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 Inconnue et familière [PV Victoria E. Vale]

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MessageSujet: Inconnue et familière [PV Victoria E. Vale]   Sam 31 Mar - 18:42



Hey ! Regarde un peu où tu vas, crétin ! Feulais-je sèchement, en repoussant l'homme qui venait de me rentrer dedans, après avoir couru sur le bitume humide pour traverser la route avant qu'on ne l'écrabouille. Plus concentré sur les voitures qui roulaient tous feux allumés que sur une éventuelle piétonne qui marcherait sur son trottoir de destination, il m'était rentré dedans en biais, son épaule droite cognant la mienne avec énergie.

D'accord, à cette heure, il faisait noir, et j'étais habillée en sombre, mais ça ne constituait pas une raison suffisante à mes yeux pour l'excuser de m'avoir bousculée comme une quille sur un parquet de bowling. Blüdhaven avait l'électricité depuis près d'un siècle, et des lampadaires publics dans toutes ses rues !
Par chance pour lui, le gars n'était pas moche du tout : assez grand, avec quelques tatouages sur l'épaule et le dos d'une main, la peau bronzée, et un parfum qui me rappelait moins la sueur et le diesel que la puissance masculine et un soupçon d'après-rasage qui me plaisait. En plus, il n'était pas trop mal fringué, et ce qu'il portait mettait discrètement en valeur son corps. Puisqu'il se livrait à un examen similaire, dans les yeux noirs du pickpocket se lut un amusement entrecoupé de brèves absences, lorsque ses iris parcoururent le relief de mon torse. Je portais un haut vert assez seyant, d'accord, mais loin d'égaler le genre de chose que White arborerait pour aimanter l'attention. De plus, ce joli haut (qu'Holly m'avais offerte) se trouvait actuellement dissimulé par les pans d'une veste (
partiellement dissimulé. La glissière de fermeture reposait à mi-hauteur ; si je fermais mon vêtement au maximum, le cuir marron avait tendance à épouser mon corps, ce qui n'assagissait pas vraiment mon allure générale).
Après cette "malencontreuse" bousculade, un petit ange passa donc, entre nous deux, uniquement rythmé par quelques klaxons et bruits citadins. Ce promeneur me trouvait à son goût, et moi aussi ; tels deux personnages centraux d'une comédie romantique, nous en avions mutuellement conscience. Je fus la première à craquer, en tendant la main dans sa direction, alors qu'il commençait à me déballer un sourire censé me faire fondre (et qui fit naître de jolies fossettes autour de sa bouche).


Je peux récupérer mon porte-feuille ? Je n'avais presque pas senti sa main droite me dépouiller du contenu de ma poche intérieure. Plutôt habile de ses doigts, le tatoué ! Je n'aurais décidément pas fait le voyage pour rien. Enfin, tu peux le garder, si tu veux... Mais fais gaffe, il ne contient que quarante-neuf dollars, et quelques cents. Je dirais que je m'en sors bien mieux, non ? Dis-je avec un sourire innocent, en produisant le petit sachet de comprimés de drogue que ma main gauche avait chipée (à vue de nez, de l'ecstasy... Blüdhaven avait une légère tendance à rester dans les années 90).

Il ne s'étouffa pas de stupeur, pas plus qu'il ne prétendit ignorer d'où venait la dope. Bien, il avait deux neurones d'actif. Toutefois, en découvrant que j'étais aussi du métier, la chaleur intéressée dans son regard s'éteignit modérément. Difficile de dire s'il n'aimait juste pas fréquenter les collègues, ou s'il était suffisamment macho pour mal vivre le fait d'avoir été doublé par une femme, mais en tout cas, la tension qui frémissait entre nous venait de redescendre. Dommage. Il lâcha un bref rire de conciliation, puis nous nous échangeâmes nos butins. Il s'adossa alors contre le mur de la rue, et me proposa de sa voix la plus virile qu'on aille dans un coin sympa pour s'amuser, tous les deux (en agitant les comprimés sous mes yeux, au cas où le sous-entendu m'aurait échappée).


