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[Sin City] Sombre est la couleur des armes [PV Mirabaï]


Putain. Ca puait la mort, la souffrance et les cris de douleur. Putain. Cette odeur de sang montait dans mes narines, me faisant revenir des années de meurtres, de massacres, de chasse à l'homme. Putain. Encore une fois je me réveillais à côté de quelqu'un. Une femme. Sa chevelure sombre aux reflets bleutés me rappelait l'amertume du corbeau qui se déposait sur une tombe. Je crevais à petit feu. Saloperie de cancer. Plus que quelques jours, quelques semaines tout au plus d'après les médecins. Et puis ce sera le grand balck out. Bye bye John. Ouais, pour une fois, je n'utilisais pas l'humour. Pas plus que mon vrai nom. Pour une fois, en écrivant ces putains mots sur un papier tâché de sang et de ma transpiration, je mis un autre nom. McCarthy. De toutes façons, d'ici ce soir, tout serait fini. Le monde entier serait détruit. Ouais. Nous partirions tous dans un immense feu d'artifice avec tout ce qui s'enchaîne autour. La musique, la baise, les hurlements. Le pied total en fait. Tout allait péter. Et c'est dans ces flammes que je cracherais avant de me casser, les mains dans les poches. Mon cul est posé sur un lit froid et tâché de trop de trucs que je préfère ignorer. C'est sale, ignoble, ça pue la baise et le sexe, mais je m'en tape. Elle est morte. Pas par ma main, non. Elle aimait quand ça faisait mal, quand elle plantait ses griffes dans mon dos, m'ouvrant la peau, y faisant couler le sang, entamant presque ma chair. Jamais jusque là. Jamais jusqu'à la mort. Une clope à la fenêtre, et les sirènes, les flics. Me planquant dans une pièce, j'esquivais leur entrée. Son mec était un flic. Un connard de la pire espèce qui l'a battait jusqu'à ce qu'elle s'écroule. Tu étais un oiseau enfermé dans une cage dorée. Ma "Birdy" à moi. Ta délicatesse, je l'amènerais jusque dans ma tombe. Fracassant la porte, les flics entrèrent, très certainement l'arme au poing. Cow-boy à la manque. Ils tiraient à vue, sans même savoir si t'étais innocent ou non. Moi je prenais mon pied en cassant du connard, eux, en tirant sur le genre de type qui agissait comme moi. La justice ? Connerie. Ici, c'était de la merde. Un peu comme cette putain de pluie qui tombait, frappant ma tronche lorsque je passais par la fenêtre, descendant le long du chéneau, sautant sur le toit de leur bagnole, je me dirigeais vers la mienne.

Merde. Mes clopes. Elles étaient restées en haut. Putain "Birdy", tu me manques déjà. Pas le temps de pleurer. Le moteur vrombit déjà. Et là haut, encore en train de fouiller l'appartement où se trouve son corps, celui-là même aux côtés duquel je me suis endormi, son connard de mari doit être en train de lui cracher dessus, la traitant de traînée. Tôt ou tard je te buterais. Une cartouche dans la gueule. Simple. Mais efficace. Il faut que je m'arrête. A peine j'ouvre la porte que je dégueule. Un mélange de sang et d'alcool. Du Gin si je veux être précis. Quelques jours hein… Plutôt quelques heures, ouais. John, tu as pourri ta vie, fais des conneries, eu les pires vices du monde, alors contente toi de la terminer convenablement… J'éclate de rire. Essuyant les restes du liquide acide du dos de ma main, mon rire s'extirpe de ma gorge avec une douleur atroce. Tant qu'à mourir, autant le faire avec classe. Retour au point de départ. Retour à l'endroit où je l'ai trouvée. Où j'ai rencontré ma "Birdy". Les putes. Elles font leur propre loi. Armées, personne ne leur cherche d'emmerdes. Folles ? Peut-être. Plus couillus que certains mecs ? Sans aucuns doutes. Cette pluie ne cesse de tomber, les essuie-glaces battent le tempo alors que je glisse sur la route. Manquant de peu de me tuer, la voiture s'arrête contre un mur. De la carrosserie. Ce n'est pas important. Rien n'est plus important que le souvenir de ma "Birdy". Putain. Arrête de pleurer McCarthy. Tu es un con. Un putain de con émotif. Elle est morte. MORTE ! Mes mains frappent le volant, j'enrage. Une bastos. JE. DOIS. LUI. METTRE. UNE. BASTOS. DANS. LA. GUEULE ! Il est trop tôt…

