toutes ces machines rouillées.

« GCPD ! Posez les armes à terre. »

Il entendit la voix avant de se retrouver à loucher sur le canon d'un glock 22 ; puis de voir l'une de ces belles gueules en costard qu'il détestait tant. Un gamin en plus de ça, sans doute tout fraichement sorti de l'académie. C'était vraiment sa veine, tiens !

« Un flic ? Putain, l'autre enfoiré avait promis qu'on serait pas interrompus ! »

« Attendez... Quel autre enfoiré ? »



Peut-être que l'homme sur lequel son arme était pointée parlait de Jason, tout simplement. Ça expliquerait son intérêt pour cette transaction, mais ce n'était pas son style : où qu'il mette les pieds, Red Hood était le centre de l'attention.

L'un de ces vieux moteurs reprit subitement vie dans son dos, un bruit monstre recouvrant aussitôt tous les sons de la pièce. S'il n'avait pas un plein contrôle de ses moyens et une formation intensive de chauve-souris, Dick aurait probablement sursauté. Il tourna néanmoins la tête à la sensation soudaine d'une présence derrière lui, mais il était déjà trop tard : la crosse d'une arme entra en contacte avec son front. L'action lui fit perdre son glock qui glissa quelques mètres plus loin.

Mais l'alter ego de Nightwing n'était pas sans défense : instinctivement il chassa les genoux de son agresseur. L'homme tomba et Grayson s'élança pour son arme perdue mais sa cheville se retrouva retenue dans une poigne de fer. Alors il décrocha sa matraque et brisa la main qui le retenait.

Il aurait porté son autre uniforme, celui avec un oiseau bleu sur le torse, cela aurait été facile à Dick de se sortir de cette situation et d'arrêter tous les méchants de l'entrepôt avec deux ou trois pirouettes dont il avait le secret ; mais ici il n'était que Dick Grayson, flic. Il devait garder ce paramètre à l'esprit. Alors il entreprit un combat au corps à corps dans la retenue et avec des mouvements bien plus approximatifs que ceux dont il avait l'habitude. Le trafiquant - Kurt - profita quant à lui de la distraction pour se faire la malle.

L'officier parvint finalement à reprendre le dessus sur son assaillant. Il se tenait au dessus de lui, le bloquant sous sa matraque ; ce fut lorsqu'il sentit la piqûre amèrement familière dans son cou et le liquide froid se répandant abominablement lentement dans on système.

Agissant par pur instinct de protection Dick frappa l'homme qui venait de le doser, mais le contenu de la seringue était déjà dans son sang. Le garçon passa une main dans son cou, choqué.

« Des décontractants musculaires. Une dose de ch'val. Ça t'était pas destiné mais tu feras moins ton malin ! », l'acheteur répondit à sa question implicite.
« Mec, pourquoi tu lui as injecté ça ? Le boss va pas être content ! »
« Crétin, c'est lui qui vient de me le dire. Faut croire que l'plan a changé. »

Luttant contre la drogue qui lui engourdissait déjà les muscles, Dick sauta sur l'homme en face de lui et parvint à lui casser le nez dans le processus. Mais le second lui cogna les côtes pour l'éloigner et il sentit son corps se paralyser davantage. Bordel, il ne mentait pas pour la dose de cheval !

Dick sut cependant qu'il allait rencontrer de graves difficultés lorsque deux armoires à glace entrèrent dans l'entrepôt, accompagnées par un homme qu'il aurait préféré ne pas reconnaître...

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MessageSujet: Re: (jay&dick) Brothers in Arms - ft. Noah   Mer 8 Aoû - 5:08



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Les blessures persistent tandis que les souvenirs s’effacent ; mais le coeur, lui, n’oublie jamais.