Pas ce soir, gringo... J'ai déjà un rencard.

Sur ce refus, je le plantai là, sans clin d’œil ni baiser pour le consoler, décidant un peu sur l'inspiration du moment que je ne lui laisserai pas mes coordonnées. Après, si par hasard nous nous croisions à nouveau dans le futur... Qui étais-je, pour lutter contre le destin ?

Le
diner où on m'avait donnée rendez-vous trônait à un carrefour de la périphérie de Blüdhaven, dans ce qui m'évoquait un peu l'East end de Gotham, en légèrement plus salubre. La pauvreté ambiante crevait les yeux, mais au moins, la criminalité locale ne comptait pas les phénomènes de foire et les tarés psychédéliques contre lesquels Bruce usait son énergie. Le sac de sport qui contenait mon équipement reposait à mon épaule, son poids réconfortant m'assurant que je ne serais pas si vulnérable que ça, ce soir (et c'était effectivement plus pratique qu'un sac à main pour emmener avec moi ma tenue, mon fouet et mes gadgets). Les cheveux arrangés en queue de cheval, j'entrai dans le diner, mes bottines plates accrochant un peu sur le sol pas encore nettoyé de l'établissement. Deux serveuses m'adressèrent le même regard scrutateur, comme si, avec mon jean et mes minuscules boucles d'oreilles, je risquais de leur faire une concurrence déloyale (à moins qu'elles n'aient l'habitude de vérifier si tout nouveau client entrait armé ou non).

La radio qui diffusait un fond sonore ne risquait pas d'être assourdie par la moindre rumeur de conversation, puisque seule une des banquettes était occupée, à l'heure de mon rendez-vous. Et par une personne qui m'arracha une expression successivement surprise, puis agacée, puis amusée. Une serveuse fondit dans ma direction, ne me laissant que quelques instants pour prendre connaissance des tarifs et du parfum de la tarte du jour. J'allais manifestement avoir besoin de sucres, ce soir, alors autant ne pas bouder mon plaisir.


Je prendrai du café, et une part de cheesecake au citron (s'il n'a pas été trop victime de son succès). Commandais-je, avec le visage un peu crispé malgré tout, en allant lentement m'installer en face de ma cliente (mon sac de sport fut glissé à côté de moi, sur la banquette).

Mes mots sortirent au bout de quelques secondes, le délai qu'il fallut à mon cerveau pour m'affirmer que, si ce n'était pas Vicki Vale qui se trouvait face à moi, alors ce devait être son clone. Mes mains restèrent là où elles pouvaient, dans la seconde, s'emparer de mon fouet.


Il y avait une raison particulière, au fait que tu ne me dises pas dès le départ que le contrat émanait de toi ? Mieux : pourquoi ne pas m'avoir simplement envoyée un SMS ? Lâchais-je sans faire d'efforts pour me montrer agréable.

Pas de « Bonsoir ! » ni de « Comment vas-tu ? » entre la fouineuse blondasse et moi. Nous n'étions pas des amies, à peine plus que des connaissances. Et généralement, lorsque madame me sonnait, ce n'était que pour préserver notre
statu quo. Je pressentais que le choix de Blüdhaven avait à voir avec ce qu'elle allait me demander : sans doute que quelqu'un dans cette ville risquait de découvrir mon vilain secret (ou le sien) et qu'elle allait avoir besoin de moi pour éviter ça. Mais pourquoi avait-elle demandé à ce que nous nous retrouvions ici, nous qui vivions toutes les deux à Gotham ? Ça sentait les embrouilles, le genre qui nécessitait de faire profil bas pour ne pas se retrouver dans le viseur d'un fusil... Et en plus, vu que Vicki était la commanditaire, je pouvais dire adieu à tout espoir d'être payée.


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MessageSujet: Re: Inconnue et familière [PV Victoria E. Vale]   Sam 7 Avr - 20:51



J'honore toujours notre contrat. Qu'est-ce que tu veux de plus?