Il faut que j'évite les ruelles trop éclairées. Je pue la mort. Mon trench est tâché de sang, et mes mains… Je préfère éviter de les regarder. C'est son sang, son corps, son odeur qui est sur moi. Elle me manque déjà. Une nuit. Rien qu'une putain de nuit. Et adieu. Les rues passent et se ressemblent. Jamais encore je n'ai eu autant de colère en moi. A moins que ce ne soit la volonté de mon cancer qui me fait croire ça. Tu veux me tuer mon grand ? Ok… Mais laisse-moi venger ma "Birdy" avant. Elle, sa famille, ses amis, tous ceux qui comptaient pour elle. Une sœur. Elle avait une sœur. Je passe les panneaux. "Lux es vitae". C'est le seul adage dont je me souviens. Ma tête a tellement frappé le sol depuis que je suis gosse que jamais je n'ai été capable d'apprendre quoique ce soit. Pourtant, j'en sais des choses. Pousser un mec à se chier dessus de trouille, ça me connaît. La bagnole dérape, j'emporte un type, deux peut-être. Porte ouverte, j'en éclate un troisième. Pour les autres, ce n'est qu'une seconde pour eux, mais pas loin de trois cents balles qui pénètrent leurs sales gueules. Sur les toits je les reconnais. Elles sont toutes là. Telles les Walkyries de l'ancienne époque, caressées par la pluie, auréolées de la lumière de la lune. Putain. Ce qu'elles sont belles. Son regard croise le mien. Je la reconnais immédiatement. Cheveux noirs ébène, regard froid et sombre. Mon trench est ouvert par des mains agiles qui ont autant l'habitude de caresser des corps que de manier des flingues. Une femme, le visage dissimulé derrière un masque d'Otaku me tient en respect avec son katana. Je n'aime pas les armes blanches. Ca fait gicler trop de sang, et en plus, il faut les nettoyer. Moi j'adore les flingues, c'est simple, mais efficace. Je lève les mains. Elles prennent mon flingue. Ou plutôt, celui qui était planqué sous le lit de ma "Birdy" chérie. Elle s'en servait pour se protéger de son connard de mari… Mais maintenant, elle n'en aura plus besoin. Je baisse les yeux. Putain. Je pleure "Birdy". Et c'est à ce moment précis que je la sens devant moi. Ses doigts soulèvent mon menton. Délicate, belle, et dangereuse à la fois. Ses yeux sont de glace, tout comme son cœur. Notre amour n'a d'égale que notre haine respective pour le second. Nous nous aimons. Nous nous haïssons. Nous nous respectons. Elle me regarde, essuie mes larmes. Décidément, ce n'est pas ma journée. Et cette satanée pluie qui ne cesse de tomber…


- Bonjour. (Lui dis-je simplement.) C'est un beau jour pour mourir n'est-ce pas ?
John Constantine
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Lun 12 Mar - 18:49
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La nuit est encore tombait sur cette ville. Ce quartier est le mien, il est appelé le quartier des putes. Mais, ici c'est moi qui fais la loi, avec mes filles. Ici, les flics n'ont pas leurs mots à dire. On sait se défendre et on est suffisamment armée pour le faire. Pas besoin qu'un homme vienne se mêler de nos affaires, ici ce sont les filles qui font la loi.

Encore une nuit tranquille. En tout cas je le pensais. Un message sur la radio des flics annonça la mort d'une fille, encore. Encore un connard qui avait tabassé l'une des nôtres, pour se défouler. Il faudra qu'on l'on s'occupe de lui, il va savoir ce que sait de se faire tabasser. Mais ma petite Milo, ma gentille et muette petite Milo m'apporta le message de trop. Cette fille c'était… Birdy. MA Birdy. Ma sœur jumelle.

Je savais que ma sœur avait des problèmes. Elle était mariée avec un putain de flic, qui l'a battait. Plus d'une fois j'avais eu envie de lui refaire le portrait, mais la trêve entre les flics et les putes était si mince que cela déclencherait une guerre. Et ma sœur était assez grande pour savoir ce qu'elle faisait. Son mari Jack, dit ''Jacky Boy'', s'amusait avec mes filles et me les laissé trop souvent avec des marques sur le visage. Ce putain d'enfoiré, il avait était trop loin aujourd'hui il avait tué ma sœur. Je vais lui faire la peau.

Mais la suite du message de la police annoncé que l'homme recherché était un certain McCarthy. Dans quoi tu t'étais encore embarqué, ma sœur. Qu'est ce que ce McCarthy t'as apporté de plus cette nuit, pour que tu finisse comme ça ?

Arrivé comme une furie, Shelly paniqué – comme à chaque fois – criait aux oreilles de toutes.


- Il est là ! Cette enfoiré, vient d'entrer dans le quartier.

Attrapant mon revolver à 6 coups, je me levais de ma chaise et décrocha une baffe à cette pute, pour qu'elle ferme sa gueule. Faisant signe à Milo de regrouper les filles, je sortie laissant Shelly au sol, en train de chialer. Il s'était mis à pleuvoir, comme souvent sur la cité. Chacunes à sa place, sur les toits guettant l'arrivé de notre futur cadavre. Le regard noir, dans ma tenue de cuir, le revolver à la main, je fis signe à Milo de l'arrêter. D'un coup, comme une ombre silencieuse, elle lança son shuriken qui ne rata pas sa cible, le pneu – jamais elle ne rate sa cible, ma belle Milo. Sa voiture alla s'encastrer dans le mur, après un long dérapage. Bien ! Blessé, mais pas mort…

Les filles savaient ce qu'elles avaient à faire, mais il était à moi. Tel des ombres de souplesse, elles encerclèrent très rapidement la voiture. Il fut sorti de sa bagnole, sans broncher. Les filles n'eurent aucun mal à le ligoter. Pourquoi il ne broncher pas ?