Dick Grayson & Noah Byrd


Gotham City
Toujours énervé

1316 mots
Kurt avait profité de l'altercation entre son client – visiblement déjà bien préparé à accueillir les indésirables – et ce flic aux allures de Horatio Cain – un peu plus jeune et un peu moins roux – pour se tirer de là en vitesse. Il n'avait jamais été le plus courageux de la famille, mais il savait bien que, dans cette ville particulièrement, ce n'étaient pas les plus courageux qui survivaient. Les poissons qui traçaient leur chemin au travers des mailles du filet étaient les plus petits, ceux qui avaient leur instinct de préservation bien intacte. Il n'était ni fou ni suicidaire ; tous ses gars avaient été neutralisés par cet espèce de gueule d'ange. Il savait qu'un flic n'était jamais seul, d'autres allaient probablement se pointer à leur tour.

Alors il avait pris la caisse d'armes la plus proche, celle avec les AK-47, et s'était tiré sans plus attendre. Il trouverait probablement un autre acheteur dur Dixon docks, il était déjà en contact avec quelques gangs dans le coin. Mais une fois que le vent soulevait de nouveau ses cheveux grisonnants et qu'il pensait être tiré d'affaire, il n'aurait pas pu se gourer encore plus lamentablement.

Dans la précipitation il ne fit pas attention à l'homme qui déboulait en face de lui, se prenant son torse en pleine face ; torse qui arborait bien trop fièrement une chauve souris – plus obèse que celle du Batman – rouge.

Oh. Shit. « Ree.... » Son cœur manqua un battement. « Red-d Ho-od », bégaya-t-il.

Merde, ce gars-là lui faisait encore plus peur que le gars qui s'était occupé de la sécurité. Double shit.

« Red Hood. >sigh< C'est pourtant pas si compliqué. »

« J'suis désolé, moi j'voulais pas faire ça dans votre dos ! Mais c'est Alphonse, il connaissait ce mec... Alors j'me suis dit – »

« Bon, écoute-moi bien Iggy Pop. », souffla le Red Hood – curieusement privé de son éternel casque rouge.

Il désigna une ridicule arme de poing.

« A l'origine j'devais te régler ton compte. Mais j'ai un autre emmerdeur à latter donc tu t'en tires plutôt bien. »

Kurt n'eut pas même le temps d'exprimer son soulagement ; il fut bien vite assommé par la crosse du petit magnum de l'homme masqué et tomba raide sur le sol poussiéreux. Son assaillant quant à lui se baissa pour ouvrir la caisse qu'il avait réussi à sauver de la confrontation et fut plutôt satisfait de sa trouvaille.

« Eeeet joyeux Noël moi ! », siffla allègrement le casque rouge, maintenant armé d'un AK-47 flambant neuf.



Le sourire de Jason s'accentua : sa chance semblait se mettre à tourner tout compte fait. Le gars qu'il voulait initialement coincer lui avait littéralement couru dans les bras, lui apportant gratuitement une caisse pleine de ces merveilles technologiques ; c'était comme assister à un bon concert des One Direction : cela n'arrivait jamais. Mais la journée était loin d'être terminée et le vent avait encore grandement l'occasion de changer de sens.

Arriver jusqu'au poste de commandes n'avait pas été difficile pour le grand Red Hood : absolument tous les gardes étaient déjà froids et inconscients sur le sol, des portes arrières jusque dans la cabine de surveillance où il se trouvait actuellement. Sérieusement, il n'avait même pas eu à distribuer la moindre pichenette ; c'était terriblement frustrant pour quelqu'un qui ressentait ce besoin oppressant de tout évacuer depuis qu'il s'était réveillé dans sa planque. Mais Jason, il était né frustré. Au moins, il était désormais sûr de la position de Grayson, il ne lui restait plus qu'à espérer que l'opération ne soit pas déjà compromise. Et puis, il pouvait voir le bon côté des choses : pour une fois, il n'avait pas même à lever le petit doigt pour bosser.