Le sang du bourgeois était encore chaud sur mes lèvres alors que Mammon me faisait part de son mécontentement. Il était vrai que pendant un certain temps, je n'avais pas pu remplir mon quota. Oh pas plus d'un siècle à tout casser, c'est tout. Bloquée dans cette prison infernale, j'avais été incapable de le contenter mais cela avait bien été contre mon grès. Lui qui était si puissant, il aurait pu faire quelque chose, il le pouvait encore. Mais à part grogner et se plaindre, il ne semblait pas enclin à lever le petit doigt.

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J'étais coincée dans une maudite prison, comment voulais-tu que je fasse? Peut être que si tu avais daigné te bouger pour me libérer, j'aurais pu payer ma dette!

J'avoue, j'étais allée un peu loin sur ce coup, mais en même temps, il l'avait cherché. Me traiter ainsi? Moi? L'une de ses plus anciennes fidèles. Moi qui ne me suis jamais plainte du service après vente et qui n'ait jamais failli à la tâche en près de deux millénaires. Il était plutôt culotté de venir de me chercher des noises pour un millier d'âmes. Que voulez-vous, les démons sont comme ça, versatiles et capricieux. Un jour vous êtes leur champion, leur plus belle œuvre et le lendemain vous n'êtes plus rien, hormis leur plus gros échec. S'en suivirent donc remontrances, menaces et pour finir, ultimatum.

Tu plaisantes? Comment veux-tu que je réunisse autant d'âmes en si peu de temps? Et avec ce corps... je ne vais pas tarder à retourner dans ce fichu bracelet.

Un râle de douleur se fit entendre. Le bourgeois respirait encore. Je levais les yeux au ciel, profondément agacée par cette interruption des plus déplacées puis j'enfonçais la dague un peu plus profond dans son torse. Sa dernière lueur de vie disparut dans l'indifférence la plus totale.

Quoi? Tu ne peux pas faire ça, tu n'as pas le droit. Après tout ce que j'ai fait pour toi!

Je devais me rendre à l'évidence, je ne pouvais pas négocier avec un démon, surtout pas avec celui-là et encore moins dans le corps de cette mortelle. Je devais payer ma dette ou bien le contrat serait caduque et il s'emparerait de mon âme... L'Enfer pour l'éternité, ce n'était pas dans mes projets, ni hier ni aujourd'hui. Un pacte était un pacte et au fond je savais que l'ultimatum de Mammon était légitime. Je devais même presque m'estimer heureuse qu'il me laisse une chance. Au fond, je crois qu'il m'aimait bien.

Très bien... je suppose que je ne peux pas compter sur ton aide.


Sa réponse fut bien plus énigmatique que je ne l'aurais imaginé. D'après lui, il m'avait déjà aidé avant que je ne l'oublie...

Qu'est-ce que ça veut dire?

La noirceur de son regard m'indiquait qu'il était temps que je cesse de poser une multitude de questions pour agir. Je prononçais alors les mots qui lui octroyait l'âme que je venais de prendre.

Propterea Semper Mammon.

Vous croyiez vraiment que le sang chaud sur les lèvres était une lubie, un passe-temps. Ça faisait partie du rituel, ce satané rituel que je devais effectué douze fois par an depuis plus de deux milles ans. Mais que ne ferions nous pas pour la jeunesse éternelle? Une fois son ultimatum posé et son âme récoltée, Mammon disparut, me laissant seule et désarmée. Je n'avais pas ressenti cela depuis tant de siècles... Mais très vite, les mots du démon prirent sens, Lian Yu. Je devais me rendre sur cette île, au plus vite.

Quelques semaines plus tard...

A qui penses-tu Vicki? Oh, ne joues pas à ça avec moi chérie... arrêtes d'essayer de lutter, tu sais très bien que ça ne sert à rien...