- Bonjour. (dit-il simplement.) C'est un beau jour pour mourir n'est-ce pas ? (avec un sourire aux lèvres)

Je vais t'effacer ce sourire, connard. Passant devant les filles, qui s'écartaient pour me laisser passer, je me retrouvais face à lui. Je lui asséna un grand coup dans sa tronche, avec le revers de mon revoler, dans lequel j'avais mis toute ma force. Il se mit à rire, comme un détraqué. Et il chuchota : ''Birdy…'', en me voyant.


- Non connard, moi c'est Mira. Birdy était ma soeur et tu l'as tué. Maintenant c'est moi qui vais te faire la peau…
Mirabaï Cehleste
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Sam 17 Mar - 16:18
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Le tonnerre gronda lorsque la glace me frappa au visage. Cette caresse éphémère pleine de violence me tourmentera durant encore bien des jours. Puis, lancinante douleur, elle laissera place aux langoureux éclairs de ténèbres, ceux-là même qui eurent l'indécence de prendre ma famille il y a bien des années. Crachant un feu de paroles, je me languissais de pouvoir faire courir mes mains sur ses hanches. Souffrance aveugle d'une colère sans vergogne. Son arme venait de me frapper. La douleur montait. Encore. Injurieuse. Souffrante. Les nuits sont sombres ici. Mais elle l'était encore plus que toutes celles que j'ai vu, connu, ou connaîtrait. Pire encore que l'ébène, sa haine envers moi ne faisait que grandir à chaque instant. Je souris. La lame caressa ma carotide. Un mot. Un geste brusque. Et je serais en train de bouffer les pissenlits par la racine. Pourtant elle n'en fit rien. Qu'est-ce qui pouvait bien la retenir ? Le doute ? La peur ? Non. Rien de ça. Elles n'avaient pas peur. Les putes n'avaient pas peur. Elles laissaient ce sentiment aux flics, aux macs, et aux cons. Surtout aux cons. Le genre de mec dans mon genre, sauf que moi, je ne craignais rien. Ni la peur, ni la mort. Rien. Ca faisait bien longtemps que j'avais fait une croix sur toutes ces conneries. L'amour, la joie, le bonheur. Que des conneries. Un cynisme latent grandissait en moi. Gangrenant mon cœur et mon corps. Ouais. Il me buttait. Pas elle. Lui.

Pas moyen de me faire me retirer mon sourire. Ce putain de morceau d'acier me refroidissait jusqu'à l'échine. Mais j'en avais rien à foutre. Le regard de la petite me plaisait. Bien moins que celui de "Birdy", mais pas mal. Sa sœur. Je l'ignorais. "Birdy" ne m'avait jamais parlé de sa famille. Seulement de Lui. Jamais d'Elle. Un job merdique, dans une ville merdique. Un peu comme la pluie qui perle sur une vitre. C'était ça, la vie de ma "Birdy". Une goutte claire, translucide, s'étalant sur une merde épaisse qui se fichait de son existence. Ironie du sort. C'était moi le tueur. Celui qui aurait pu le faire. Mais non. Je ne m'en souvenais pas. Du sang… J'en avais plein les mains. Mais jamais celui de "Birdy". Mon flingue quitta ma main. Seconde salve. Bordel. Je crachais du sang sur le sol. Elle m'avait brisé une dent. Tant pis. Du physique. Pas de moral.


- Tu n'as rien de mieux à m'offrir ? Tu vas finir par t'user la santé à me frapper de cette manière. Demande à tes amies… Je suis persuadé que ça les démange.

Ferme. Je le suis. Cinglé ? Sans aucuns doutes. Mais peut importe. Je les connais. Elles veulent du sang. Elles vont en avoir. Pas le mien. Pas ce soir. Les nuits sont fraîches n'est-ce pas ? Sombres. Dangereuses. Elles me toisent. Je souris. Ne pouvant agir sans son accord, elles sont frustrées. Castrer un mec. Un tueur de putes. Ouais. Ca doit les exciter ça. Le prochain qui passera ici en aura pour son argent. J'en suis sûr. "Mira" ne bouge pas. Elle attend. M'observe. Putain. Mon cœur s'emballe. Une respiration. Une autre. Mon bras s'engourdit. Puis c'est mon corps qui me lâche. Merde ! Le sol est froid. Mais ce n'est pas le pire. L'autre pute m'a ouvert une partie de la gueule. Je pisse le sang. Fière ? Non… Ca gueule. Ca jure. Ca me plaît. Je suis là. Affalé sur le sol, la bouche à demi ouverte, le sourire aux lèvres. Une bave brune s'écoule de mon corps, mélangé à un sang rouge écarlate. Suis-je en train de crever ? Si seulement. Ou pas. Pas sans ma "Birdy". Pas sans savoir ce qu'il lui est arrivé.