D'un grossier mouvement de pied, le garçon à la mèche blanche retourna le corps inconscient à l'entrée du local - esquissant un haussement de sourcils dédaigneux avant d'enjamber le malheureux. Il souleva innocemment les épaules : les flics ne faisaient donc pas dans la dentelle ces jours-ci.

Jason s'installa solennellement sur la chaise en face de l'écran diffusant les images des caméras : il était temps pour lui de voir ce qu'il avait raté pendant son blackout, où en était la transaction. Mais compte tenu du fait que le trafiquant était actuellement assommé sur le pas de l'entrepôt, il en avait déjà une petite idée.

« Bah ça, par exemple ! », s'écria-t-il, choqué, avant de rire d'incrédulité.

Plusieurs gars – trois – gisaient dans les pourtours de la pièce principale, entre les dizaines de machines étranges. Mais ce qui attira son regard se trouvait au milieu de la pièce : Dick au sol, entouré par quatre hommes – dont un avec le nez éclaté – qui se faisaient une joie de le prendre pour un sac de boxe. Ou plutôt pour un paillasson, vu les circonstances.

Red Hood s'enfonça davantage dans sa chaise curieusement devenue somptueuse et plaça paresseusement ses bottes sur le bureau. Putain, c'était encore mieux que Netflix ! Il aurait payé pour voir Dick Grayson se faire amocher de cette manière et voilà qu'on lui offrait les images sur un plateau d'argent. Pour peanuts. La seule chose qu'il regrettait, c'était l'absence de pop-corn à se mettre sous la dent, bien qu'il sache pertinemment que la scène ne serait que de courte durée. Forcément le héros allait faire son truc de héros aux cheveux bien peignés, distribuer deux ou trois droites et s'en tirer comme il le faisait toujours. En attendant regarder la scène avait quelque chose de véritablement thérapeutique.

Pourtant, le moment auquel il s'attendait ne vint pas si rapidement que ça. En fait il arrivait même à un stade où Dick aurait dû se libérer de cette averse de coups depuis longtemps. Refusant de reconnaître cette légère inquiétude qui commençait à traverser son cœur, Jason se redressa néanmoins dans son fauteuil. Il y avait quelque chose de louche dans cette histoire, quelque chose qui ne disait vraiment rien au casque rouge.

Effectivement ; en fixant l'écran avec plus d'attention, il remarqua que l'officier ne tentait même pas de parer les coups qui déchiraient sa chair, ou alors il ne le pouvait tout simplement pas. En fait, l'homme était totalement immobile ; mais pas inconscient. Il était comme paralysé et Jason ne trouva même pas pertinent de faire un parallèle avec la situation de Barbara.

D'accord, ces enfoirés l'avaient drogué ; ce n'était peut-être pas aussi drôle qu'il l'avait pensé au début. Mais est-ce qu'il allait maintenant daigner lever son cul de cette chaise, prendre son AK-47 et aller l'aider ? C'était encore à voir.

L'instant suivant fut néanmoins décisif pour Jason. L'homme en charge quitta l'ombre pour finalement montrer son visage aux caméras et autant dire que s'il avait été à la lumière depuis le début alors Red Hood n'aurait jamais lambiné.

« Oh merde ! », Jason s'exclama à bout de souffle, reconnaissant que parfaitement celui qui détenait son frère.

Ce fut comme un électrochoc qui réveilla son instinct de protection – jusqu’ici caché derrière ces innombrables couches de colère brute ; sans même réfléchir Jason courait déjà vers la pièce dans laquelle se déroulait l'action. Si on ne le connaissait pas mieux, on pourrait tout de suite imaginer que Red Hood était paniqué.

Parce que désormais, il savait que ça allait être un carnage.


__________

So fucking lost...


ω Every day is a fresh horror. Every memory a nightmare. There's always a pasty-faced clown sitting in the corner of the room, just laughing. At us.
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(jay&dick) Brothers in Arms - ft. Noah
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