Il me fallait un expert, la crème de la crème, un spécialiste dans l'art du maraudage. Cette journaliste semblait avoir un nom, un nom qu'elle tentait de toutes ses forces de me dissimuler. Plus le temps passait et plus nos âmes devenaient fusionnelles. Elle commençait à avoir une emprise sur moi autant que j'en avais sur elle. Bientôt, elle aussi aurait accès à mes pensées, mes souvenirs, mes projets, sans même que je n'ai à lui y autoriser l'accès. Cela ne présageait rien de bon. Je devais agir avant qu'elle n'ait le temps ou l'occasion de me contrer. Pour le moment, j'étais encore assez puissante pour prendre le dessus et ainsi obtenir ce fameux nom. Selina Kyle.

Ouh... mais qui est cette charmante personne? Catwoman. Vicki Vale, vous m'impressionnez. Finalement tu n'es pas si inutile que je le croyais. Voilà une connaissance des plus intéressantes.

Voilà comment je me suis retrouvais ici, à Blüdhaven, assise sur une banquette minable, dégustant un milkshake fraise marshmallow qui, à ma grande surprise, était délicieux, attendant impatiemment cette chapardeuse de l'ombre. Cette dernière arriva quelques minutes après moi. Ponctuelle... j'aimais ça. Et puis elle était tellement plus séduisante que dans les souvenirs de Vicki. J'étais charmée. Le ton plutôt agressif de cette cambrioleuse hors paire ne fit que confirmer l'animosité que j'avais cru déceler chez Vicki à son égard. Ces deux là semblaient se respecter autant qu'elles se détestaient. Intéressant...

Bonsoir Selina. Je suis ravie de vous rencontrer.

Dis-je simplement avant de prendre une gorgée à la paille de mon milkshake. Je n'avais  ni l'envie ni le temps de jouer à être la gentille Vicki. Puis Selina me semblait être le genre de femme que l'on ne trompe pas facilement. Je n'allais pas lui faire affront pour notre première rencontre. Je devais établir une base saine et respectueuse si je voulais pouvoir marchander avec elle. Quelque chose me disait qu'elle pourrait être une très bonne alliée à l'avenir. Je pouvais me tromper bien sûr, mais dans le cas contraire, je voulais partir sur une bonne base.

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MessageSujet: Re: Inconnue et familière [PV Victoria E. Vale]   Lun 9 Avr - 16:17



J'en aurais presque frôlé la crampe musculaire, tant mon sourcil se haussa haut sur mon front. Mon interlocutrice (donc pas Vicki) sirotait gentiment son milkshake, me laissant patauger dans une mer opaque d'incertitude quant à l'identité de celle (ou du truc) qui me faisait face. Je n'envisageai pas une seconde que cette ex-flic soit juste en train de jouer la comédie, de prétendre ne pas me connaître ; il y aurait eu un détail, elle m'aurait adressé un signal discret de la tête, pour m'inviter à entrer dans son jeu. Là, cette femme m'avait accueillie avec une franchise presque sincère, en s'adressant à moi par mon prénom. J'avais été engagée par la copie conforme d'une journaliste de Gotham, mais dont le comportement prouvait qu'elle n'était pas l'originale.

Mes yeux faillirent glisser vers mon reflet dans la vitre, pour vérifier que je n'avais pas bloqué mon sourcil en mode accent circonflexe, suite à la phrase banale qui venait de me retourner la cervelle (et j'avais subi les révélations métaphysiques d'une génie de la quatrième dimension.
Deux fois. Pour me surprendre et me laisser perplexe, il fallait s'accrocher !).
L'arrivée de mon café permit de meubler ce petit temps mort entre nous deux, et comme j'avais sérieusement besoin de déglutir, la boisson chaude tombait à pic. Je pris mon temps pour siroter la première gorgée, en soufflant tranquillement sur la surface noire de ma tasse, comme si j'avais l'éternité devant moi avant de devoir prendre la parole. Le sang enrichit en caféine, je m'accoudai confortablement à la table, juste pour montrer que je me sentais assez en confiance pour éloigner mes doigts de mon sac (un peu d'auto-persuasion allait m'être nécessaire, pour poser la question qui me brûlait les lèvres). Une musique complètement inappropriée servit de trame sonore à nos échanges.