Quelque chose se passe. Plus petit que moi. Plus trapu aussi. Sa tête est ronde. Violine. Il sent la haine. La peur. La mort semble le suivre à chacun de ses pas. Il a un truc en main. Une mèche de cheveux. Une mèche de "Birdy". Ma "Birdy" ! Mon corps ne réagit plus. Mes doigts tentent en vain de racler le sol pour lui jeter quelque chose dessus. Merde ! Il pleut. Je sens la pluie, la fraîcheur de la nuit installer son linceul sur mon corps. Suis-je mort ? Ou suis-je simplement en train de mourir ? Des limbes je retournerais en Enfer. Oui. L'Enfer. Me relevant, je m'aperçois de mon erreur. J'y suis déjà en Enfer. Le sang s'est arrêté de couler. Ma cicatrice balafre mon visage. Putain. Cette douleur est à peine soutenable. Elle s'approche de moi, ses putes l'entourent. Je me lève. Souriant. Toujours. Je la dépasse aisément de ma taille. Mon regard se pose sur elle d'en haut. Le canon. Froid. Dangereux. Embrasse ma mâchoire. Elle me tient à sa merci. Elle le croit. Fougueux. Impétueux. Sauvage. Les adjectifs sont simples. Je l'embrasse violemment. Elle me rend mon baiser. Puis me mord sauvagement la langue. Ce goût de sang l'intrigue. L'excite peut-être aussi.


- Je n'ai pas tué "Birdy". On ne tue jamais ceux qu'on aime.
John Constantine
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Mar 20 Mar - 18:34
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Il souriait sous mes coups incessants. Il crachait du sang, mais souriait toujours. Cynique. Assassin. Pourriture. Les filles n'attendaient qu'un signe de ma part. Je voulais qu'il souffre. Comme il a fait souffrir… Ma sœur. Brisée. Meurtrie. Abandonnée. Je cessais les coups. Il était à terre. Il avait les mains tachées de sang. Le sang d'une innocente. Meurtrier. Ses mots résonnaient dans ma tête.

La nuit est brûlante comme l'enfer. Une piole pourrie, dans un quartier pourri, dans une ville pourrie. C'est là, que ma sœur est morte. Par ses mains. Il a la tête comme un compteur à gaz. Déformé sous les coups, que je lui ai donné. Mais j'ai un truc qui me glace le bide. Ce regard. Il y a quelque chose. Pourquoi il l'aurait tué ? On l'a assassiné et il était là quand c'est arrivé.


- Pourquoi tu l'as tué ?
- Je n'ai pas tué "Birdy". On ne tue jamais ceux qu'on aime.


Dans ses mots, une réponse. Sincère ? Son regard. Rempli de haine et de tristesse. Un tueur n'a pas de tristesse. Il la pleurait. Il l'aimait ?

Soudain, j'ai un flash. Une déesse allongée aux côtés de cet homme, complètement murgé. Birdy avait peur. Elle aurait cherché par tous les moyens de se protéger. Elle avait tourné le dos aux putes. Elle savait pourtant qu'on l'aurait protégé. Mais elle avait cherché l'homme à l'air le plus dangereux, dans un bar. C'est qu'elle avait peur. Merde Birdy. Qui voulait ta mort ? Pourquoi toute cette bonté envers ce connard ? Savais-tu que tu allais mourir ? C'est pour ça que tu l'as choisi lui ? Tellement de questions, et peu de réponses.


- Tu n'as pas tué ma sœur… Je veux que tu trouves celui qui a fait ça et que tu me le laisses…


Du sang sur les mains. Celui de l'assassin de ma sœur ? Les condés. Putain c'est quoi cette embrouille. Ils se ramènent. Ici, c'est chez nous. J'envoi les filles. Mon petit ange Miho, ramasse l'homme à terre. Le ramène chez moi. Shelly chiale toujours. Elle essai de m'expliquer qu'elle avait pas le choix. Le choix de quoi ? Putain, cette salope a appelé les flics. Une trahison. Une pute. Du fric. Miho lui tranche la gorge. Elle sera donnée en pâture à ses putains de flics. Son corps balançait du haut du toit, atterrira sur le capot de la voiture de mon beau-frère. Une pute égorgée. Une traîtresse. Voilà, le message que recevront les flics. Ils n'ont rien à faire ici. Ici, c'est nous qui fessons la loi.

Quelqu'un a dû allonger les biftons pour monter un coup pareil. Mais pourquoi elle ? Que savait-elle ? J'allais le découvrir. Les règles du jeu, c'est moi qui vais les fixer. Le salaud qui t'a fait ça va le payer au prix fort. Cet homme, toujours à terre. Ce n'est pas lui. Je sais pas pourquoi, je ne sais même pas comment. Je ne t'avais pas vu depuis longtemps. Et maintenant, je ne te verrais plus. Mais lui qu'avait-il a gagner si il te tué ? Quand j'aurais trouvé celui qui t'a fait ça, son enfer aura un goût de paradis.

Mirabaï Cehleste
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Ven 23 Mar - 11:15
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On dit souvent que lorsque tout va mal, on a "le moral dans les chaussettes". Actuellement, j'ai plutôt les couilles dans un étau. Car ouais, la pluie, la mort, tout ça, ça passe encore pour moi, c'est un peu comme si ma sœur venait me rendre visite avec sa famille. Ce qui m'arrivait c'était pire que tout ça, un couteau couvert de sang, planté dans du sable, celui-là même baignant dans une espèce de flasque d'eau croupie puant la pisse et la merde. Merci l'image. Putain de vie. Putain de monde. Putain de nuit. Ma "Birdy" est morte. Mon monde s'écroule en une fraction de seconde. Sa sœur me fracasse, me lacère même le corps. Peut importe. Rien n'est plus douloureux que cette pluie qui pénètre ma chair, des lames aiguës, tranchantes et douloureuses. Ouais, la vie, c'est de la merde. Un bon gros tas qui vous marche dessus, et tandis que sa voix monte à mes oreilles, elle m'invective, m'ordonne même de suivre un chemin que je prenais alors qu'elle avait tenté de me buter comme un malpropre. Venger sa sœur ? Venger celle que j'ai aimée ? Venger "Birdy" ? Ce serait si simple, si rapide. Si… Impossible. Ce que je sais ne me permet pas de l'envisager. Nous sommes si loin l'un de l'autre et pourtant, je sens son odeur, la chaleur de sa peau et la délicatesse de ses doigts sur mon visage. Derrière mon regard recouvert de ce voile rouge de sang, mon sang, ce n'est pas le visage de "Birdy" qui illumine ma vie, faisant briller mon cœur. Non. C'est une autre femme aux traits abruptes, lourds et sombres. Sa haine n'est pas invisible, elle est tangible, puissante, écrasante même. Puis, sans même m'en rendre compte, je fini par l'aimer. Improbable réaction de mon cœur, de mon cerveau. Il y a peu, elle désirait me tuer. Maintenant, je suis son épée, son porte-flingue. On me tire, me jette dans une sorte de couloir où mes pieds quittent le sol et quelqu'un me déplace sans même fatiguer.

Au loin, j'entends des coups de feu, des sirènes, un hurlement. Tout s'arrête. Seules les sirènes poussent leurs hurlements sinistres dans mes oreilles. Du sang s'écoule de mon corps. Je me purifie, vidé de ce liquide tâché par des années de solitude, d'orgueil et d'erreurs. Un jugement funeste, comme si on tentait de me faire payer un tribut qui n'est pas le mien. Amusant. Mon corps se lève, vais-je mourir ? Non. La faucheuse n'a pas encore reçu son ordre de mission et puis, la saloperie que je porte aura bien raison de moi avant que la sœur de ma "Birdy" ne vienne à se venger. Elle sait que je n'y suis pour rien, elle semble en être persuadée. A-t-elle raison ? Moi-même je m'y perds. Jamais je n'aurais pu lui faire le moindre mal, jamais de mon vivant, même bourré comme un abruti, cet acte ne me serait venu à l'esprit. On me rafistole à la va vite. Quelques sutures d'un côté, un bandage de l'autre. Où est mon flingue ? A côté de moi, elle le tenait en main, assise sur une chaise en fer. Non. Pas Mira. La pute au katana. Me fixant un peu comme ces lions de pierre devant un restau Chinois. Il fallait que je me lève, mon dos craqua, la plupart de mes muscles étaient aussi raides que de la pierre et il me fallu son aide pour y arriver. Le temps jouait contre nous. Contre moi. De ce que j'entendais, les flics avaient fait une descente dans le quartier des putes. Résultat des courses, deux douzaines de cadavres jonchaient les rues, flics ou putes. Tous étaient égaux apparemment.

Mon nouveau garde du corps m'accompagnait partout. Même si j'avais envie de pisser, elle venait. J'avais même tenté de lui proposer de me la tenir, comme ça, pour tenter de la faire sourire. Sans succès. Son arme s'approcha un peu trop de ce qui faisait de moi un homme, physiquement parlant. L'humour n'était pas son fort. Nous discutions de nos passions, nos hobbies, nos familles. Dans un silence ou aucun de nous deux ne prononçait le moindre mot. Ici, dans cette ville du pécher, personne ne parlait de lui. Des âmes errantes, des êtres sans but ni vie propre. Des pions sur un échiquier aussi sombre que la plus pure des nuits. Mais dans ce visage, celui-là même qui m'apparu je reconnu un soleil, une lumière divine caressant mon cœur. Mira. Parfois, il ne fallait pas chercher à comprendre comment, d'un coup de poing dans la gueule, nous pouvions passer à un baiser si torride, qu'il aurait fait rougir un acteur de porno. De cela, nous passions à une discussion. Un flic, passé à tabac et donc la moitié du corps gisait encore en pleine rue s'était trouvé avoir la langue bien pendue. Le "mec" de "Birdy" manquait de couilles. Sans ironie. Par manque de courage ou même par simple peur, cet abruti restait planqué dans le commissariat où il bossait. Première piste avant la suite. Premier pas vers la libération de deux cœurs enflammés et meurtris. J'enfoncerais mon flingue dans sa bouche, puis, le doigt sur la gâchette, je vengerais la femme que j'ai aimée. La seule femme que j'ai aimée. Celle-là même qui me donna une seconde vie. Mon cœur s'emballe, je suffoque, je tousse. Appuyé contre un mur, mes mains se portent automatiquement sur mon torse. Quelques minutes. De très longues secondes. Puis l'air reprend sa course dans mes poumons. Putain de vie. Mira me regarde, ses yeux sont sérieux, précis, vifs comme l'éclair. Elle désire en finir. Maintenant. Alors on quitte le quartier des putes. Adieu les rues crasseuses et sombres. Ce soir, la lune sera rouge. Rouge, et bleue. Nous allons arracher de la peau de flics et nous en faire des manteaux. De lambeaux de cuir et de chair humaine. Cette nuit, notre vengeance sera accomplie. Plus que quelques heures et je serais libre. Il est impossible que je claque. Il est trop tôt. Encore trop tôt.
John Constantine
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Dim 20 Mai - 19:59
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La nuit est brûlante comme l’enfer, ça put le sang et la poudre. Des corps jaugent le sol. Mes amies, mes ennemis peu importe. Les salops qui ont osaient s’aventurer sur notre territoire sont prévenus. Ici, c’est notre monde, notre loi. On ne s’en prend pas aux putes sans en payer les conséquences. L’enfoiré qui a organisé tout, ça n’est pas là. Le flic qui gît au sol, ou plutôt la moitié qui lui reste de conscient, m’apprend que le patron se planque au commissariat. Il se cache comme un rat mort. Il a peur. L’odeur du sang m’excite. L’homme à mes côtés lui tire une balle entre les deux yeux. Je suis chaude. Un regard en coin, pour voir son visage abîmé par mes mains. Je craque. Il m’attire. Il a l’odeur de la mort. Pas question de perdre une seconde plus. Je le trouverais, et lui ferait subir de mes mains ce qu’il a fait subir à ma sœur. Cette pourriture va me supplier de l’achever. On ne traite pas une femme de cette manière.