Ok. Bonsoir, donc. Souris-je le temps d'un battement de cils (s je n'avais pas à faire à Vicki, je me trouvais possiblement en présence d'un gros poisson ; autant se montrer un minimum courtoise). Vous êtes quoi ? Demandais-je, sans réussir à empêcher mes sourcils de se froncer avec sévérité (ça prouvait indirectement que je n'avais pas apprécié de découvrir que Vicki n'était pas Vicki, mais je m'en fichais ; au diable les petits jeux de posture, je devais déjà savoir dans quelle embrouille je venais de me fourrer).

Vous n'êtes probablement pas Vicki Vale, même si vous lui ressemblez comme deux gouttes d'eau, alors... Méta-humaine ? Jumelle diabolique ? Clone ? Androïde ? Illusionniste ? Tentais-je successivement de deviner, non sans grimacer intérieurement. Il était bien loin, le temps où j'aurais été plus curieuse qu'inquiète d'entendre la réponse à ma question. En tout cas, bien trouvé, le coup du mignon milkshake rose.

Glisser un peu de légèreté dans cet entretien me paraissait salutaire. Au cas où j'aurais à faire à trop fort parti, il me resterait une petite chance de calmer le jeu avec cette blonde.

Ça vous donne effectivement un air innocent. Mais la véritable Victoria n'a pas ce... Je-ne-sais-quoi de vulgaire, au fond du regard. Confiais-je à l'intéressée, en indiquant de l'index la zone du visage dont je parlais (et en espérant fort que ça donnerait l'illusion que je n'avais pas été dupe).

Pas-Vicki avait presque l'air plus intéressante que la vraie...
Presque. La différence se jouait dans ce qui émanait de son visage, ce petit côté pétasse qui pouvait plaire, passer pour sexy, ou au contraire, effrayer et décourager (là, je parlais d'expérience). Je faillis me mettre à décider qui, parmi les Robin, entraient dans la première catégorie, avant de me souvenir que je ne pouvais pas vraiment me laisser distraire. Le temps que j'obtienne un semblant de réponse, mon cheesecake avait été déposé devant moi (par une serveuse manifestement fatiguée) et ma tasse avait besoin d'un deuxième service. La pâtisserie me permit de manger tout en discutant (ce qui, dans n'importe quel contexte, aidait à conserver une certaine façade – on ne mange pas lorsque l'on a l'estomac noué, et on a généralement l'estomac noué quand on se sent stressé. Manger prouvait à l'interlocuteur que l'on ne se sentait pas en danger face à lui). Après une première bouchée agréable, ma fourchette pointa vers ma voisine de table.


Je vous préviens : l'addition est pour vous. Et vous laisserez de ma part un pourboire généreux à la serveuse. Ajoutais-je, comme si ça allait de soi, avant de m'essuyer délicatement la bouche. Un peu de beurre dans les épinards, ça ne fera pas de mal. Blüdhaven n'est pas une ville où il fait super bon vivre... À une époque, Nightwing venait y assurer le service minimum, mais il a fini par préférer Gotham (sans doute parce qu'il espérait être "celui qui attrapa Catwoman"). C'était une théorie personnelle, qui en valait une autre, et qui avait l'avantage de m'éviter d'être tentée de dire pour quelles véritables raisons Dick s'en était retourné vers les chauves-souris. À présent, elle a rejoint les rangs des villes malfamés orphelines de protecteurs... Juste un sale trou où le crime prolifère, mais comme les possibilités de bénéfices sont limitées, aucun caïd n'y réside. Au mieux, certains y ont un entrepôt ou deux, pour la gestion des stocks... Soupirais-je, manifestant ouvertement que venir jusqu'ici ne m'enchantait pas.

Les serveuses du
diner veillaient depuis mon entrée à ne jamais se trouver à portée d'oreille de nos échanges (une consigne donnée par le patron, ou bien une habitude prise dans une ville où le premier dealer n'hésiterait pas à sortir son flingue pour dissuader quiconque de l'entendre parler de son business). Par égard pour elles, je baissai néanmoins le ton avant d'entrer dans le vif du sujet, afin qu'elles n'aient pas trop d'efforts à fournir pour se maintenir dans une bienheureuse ignorance.