Ma petite Miho, ma douce petite Miho. Silencieuse. Sa poitrine divine bouge à peine. Comme un oiseau observant sa proie. Elle est prête. Ses lames à l’affût du moindre mouvement. Elle attend. Elle couvre nos arrières. Je rentre dans le commissariat la première. Prête à faire couler le sang, de tout ceux qui se mettront devant moi. John me suit. La main sur son flingue. J’enrage. Je jure. Ce soir, ça sera dans le sonore et le dégueulasse. Pas de pitié. Les balles fusent. Pas de paroles. Les corps tombent, comme des mouches. Merde, je suis touché. Le bras. Une douleur. Du sang. Encore. Le mien. J’envoie mon flingue en pleine figure de mon tireur, avec le revers de la main. Il ne lui laisse pas la même chance que moi. Sa tête explose sous l’impact. Le flic tombe. Le sang sur mes jambes. Je regarde l’homme à mes côtés. Une clope au bec. Le regard plein de haine. Le flingue encore fumant. Une envie. Ses lèvres. Les miennes. Je lui saute dessus. Enroule ma jambe autour de la sienne. L’embrasse fougueusement. Lui mort les lèvres. Une envie. Un bruit. Une douleur. Je perds l’équilibre. Mes jambes ne me tiennent plus. Mais lui me tient. Je suis dans ses bras. Je n’entends plus rien. Je perds connaissance.


*   *
*



Je me réveil. Une chambre. Une odeur particulière. Un bruit que je connais. Si familier. Je suis chez moi. Et puis une voix. Il est là. Je souris et ouvre les yeux. Comme un ange de miséricorde, je le vois. Sérieux. Inquiet. Et puis, Miho. Ma douce Miho. Elle me relève. M’assoie sur mon lit. J’écoute. J’attends. J’apprends que ce salop n’était pas là-bas. Il est allé se cacher plus loin. Dans le manoir des Rorcque. Les Rorcque. Une famille puissante, qui dirige la ville, le sénat, l’état. Ils sont partout et trop puissant, pour une simple pute. Pourquoi est-il là-bas ? Qu’est-ce que les Rorcque ont à voir dans cette histoire ? J’apprends que ma sœur en savait trop sur leurs histoires. Qu’elle était devenu un danger pour le bien être de la famille Rorcque. Alors ! C’est pour ça qu’on a tué ma sœur. Ma Birdy. Mon oiseau.

C’est quoi cette embrouille. Je veux savoir. Mais mes jambes ne répondent toujours pas. Je suis apeurée. J’ai mal. J’enrage. Je regarde l’homme qui a touché mon cœur. Il sait. Il voit. Il a compris.
   