Le boulot ? Repris-je, d'une voix étouffée. J'estime que le suspense est à son comble, vous pouvez me balancer d'un air théâtral ce que vous voulez que je pique pour vous. En retour, je vous dirai combien ça vous coûtera, et en vous épargnant cette laborieuse phase de la discussion où vous tirez le prix vers le bas pendant que je le tire vers le haut. Souris-je de nouveau, en découpant à la fourchette une part de cheesecake, pour terminer sur une note ferme, mais agréable.

"Pas de négociation sur mon payement". J'essayais toujours de poser cette base avec tout nouveau client. La manière dont ils réagissaient m'aidait souvent à savoir comment les gérer (le sourire, c'était pour veiller à ce qu'on ne me tue pas tout de suite, si le côté ferme ne plaisait pas ; d'ordinaire, j'y ajoutai une pincée de flirt, mais l'ajout pouvait ici se retourner contre moi).


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MessageSujet: Re: Inconnue et familière [PV Victoria E. Vale]   Ven 13 Avr - 17:33



Quelle délectation de voir la surprise, l'incompréhension et l'incrédulité de cette jeune femme face à ma présentation. J'aimais faire de l'effet et pour le coup, je crois que j'y étais plus que parvenu. J'ai bien cru un instant que son sourcil allait s'échapper de son visage tant il s'était soulevé. Le sourire aux lèvres, je continuais à déguster tranquillement mon milkshake, en attendant que la séduisante voleuse redescende et retrouve ses esprits. Une serveuse vint alors s'immiscer entre nous pour servir un café à Selina, visiblement ravie de ce répit offert par cette boisson chaude dont je ne comprenais toujours pas que des papilles humaines puissent l'apprécier. Le café était sans nul doute une des choses que j'aimais le moins sur cette Terre.  
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Ce goût amer et corsé, cette odeur nauséabonde et repoussante, je ne le supportais pas. C'était exactement l'idée que je me faisais du goût de la sueur d'un gladiateur, ayant macérée des heures dans ses sandales, après un long et glorieux combat. J'en avais la nausée rien que d'y penser. Comment des milliards de personnes à travers le monde ne pouvaient point s'en passer chaque matin? C'était une véritable énigme pour moi. Mais je m'égarais, sans doute à cause de cette odeur de caféine qui m'indisposait.

Le silence de Selina était étrange, je ne pensais pas lui faire tant d'effet avec une si petite phrase. Elle devait se demander à qui ou plutôt à quoi elle avait à faire. Pas étonnant avec toutes ces créatures et ces expérimentions qui trainaient désormais dans les rues comme si de rien était. Le monde déraillait complètement et personne ne semblait vouloir l'admettre. Comment tous ces gens pouvaient accepter de livrer leurs vies entre les mains de ces abominations créées dans des éprouvettes ou suite à de malencontreux accidents? N'y avait-il donc plus aucun respect pour les véritables êtres supérieurs, comme moi... Voilà un problème dont je m'occuperai assurément une fois mon corps et ma puissance retrouvés. Mais pour le moment, je devais m'assurer des talents de cette Catwoman. De ce que j'avais pu lire dans les pensées de Vicki puis dans les articles de journaux relatant les frasques de la belle, elle ne devait ses talents qu'à elle même. Aucune expérimentation, aucune manipulation, aucun super pouvoir usurpé ou fabriqué de toute pièce. C'était tout à son honneur, j’exécrais les personnes qui prétendaient être ce qu'elles n'étaient pas et ça ne semblait pas être le cas de cette chère Selina. Une qualité plus qu'admirable. J'appréciais les femmes fortes et indépendantes comme elle, à voir donc si elle méritait vraiment mon respect et mon intérêt. Cette première prise de contact serait indubitablement décisive pour l'avenir de notre relation.

Soudain, son corps changea de posture, elle semblait plus à l'aise, plus confiante. Elle venait d'avaler la pilule sûrement et semblait enfin prête à entamer la discussion. J'en étais ravie bien évidemment. S'en suivit un flot impressionnant de paroles qui trahissaient, à mon humble avis, le trouble et la perplexité que j'avais éveillé en elle. Je la laissais donc parler, plutôt amusée par la situation. Bien sûr, elle avait immédiatement compris qu'elle n'était pas face à Vicki Vale, cela était un fait de ma volonté même si j'avais la certitude que, de toute manière, elle aurait découvert assez vite le poteau rose et ce même sans mon aide. Elle me demanda presque instantanément ce que j'étais mais ne me laissa pas l'occasion de parler, je la laissais faire, curieuse de voir quelles théories lui passaient par la tête à mon sujet. Une méta-humaine? Une jumelle diabolique, j'aimais beaucoup cette idée! Un clone? Un androïde? Quelle insulte! Une illusionniste? Ce qui se rapprochait le plus de la vérité... même si ça en était encore très loin. Je me contentais alors de plonger mon regard dans celui de Selina, lui faisant comprendre, sans même prononcer un mot qu'elle était à côté de la plaque. Et c'est là qu'elle me balança ce mot barbare et insultant... quelque chose de vulgaire mon regard? Je ne lui permettais pas de me parler ainsi! S'il y avait bien une chose que je n'étais pas c'était bien ça! Je détestais la vulgarité, une femme par essence ne pouvait pas en être empreinte. Je devais avouer que sur ce coup là, elle perdait des points. Assurément la dernière chose au monde qui l'inquiétait.

Malgré l'arrivée de son cheesecake, il semblait impossible d'arrêter la machine et la cambrioleuse continuait à parler comme si cela l'aider à appréhender la situation. Je l'écoutais simplement, enregistrant chaque petite information qui pouvait me renseigner sur son caractère ou sa façon de penser. Observer les gens était souvent bien plus fructueux que de converser avec eux. La preuve en était encore faite ce soir. J'en apprenais plus sur elle sans prononcer un seul mot que si j'avais eu recours à un véritable interrogatoire. Finalement, elle s'arrêta enfin de parler, me laissant une occasion de me présenter convenablement et d'en venir aux faits. Elle n'appréciait visiblement pas le fait d'être ici et attendait avec impatience de savoir quelle mission j'avais à lui confier. Voilà qui me plaisait, les affaires avant tout. Je faisais alors signe à la serveuse qui s'approchait de moi que je n'avais besoin de rien d'autre si ce n'était qu'elle disparaisse au plus vite de ma vue.

Intéressant cette facilité déconcertante que vous avez à vous confier face à une parfaite inconnue. Bien que vous soyez véritablement face au corps de Victoria Elizabeth Vale, je peux vous l'assurer. Je n'ai cependant pas essayé de prétendre être elle, cela aurait été un manque de respect pour vous et une perte de temps pour nous deux. Mais je trouve cela très divertissant que vous essayiez en vain de deviner qui je suis.


Voilà de nouveaux indices sur ma véritable nature qui ne tarderaient sans doute pas à la mettre sur le bon chemin.

Si vous me le permettez, j'aimerais d'abord m'assurer de vos compétences avant de vous accorder ma totale confiance. L'objet que j'aimerais vous faire dérober est très personnelle, très précieux. J'espère que vous comprendrez que je ne puisse prendre le risque de choisir la mauvaise personne pour le récupérer. Vicki vous a chaudement recommandé cependant, je suis sûre que vous êtes l'experte qu'il me faut. Et je ne vous ferez pas l'affront de négocier vos tarifs, je paierai la somme que vous réclamerez, une fois que j'aurais la certitude que vous êtes la bonne personne bien sûr.

Je terminais par un large sourire, sincère et confiant. Je sentais que cette femme et moi pouvions former une équipe redoutable. C'était quitte ou double. Soit elle acceptait le test sans se froisser, comprenant la taille de l'enjeu. Soit elle se vexée et refusait tout net que l'on puisse remettre en doute ses compétences. Mais vu la complexité de la femme qui se trouvait devant moi, une toute autre réaction était possible, elle semblait ne pas manquer de surprise et j'adorais ça. Délicieuse et imprévisible. 

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