Mirabaï Cehleste
The child of the witch

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Ven 12 Oct - 11:51
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Envole toi ma douce et belle "Biry". Ton monde n'est plus ici, ton royaume non plus. Tes larmes n'ont plus de raisons de couler sur tes si délicates joues. Il fait nuit. Une nuit à crever contre un mur, comme un chien, et le lendemain, notre vie serait étalée en quelques lignes parmi les faits divers. Deux morts. Point barre. Tout le monde souffre dans ce putain de monde. Sale et pourri. Moisi et odorant. Pourtant, ouais, je le dis, il me reste un espoir, celui de pouvoir claquer avec le plus gros des déshonneurs. Le genre de chose qui ferait de moi l'enfoirée le plus connu de l'univers. Mes doigts seraient tous tâchés d'un sang bleu. De morceaux de chair, de lambeaux d'une vie que j'aurais arrachée. Pas elle. Pas sa sœur. "Birdy", tu en as ma parole. Ta sœur n'aura rien. Bien au contraire. Ce ne sera pas elle qui aura sa vengeance ni même sa violence évanouie. Elle devra faire comme toi, comme nous. Apprendre à vivre avec. Sombre sont nos violences. Pourtant, je le crains, moi-même je ne peux rien craindre d'autre que ce que je suis réellement. Au dehors j'entends les tintements de la pluie contre les carreaux, cette mélodie funeste ajoute un peu plus de violence et de verbe à mes propos. Putain. Crever comme une merde, dos au mur, sans rien avoir pu faire. Ironie du sort. Mes yeux se portent sur elle. Délicate, belle, intouchable. Allongée dans le lit, elle ignore encore tout. Qui est-elle jusqu'à présent ? Une pute ? Une reine ? Une créature divine aux obscurs desseins ? Non. Une enfant perdue dans une forêt qui cherche inlassablement les réponses à des questions que nul ne lui a jamais posées. Le temps nous fait défaut. Son sang s'écoule encore le long de son corps. Mais je doute qu'elle ne s'en rende compte. Nos corps ne sont plus les nôtres. Elle morfle, son visage se pince, ma clope tombe, façon ralenti comme dans les films des années 30. Il faut se retenir de pleurer. Ce n'est pas permis, ni même utile d'ailleurs.
 
Au fond de moi, je sais qu'elle va se lever, rien n'empêche la tempête de frapper, pas même les montagnes. Elle se nourrie de colère, de rage et de fureur. Cette femme me fait vibrer. Le goût de mon sang reste encore au fond de ma gorge, ma langue se rappelle à moi, et tout autant que cette cicatrice. Tandis que les explications fusent, je vérifie mon flingue. Ou plutôt celui de "Birdy". Ma douce "Birdy". Cinq cartouches dans un seul barillet. Un pétard comme on en fait plus. Tu vises, tu tires, et ça te fait un trou tellement gros que tu pourrais presque l'utiliser pour chier. Rangeant l'arme dans le holster que j'ai piqué sur le cadavre d'un flic, je me remémore ce qu'il s'est passé. Les coups de feu, les cris, les larmes, les hurlements ; puis le silence. Mortel. Dans tous les sens du terme. Nous ne sommes que deux survivants. Enfin… Presque. Deux condamnés qui fixent le point de non retour avant que le bourreau n'abaisse la poignée. Ce n'est pas du courant qu'on m'enverra dans la gueule, mais une bastos. Pour elle, c'est l'amour qui va la tuer. Il faut que je me lève. Carcasse sourde et usée qui me traîne tant bien que mal. Je regarde l'heure en m'approchant d'elle. Un souvenir me revient une phrase. Tentant de lui sourire, mes lèvres tranchées par le froid et par la douleur, je ne peux m'empêcher de lui parler. Feignant l'humour.

 
- N'as-tu jamais dansé avec le Diable au clair de lune ?
 
La pute au katana me tend une seringue. Le liquide est verdâtre, épais. Dangereux. Il a cette odeur qu'on les poisons, ceux que l'on prend avec plaisir. Ô charmante mélopée aux reflets ocres qui glisse devant mes yeux. Je "LE" voit qui me regarde. Sans la quitter du regard, je sens "SES" yeux posés sur moi, "IL" me juge. Encore. Je la connais que trop bien cette saloperie. Mélanges chimiques et naturels qui vont lui donner de quoi se venger. Mais on doit faire vite. Très. Trop peut-être pour que nous puissions survivre. Tant qu'à crever… Autant que ce soit le flingue à la main, et la beauté sur les genoux ! Un craquement se fait entendre. Plantée d'un coup dans son ventre, juste au niveau du foie. Elle crie, me frappe et se lève. La pute au katana fait quelque chose que jamais je ne reverrais. Elle sourit. Mon échine se refroidit. Sa réaction me glace le sang jusqu'aux orteils. Mon monde tourne. Tout comme le moteur de ma vieille bagnole. Pas celle que j'ai plantée. Non. L'autre. Celle-là avec laquelle nous sortions avec "Birdy". Un cheval galope sur la calandre, le capot rugit, elle réclame du bitume, de la violence, des corps la percutant. Je ne peux faire autrement que lui offrir ce qu'elle désire. La route est longue, sinueuse, dangereuse. Comment peut-on se sentir plus vivant que lorsque la mort se trouve assise juste derrière nous. Sur la banquette arrière, la faux en main, attendant le moment propice où, calmement, elle posera ses mains sur nous… Sans ralentir, bien au contraire, j'enfonce les barrières de métal. Plusieurs gardes percutent la voiture, des tirs font éclater le pare-brise ; la voiture chasse, tourne, puis, comme je le craignais, on fini dans un arbre… Mes yeux se ferment, ma bouche se remplie de sang. Le mien je suppose, j'espère. Un visage m'apparaît. Adolescent. Etrangement calme et froid. Tout semble normal chez lui, tout ? Ouais… Sauf son regard. C'est celui d'un fou, d'un… Démon… Je perds conscience encore une fois. Ca deviendrait presque lassant…
 
***
 
Les murs sont blancs, carrelés, une fenêtre trop haute pour être atteinte laisse filtrer la lumière de la lune. Mes poignets sont rudement maintenus par des sangles de cuir. Quand à mes jambes, ce doit être du métal. C'est froid. Ca pue la mort et… PUTAIN ! Putain de taré ! Des têtes de femmes sont accrochées au mur, présentées à la façon de trophées de chasse. Pas de gardes ici. Seul le jeunot aux yeux démoniaque me fixe sans dire un mot, assit sagement sur sa chaise.

 
- Où se trouve la femme qui était avec moi ?
 
Il lève l'index en direction du mur. Non ! Pas elle ! J'ai déjà perdu "Birdy"… Je refuse de la perdre elle aussi… Dans un mélange de peur et de colère je tourne la tête. Aucun visage ne reflète le sien. Ce n'est pas elle. Pas l'une d'entre elle ne possède sa beauté, sa fougue. Un souffle dans mon dos, une présence…
 
- Pas trop de mal ? Je te jure que dès que j'arrive à me lever, je lui fais bouffer toutes ses dents à ce crevard ! Toutes, une par une, et juste après, ce sera ses phalanges que je lui enfonceraient dans la gorge !
 
Ce regard démoniaque, mes propres l'amusent. Il s'en délecterait presque. Qu'attend il pour nous buter et faire de même avec nos têtes ? A moins que… A moins qu'il ne soit que l'exécutant, pas l'exécuteur. Nous ne sommes que trois dans cette pièce. Deux humains et… Ce type. Un grognement monte de la pièce à côté. Tout portait à croire que la pièce serait insonorisée. C'est triste. C'est sombre. Ca pue la mort et la naphtaline. Prochaine étape. Serrer la main à Saint Pierre ? Plutôt crever deux fois. Mon monde est dans mon dos ; je ne peux pas la décevoir. On doit se sortir de ce merdier. Mes mains me font mal c'est horrible… Il ne me reste qu'une chose à faire. Serrant les dents, je force contre les sangles, mes pouces craquent, je le libère les poignets. La chaise sur laquelle je suis assis m'empêche de bouger comme je le voudrais. Psychopathe contre plus rien à perdre. Nous nous faisons face. Sans que je ne fasse quoique ce soit, mes liens se détachent. Sautant sur mon adversaire, je lui assène plusieurs coups en pleine face. Mes poings s'enfoncent dans sa chaire, ses muscles, le cartilage se brise, les os ne tardent pas à suivre, pourtant il reste stoïque. Imperturbable. Néanmoins je préfère ne pas le tuer. Pas encore. Libérant Mira, je l'aide à se lever. Que veut-elle faire de lui ? J'ignore jusqu'à ce qu'il lui a fait subit. Gisant sur le sol, les yeux grands ouvert, le visage tuméfié par mes coups, son corps cependant reste figé. Devons nous le jeter aux loups qui parcourent les champs alentours ? Le tuer ici ? Le laisser en vie ? Pourquoi, lorsqu'une telle décision m'apparaît, de lointains souvenirs l'accompagne ? Une boite à musique, une ballerine qui tourne, puis plus rien, elle se couvre de sang, fond et fini par disparaître. Adieu mon innocence, bonjour ma colère et ma haine…

Je trouve mon flingue, posé à portée de vue sur une table de métal à roulettes. Un tir, le bras droit éclate au niveau du coude, un second, puis s'est le gauche ; les jambes ne tardent pas à suivre. Son visage… Fixant le mien, les yeux dénués de sentiments, je réserve ma dernière balle pour tout autre chose. Mira… Toi qui est la sœur de ma "Birdy" chérie, qu'as-tu décidé pour lui ? Vie de souffrance ou mort rapide ? Mon arme est rangée, je défonce la porte avec le maximum de force. Sans me retourner je lui laisse le temps dont elle aura besoin. Merde ! Ma montre est brisée. Combien de temps nous reste t-il avant que le remède de la pute ne fasse plus d'effet ? Je l'ignore. Peu, je suppose… Toutefois, la mort n'est pas venue pour nous. Je la croise dans le couloir, ma clope éclaire mon visage. C'est froid, ça pue. C'est ça la mort pour ceux qui mérite ainsi. Chacun perçois la faucheuse à sa manière. Personnellement… Aucune imagination n'en a besoin. Elle vient. Me prend la main. Point final. Adossé à un mur, je fixe en face de moi. Souriant. Oubliant jusqu'à la douleur de mes pouces brisés. D'ici peu, toute cette histoire sera le cadet de mes soucis. D'ici peu. Je ne serais plus. Plus rien qu'un putain de cadavre jeté dans la rivière. Pour tout souvenir, n'existeront que mes clopes et mon briquet. Tousse. Crache du sang. Encore quelques heures. Elle s'approche de moi, mon regard fixe les ténèbres de sa capuche. Elle passe son chemin, IL l'accompagne, me sourit. Mon majeur se lève dans sa direction. Je n'ai qu'une hâte en finir une bonne fois pour toute…
John Constantine
♆ The Hellblazer ♆

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Ven 25 Jan - 20:16
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